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Francesco Guardi
L'art de la veduta revisité
Francesco Guardi naquit à Venise le 5 octobre 1712 dans une famille de peintres originaire du Trentin. Son père, Domenico, avait établi quelques années auparavant un atelier dans la cité des Doges. C’est là qu’il initia ses trois fils à la peinture, et donna sa fille en mariage au célèbre Giovanni Battista Tiepolo. Artiste prédestiné, Francesco commença pourtant une carrière sans éclat, à l’ombre de son frère aîné Gian Antonio, brillant peintre de figures dirigeant l’atelier familial. Francesco, de son côté, ne demeura, du temps de sa jeunesse, qu'un modeste peintre de décorations et de tableaux d'église.

Les premières vedute et l'influence de Canaletto

Il ne s'adonna à l'art de la veduta que tardivement, sans doute vers 1756, en « élève appliqué du grand Canaletto », selon la formule du contemporain Pietro Gradenigo. Nous ne savons pas pour autant s’il fit partie de l’atelier du maître, mais il se référa incontestablement à ses vues de Venise, déjà appréciées de l’Europe entière, comme à des modèles, directs ou indirects.
Le rendu minutieux des architectures, une palette froide et limpide, l’atmosphère éternellement sereine du ciel sont autant d’emprunts à Canaletto, comme les points de vue en grand angle. Mais ces derniers laissent déjà percevoir une tendance proprement « guardienne » à dilater l’espace, à élargir la vision pour s’évader vers l’infini du ciel.

Guardi laisse éclore son génie

En 1760, son frère Gian Antonio vient à mourir. Francesco, s’oriente alors définitivement dans la production de vedute, genre en vogue à Venise depuis près de cinquante ans. L'absence de Canaletto, installé à Londres, et de son neveu Bernardo Bellotto, qui parcourt alors l'Europe centrale, ouvre la voie à Guardi qui rencontre assez rapidement un certain succès commercial. Deux grandes toiles, destinées à des Anglais et exposées publiquement en 1764, font ainsi l’admiration des Vénitiens. L'un d'entre eux rapporte émerveillé comment Francesco, usant avec virtuosité de la chambre optique, parvient à restituer « la vue de la place Saint-Marc avec l’église et l’horloge, et celle du pont du Rialto avec, sur la gauche, les Fabbriche, près de Cannareggio ». Les architectures ramassées au premier plan par de violents raccourcis sont comme les réminiscences d'un autre grand védutiste, Michele Marieschi. Mais grâce à de saisissants et inédits jeux de lumière, Guardi innove à son tour, en démultipliant les effets de perspective et en élevant le regard du spectateur.

La lagune, miroir de l'âme

Au fil des ans, sa gamme chromatique devient plus chaude. Les vues de la lagune, chargées de rose et d’ocre, les effets nacrés associés à la transparence des lavis, la légèreté du pinceau semblent traduire un sentiment d'harmonie, une confiance diffuse en la beauté du monde. Pourtant, le ciel de Venise ne tarde pas à s’assombrir. Francesco perd sa femme Maria Marthea, mère de leurs cinq jeunes enfants, en 1769, et laisse dès lors paraître dans sa peinture une sourde mélancolie. Les éléments architecturaux se font plus vaporeux ; les personnages, souvent saisis de dos, se chargent de mystère. C’est aussi l’époque des premiers « Caprices », qui figurent des édifices bien réels dans des espaces imaginaires. Le peintre y laisse libre cours au fantasque, à l’insolite plutôt qu’à l’exubérance. Bientôt, ce n'est plus une réalité figée qu'il cherche à capter, mais les impressions, troublantes ou rassérénantes, qu'elle suscite. Sous son pinceau qu'anime une touche plus nerveuse, l'air et le vent se mettent à souffler, la tempête comme l'accalmie prennent véritablement vie.

Une gloire tardive

L'époque de la maturité, triste mais non désenchantée, est aussi celle du couronnement artistique de Francesco Guardi. Entre 1776 et 1778, il s'adonne à la célèbre série des douze Fêtes du doge, inspirées des gravures que Giambattista Brustolon avaient exécutées à partir de dessins de Canaletto. Un peu plus tard, dans la décennie 1780, les commandes officielles se multiplient. Pour commémorer la visite de Pie VI, puis celle du futur Paul Ier de Russie en 1782, Francesco réalise deux cycles de peintures, comprenant le Concert des dames dans la salle des Filarmonici. Ce tableau est considéré comme l'un des plus grands chefs-d’œuvre du XVIIIe siècle.
Elu à l'Académie en 1784, Guardi peint la même année l’Ascension de la montgolfière qui témoigne des avancées techniques du Siècle des lumières. Mais, en 1789, c'est dans le terrible incendie de San Marcuola, qu'il puise son inspiration. Ses représentations de Venise livrée aux flammes sous le regard des badauds médusés, semblent préfigurer la fin toute proche de la République des doges.
Quelques années avant l'invasion des troupes napoléoniennes, Francesco Guardi s'éteint le 1er janvier 1793, dans la ville où il est né et dont il fut le dernier grand védutiste. Son ultime série de dessins est consacrée au prestigieux théâtre de la Fenice, inauguré en 1792 et devenu depuis l'un des symboles de la Sérénissime.
Pour découvrir l'œuvre de Guardi avec Clio
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