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Donatello
De la mesure à l'expressivité
Déjà tenu pour un génie par ses contemporains, Donatello (1386-1466), le petit Donato, après avoir parfaitement assimilé la leçon des Anciens, impose, dans la Florence renaissante profondément imprégnée de culture humaniste, une sculpture de plus en plus expressionniste et tourmentée. Comme l'a dit André Suarès : « Un extrême amour de la vie emporte Donatello au-delà de son art. »

Au contact des plus grands

Donatello débute dans l'atelier de Ghiberti, de huit ans son aîné, qui est alors le grand maître de la sculpture dans la grande cité toscane. Cette expérience, sur le chantier du duomo notamment, est extrêmement enrichissante. Il y apprend, aux côtés des architectes florentins, à travailler harmonieusement l'arrière-plan de ses œuvres et à mettre du rythme dans ses draperies. Cela transparaît clairement dans la tribune des Chantres, conservée au musée de l'Opera del Duomo. Il donne à cette cantoria un champ et un espace inédits, en composant lui-même l'architecture. Cette ronde des enfants est animée d'une gaieté et d'une vitalité débordantes et, loin d'en freiner le mouvement, les colonnettes qui scandent la tribune servent à mieux le mettre en valeur.
La première partie de son œuvre se termine (1430) avec le splendide David du Bargello. Exécuté pour les jardins du palais des Médicis, il est considéré comme la première sculpture d'un nu en bronze depuis l'Antiquité classique. Ce jeune berger, d'une juvénile vigueur, est debout sur une guirlande qui lui sert de piédestal. Donatello s'y révèle encore proche de son maître Ghiberti, par le délicat modelé des formes et la sérénité élégiaque du personnage.

L'influence romaine profite à Padoue...

Vers 1433, l'artiste effectue un second voyage à Rome. Il en revient avec une admiration renouvelée pour les œuvres antiques qui abondent alors dans l'ancienne capitale de l'Empire. A cinquante-huit ans, il est appelé à Padoue par la famille d'Erasmo di Narni, dit Gattamelata, condottiere de la république de Venise. Il y résidera dix ans, érigeant, à l'ombre du Santo, la grande basilique dédiée à saint Antoine, la statue équestre de l'homme de guerre. Le défi que pose le bronze est d'abord technique, car Donatello a décidé de fondre la statue d'un seul bloc. Il est esthétique aussi : l'artiste réussit à mêler référence antique (la statue équestre de Marc-Aurèle au Capitole) et modernité. La grandeur et la force du personnage sont évoquées avec un dynamisme étonnant, la tête du cheval et celle du cavalier étant placées sur deux plans différents. Quant au visage du condottiere, déjà vieillissant mais encore plein de noblesse, il égale les meilleurs portraits romains.

« L'expressionnisme » des dernières années

Donatello regagne définitivement Florence en 1454. C'est déjà un homme âgé, mais encore plein de fougue. Dans les dix dernières années de sa vie, il ne cesse de rechercher de nouvelles formes d'expression. Sa culture est vaste, mais jamais il ne répète ce que d'autres ont déjà fait avant lui. Pour exprimer l'élan irrésistible de son inspiration, il a recours de plus en plus souvent aux ressources du non finito, comme le fera plus tard Michel-Ange. Ses compositions sont de plus en plus pathétiques, et semblent même parfois désespérées. Tournant le dos aux théories d'Alberti, il rejette la simple recherche d'une certaine élégance pour se lancer sur la voie tourmentée et tragique où se lit l'ultime et douloureuse vérité, dévoilée à l'approche de la fin. Cet état d'esprit éclate dans la statue en bois de Marie-Madeleine (musée de l'Opera del Duomo), violemment malmenée en 1966 par la terrible crue de l'Arno. Sa restauration a permis de redécouvrir sa polychromie d'origine. Conçue alors que Donatello a soixante-dix ans passés, elle marque un tournant dans la sculpture florentine : la distorsion et même, pourrait-on dire, l'expression de la dure réalité, ont remplacé la beauté idéalisée de la Renaissance. L'incroyable chevelure de la pécheresse, éclatante d'or, fluide et mouvante dans la lumière, laisse apparaître les jambes squelettiques et les pieds allongés, comme enracinés dans le sol. Rarement une telle force expressive aura été placée dans un sujet traité habituellement avec une douceur parfois mièvre.

En assimilant parfaitement les leçons du classicisme romain, mais sans jamais se laisser enfermer dans des formules, veillant au contraire à laisser libre cours à la sève vigoureuse qui l'anime, Donatello a toujours répondu aux conditions idéales que pose son époque à l'art de la sculpture : naturel de la représentation et puissance d'expression. Son épitaphe peut paraître pleine d'orgueil, elle n'en est pas moins l'exact reflet de son génie : « Tout ce qu'avec une main experte beaucoup ont fait jadis pour la sculpture, Donato l'a fait de nos jours à lui seul. »


Découvrez l'œuvre de Donatello avec Clio
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