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Caserte en ses jardins
Le Versailles des rois de Naples
Né de la volonté de Charles III d’Espagne, alors qu’il n’était encore que roi de Naples et de Sicile, le domaine royal de Caserte fut érigé au milieu du XVIIIe siècle dans la plaine du Nord de Naples. Inspiré de Versailles, il témoigne comme son modèle français du pouvoir de l’art sur la nature, une nature maîtrisée et magnifiée, dont la dimension esthétique et symbolique se révèle à travers l’agencement des perspectives ouvertes jusqu’à l’infini, le jeu savant des eaux jaillissantes, le langage allégorique des fontaines et groupes sculptés, encore inspirés des formes antiques et classiques, mais s’animant déjà du dynamisme baroque.

Ordonnés autour d’une immense allée le long de laquelle se succèdent cascades, bassins et parterres, les jardins se déploient dans l’axe même du palais royal, dont ils prolongent par un effet d’optique le pavillon central, caractérisé par son aspect saillant, sa niche et son fronton. Intimement liés par le dessin d’ensemble, les jardins et le palais semblent ainsi se répondre, et figurer une image idéale de l’univers, digne écrin des monarques. Placé sous le signe du grandiose, mais plus encore de la démesure, le palais, destiné à accueillir la cour et la famille royale, étire ainsi derrière une façade de 253 mètres plus de 45 000 mètres carrés de surface et est considéré à ce titre comme le plus grand au monde. A l’intérieur, les espaces à la fois rigoureusement distribués et somptueusement décorés célèbrent le mariage de l’ordre et de la magnificence, mais traduisent aussi tout au long du XVIIIe siècle, une permanente volonté d’adéquation au goût nouveau, depuis le baroque et le rococo jusqu’au néoclassicisme.


Un palais dessiné par Luigi Vanvitelli

En 1790, la princesse de Gonzague rapporte dans une lettre à son mari : « J’arrive de Caserte où j’ai promené toute la journée ma curiosité. C’est le Versailles des rois de Naples. Le palais serait digne des maîtres du monde. Vanvitelli qui en est l’architecte a été le rival de Michel-Ange par la grandeur des idées et la noblesse du style. » C’est dire l’immense renommée dont bénéficiait alors l’architecte napolitain Luigi Vanvitelli, d’origine hollandaise par son père, le fameux védutiste Caspar van Wittel. Edifié à partir de 1752, le palais fut cependant achevé en 1774, peu après la mort de son concepteur, sans que son projet initial eût été intégralement exécuté. Vanvitelli avait imaginé en effet ajouter des tours aux quatre coins de l’édifice, déjà rythmé de colonnes et de pilastres. Pour autant, la façade extérieure du palais, à la fois massive et linéaire, s'impose bien au regard dans sa perfection classicisante.

A l’intérieur, l’inventivité baroque de Vivarelli fait partout se disputer le grandiose à l’élégance, le sublime à l’originalité. On y découvre ainsi quatre cours identiques réparties selon un plan en forme de croix. Au centre, sous la voûte du rez-de-chaussée, est logée dans une niche une réplique de l’Hercule Farnèse. Or, dans l’axe même de la statue, est disposé le somptueux escalier à double-rampe, entièrement plaqué de marbre comme les colonnes monolithes du grand vestibule auquel il aboutit. Le cœur même du palais est dessiné selon un plan centré, dont les courbes répétitives se répondent harmonieusement les unes aux autres : la rotonde ouvre ainsi à travers huit arcades sur une galerie circulaire, tandis qu’à la coupole principale font écho sur les côtés d’autres coupoles plus petites ainsi que des demi-coupoles. Sur le pourtour sont dessinées les absides à partir desquelles on accède aux appartements royaux aménagés successivement par les différents maîtres des lieux. Les Bourbons furent en effet chassés par Napoléon et remplacés en 1806 par Joseph Bonaparte, puis par Joachim Murat en 1808, avant la restauration de la dynastie. Dans les dédales du palais, on peut ainsi admirer la salle de bain de Marie-Caroline de Naples exécutée en 1780 et décorée de guirlandes, de rocaille, de stucs dorés, de miroirs en forme de pilastres et de scènes mythologiques. Le salon de Mars, commencé en 1807 sous le règne de Murat, est orné d’un magnifique bas-relief à l’antique, figurant allégoriquement la Renommée et la Victoire. Il ne fut achevé, comme la salle du trône, qu’après le retour des Bourbons.

Entre baroque et romantisme, des jardins adaptés à l’esprit des Lumières

En 1762, fut confié à Luigi Vanvitelli, déjà maître d’œuvre du palais, l’aménagement des jardins, terminés en 1780 par son fils Carlo. Afin de rendre possibles les grandioses projets de cascade et de fontaines, on n’hésita pas à construire trois aqueducs. Ceux-ci relient sur quarante kilomètres les eaux du mont Tabure jusqu’au site de Caserte, dont la perspective s’étend sur trois kilomètres, avec, comme point ultime vers l’infini, la colline de Briano. Partout, le parc s’anime de statues sur le point de s’élancer, de fuir, de triompher ou encore de se métamorphoser, et dont la gestuelle délicate tempère à peine la mouvante frénésie. Ici Vénus, là Xérès et ses nymphes et, enfin, au pied de la grande cascade, les célèbres groupes de Diane et d’Actéon.

Mais le fils et successeur de Charles III, Ferdinand IV, eut aussi à cœur, dans l’esprit des Lumières, d’installer dans le parc de Caserte une manufacture destinée à la fabrication de la soie et qui bénéficia du vaste réseau hydraulique déjà en place. Symbole de la modernisation de la société, à même de garantir à tous travail, bonheur et éducation, elle ne tarda pas à compter aussi écoles et logements. La reine Marie-Caroline, sœur de Marie-Antoinette, fit aménager à la même époque le parc à l'anglaise, l'un des plus grands et des plus anciens d'Europe. Car, rationnel et scientifique, le XVIIIe siècle fut aussi amoureux des ruines, du rêve et de la mélancolie et allait ouvrir les portes au romantisme, en instaurant un nouveau rapport à la nature, là encore dignement magnifié à Caserte.
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