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Bari, sous le patronage de saint Nicolas
Sur la côte des Pouilles, Bari regarde l'Orient, cet Orient d'où lui est venu au XIe siècle son saint patron, Nicolas. Pour abriter ses reliques, et peut-être se faire pardonner la façon peu élégante dont ils s'en étaient emparés, les habitants de la ville édifièrent une basilique qui reste un des édifices majeurs de l'art roman italien, et fut, durant des siècles, un des plus grands centres de pèlerinage du monde chrétien.

Un saint de chair et d'os
Aujourd'hui, les spécialistes s'accordent pour situer la naissance de Nicolas en Lycie, sur la côte méridionale de l'Anatolie. Ils admettent aussi que, vers 290-300, il est devenu évêque de Myre, une localité voisine. Le jour de sa mort, le 6 décembre, nous est connu... mais non l'année. Le défunt évêque est enterré dans son église, précédé d'une réputation qui lui vaut bientôt la sainteté. Les pèlerins, qui viennent le vénérer, font couler de l'huile à l'intérieur de son tombeau et la recueillent, sanctifiée par le contact avec les ossements. L'ensemble donne lieu à la multiplication des pèlerinages avec leurs aspects rémunérateurs pour la petite cité lycienne...

Le rapt des reliques
La popularité de saint Nicolas s'étend bientôt en Occident grâce aux moines orientaux qui fuient les persécutions iconoclastes. Certains se réfugient à Bari, avant-poste de l'empire byzantin en terre italienne. Quand le Normand Robert Guiscard, déjà maître de la Sicile, met un terme à la domination de l'Empire d'Orient en Apulie, il tient à doter Bari d'un saint patron réputé. Las ! Les prétendants locaux font pâle figure... Mais quelques trois siècles auparavant, les Vénitiens n'ont pas hésité à braver les autorités musulmanes pour ramener d'Alexandrie la dépouille de saint Marc. Qu'à cela ne tienne ! Les marins de Bari mettent le cap sur Myre et, au nez et à la barbe des populations locales, s'emparent des ossements du saint. La translation du corps de saint Nicolas, effectuée en 1087, a été décrite avec force détails par les historiens. On connaît même les noms des soixante-deux téméraires qui ramenèrent les reliques, au terme d'une expédition rocambolesque qui, disons-le tout net, s'apparente davantage à un pillage qu'à un pieux sauvetage ! Arrivés le 7 mai au large de Bari, les marins doivent attendre la marée haute du lendemain pour accoster. De là, les os sont conduits dans une châsse portée par la foule jusqu'à une église qui, très vite, apparaît bien modeste pour une sainteté si grande.

Une basilique et un pèlerinage
Pour abriter les reliques, on construit, à partir de 1089, une vaste basilique dédiée au nouveau patron de Bari. Elle est considérée comme le prototype du roman apulien, interprétation locale des styles lombard, pisan et français. Elle doit aussi à l'Orient : le mur qui masque les absides extérieures, la décoration florale et animalière, relèvent en effet de l'expression syrienne de l'architecture byzantine. Fines arabesques, éléphants exotiques, taureaux stylophores animent le portail central qui invite à pénétrer dans la nef. Celle-ci révèle une rigueur toute romane, où les rares ouvertures transforment en une pénombre apaisante la dure lumière du Sud. Des pièces exceptionnelles ponctuent l'espace intérieur. Comme le ciborium, très pur, le seul qui, en Italie, ait émergé intact de cette période. Ou encore le trône épiscopal de l'évêque Elie, merveille de marbre poli par neuf siècles d'usage. De tradition byzantine, il présente aussi des influences françaises dans le réalisme des figures humaines qui le supportent avec effort.
Dans la crypte, les précieux ossements reposent, et font toujours l'objet d'un des plus fervents pèlerinages de la Chrétienté. Les célébrations religieuses culminent dans les premiers jours de mai. Le 7, un cortège historique parcourt les rues de la cité. Le lendemain, les portes de la basilique s'ouvrent dès 4 h 30 du matin, heure présumée de l'accostage... on ne choisit pas l'heure des marées hautes ! Plus de cinq mille pèlerins participent alors à des processions. Le 9, le prieur de la basilique prélève la manne ou myron, liquide aromatique exsudant des ossements, qui est ensuite offert aux fidèles. Il perpétue ainsi une tradition plus que millénaire.

Saint Nicolas, père Noël...
Patron des marins, saint Nicolas est aussi celui des enfants. Un récit raconte comment il sauva trois innocents de la peine capitale en désarmant le bourreau. Au Moyen Age, un glissement sémantique a fait des trois « innocents » trois « enfants », ceux-là même que le saint ressuscite du saloir du boucher dans la chanson que tout le monde connaît. Depuis longtemps, une coutume, toujours en usage dans les pays du Nord, était d'offrir des cadeaux aux petits le jour de la fête du saint, le 6 décembre. Au XIXe siècle, les autorités chrétiennes jugèrent plus approprié que cette fête soit rapprochée de celle de l'Enfant Jésus, la nuit du 24 au 25 décembre. Et c'est ainsi que le Santa Claus (de Niklaus) nordique se transforma en père Noël...
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