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Hérode le Grand
Exposition à Jérusalem
La figure controversée d'Hérode le Grand vient cette année au devant de la scène à l'occasion d'une importante exposition archéologique qui lui est consacrée à Jérusalem. Elle présente le résultat des travaux du regretté professeur Ehud Netzer qui aboutirent, en 2007, à la découverte de la sépulture d'Hérode à quelques kilomètres de Bethléem, sur le site de l'Hérodion, forteresse qu'à la fin de sa vie il réorganisa pour préparer le parcours de son cortège funèbre en direction du mausolée qu'il avait fait édifier face à Jérusalem. En raison des vives polémiques suscitées par des fouilles entreprises sans mandat par des archéologues israéliens qui ont fait ces découvertes au cœur des territoires palestiniens occupés, il est certain que ces exceptionnels vestiges hérodiens ne seront pas présentés hors des frontières d'Israël.

Nous avons donc saisi l'opportunité d'enrichir nos voyages en Israël de cette exposition spectaculaire qui vient éclairer une période clé de l'histoire de l'Empire romain par la présentation d'un souverain qui joua un rôle historique majeur et fut un bâtisseur à l'origine d'un nombre exceptionnel de monuments militaires, religieux ou civils.

La Judée, marge névralgique de l'Empire
Au milieu du IIe siècle avant J.-C., la puissance romaine s'était, pour la première fois, manifestée en faveur des Judéens en les reconnaissant comme « peuple ami et allié du peuple romain » lors de la révolte des Maccabées contre l'hellénisation qui gagnait le pays. Motivés par leur souci constant d'affaiblir la puissance des Séleucides, la dynastie grecque mise en place par les successeurs d'Alexandre, Rome s'engouffra dans la brèche et, en 63 av J.-C., Pompée conquit par le glaive toutes les régions de Syrie et de Palestine.
Mais, hier comme aujourd'hui, cet espace composé d'une mosaïque d'intérêts contradictoires était à peu près ingouvernable directement, d'autant plus qu'au de-là de l'Euphrate, la puissance Parthe faisait tout son possible pour s'opposer à la mainmise de Rome sur l'Orient. Ainsi en 50, profitant des guerres civiles romaines, les maîtres de l'Iran parvinrent à occuper la presque totalité du Levant.
Hérode était le fils d'Antipater, haut fonctionnaire Iduméen aux ordres des anciens souverains hasmonéens qui avaient succédé aux pieux Maccabées mais s'étaient ralliés aux Parthes. Au cours de l'hiver 40, Hérode obtint pourtant le titre de roi décerné par le Sénat de Rome, Antoine et le jeune César. C'est qu'il paraissait être dans cette région le seul ami de Rome assez énergique pour imposer son autorité et rétablir une stabilité des frontières sans que Rome eût besoin de trop s'y investir. Il lui restait à faire ses preuves : il y réussit.

Hérode le Grand : l'ami et l'allié de Rome
« Basileus » désigné par Rome, Hérode conquit son propre royaume en chassant les Parthes. Souverain victorieux, il lui restait à l'organiser et à le protéger. C'est ainsi qu'il y fit édifier un réseau serré de forteresses spectaculaires dont Massada, Macheronte, Jéricho et l'Herodion, pour ne citer que les plus célèbres. Leur finalité était autant de se protéger de nouvelles invasions extérieures que de se prémunir des vives oppositions internes liées à la situation politique et religieuse du monde palestinien…

Parvenu à ses fins, Hérode se retrouva l'un des plus puissants des princes-clients d'Orient « amis et alliés du peuple romain ». Il sut en tirer parti et accrut démesurément sa puissance et sa richesse en développant le commerce Est/Ouest, notamment avec la construction de la nouvelle ville de Césarée maritime. Administrateur remarquable, il avait entrepris, pour complaire aux Judéens, la reconstruction du tombeau des Patriarches à Hébron. Il lança de pharaoniques travaux d'embellissement du Temple en lui donnant une splendeur jamais atteinte, même au temps du roi Salomon. En véritable souverain hellénistique, soucieux d'évergétisme, il ne ménagea pas ses largesses à l'égard des cités grecques proches ou lointaines. Ainsi, Rhodes bénéficia deux fois de ses subsides, tandis qu'il subventionnait l'érection d'une colonnade à Antioche, contribuait au financement des jeux Olympiques, comblait Chios de cadeaux et, selon Flavius Joseph, dotait Tripoli, Damas et Ptolémaïs de gymnases… Bien plus encore, fidèle soutien de Rome, il introduisit en Palestine le culte impérial et édifia à Césarée et à Sébaste des temples en l'honneur de l'empereur, allant jusqu'à introduire une aigle impériale en or dans le temple de Jérusalem.

Hérode et « le massacre des Innocents »
L'Evangile de Mathieu (2,16-18) a transmis jusqu’à nous l'image d'Hérode en potentat sanglant qui, vers la fin de son règne, aurait fait massacrer tous les enfants de moins de deux ans de Bethléem. L'authenticité de cet épisode fut parfois contestée, mais il semble néanmoins cohérent avec les actions du monarque vieillissant qui, harcelé de toute part par ses proches avides de bénéficier de sa succession, était devenu particulièrement violent. Ainsi, l'on sait qu'à l'approche de l'agonie, il avait fait enfermer des notables judéens dans l'hippodrome de Jéricho et qu'il demanda à sa sœur Salomé de les faire exécuter au moment de sa mort afin que la population eût de réels motifs de prendre le deuil au moment de sa disparition. Rien de surprenant de la part d'un souverain qui, tout au long de son règne, avait intégré l'assassinat et les exécutions dans son mode de gouvernement.

La grande controverse : Hérode était-il juif ?
Hérode était Iduméen, c’est-à-dire un Israélite fraichement circoncis, sa mère était nabatéenne. Les spécialistes ont l'habitude d'évoquer à cette période un judaïsme « pluriel » où s'affrontent violemment des conceptions opposées sur la manière d'être authentiquement « israélite »… Or, il est clair que malgré sa gloire et le semblant d'autonomie et de puissance qu'il donna une dernière fois à la Judée, Hérode rencontra une vive opposition, notamment des pharisiens, heurtés par ses origines et ses collusions avec les Romains qui leur paraissaient une violation constante de leur lecture de la Loi. La suite de l'Histoire montra que les exaspérations étaient telles en Palestine que rien ne put y empêcher des guerres fratricides et la disparition pure et simple du peu d'indépendance judéenne qui avait été rétablie par Hérode.
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