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Etablie sur la rive nord du lac de Tibériade, non loin de l'endroit où le Jourdain vient y mêler ses eaux, Capharnaüm est un lieu essentiel de l'histoire du judaïsme et du christianisme. C'est là que Jésus entama sa mission prédicatrice et que l'on situe quelques-uns de ses actes les plus célèbres. C’est près de là aussi que s'installa le Sanhédrin, après la révolte de 70 : c'est ce qui nous vaut d'y admirer les vestiges de la plus spectaculaire synagogue exhumée en Galilée. Ainsi, Capharnaüm apparaît bien comme un de ces lieux uniques, paysage magnifié par l'Histoire.

Le « foyer » de Jésus
Selon les Evangiles, Capharnaüm est la ville la plus fréquentée par Jésus pendant sa vie en Galilée. Elle y est plusieurs fois désignée comme « sa propre ville » (Mt IX, 1; Mc II, 1). Chassé de Nazareth, où ses premières prédications ont été mal accueillies, Jésus vient chercher refuge à Capharnaüm qui devient vite le centre de son ministère public. Les historiens se sont interrogés sur ce qui, sans doute vers l'an 27, l'a poussé à choisir ce point d'attache. Plusieurs explications se dégagent. Capharnaüm est alors un petit village de pêcheurs et d'agriculteurs, gens pieux mais de condition modeste, a priori réceptifs à la Bonne Nouvelle. Deux disciples de saint Jean-Baptiste, Simon et son frère André, pêcheurs de poissons, se sont installés là, venant de la vallée de Bethsaïde, plus au nord. Jésus, pêcheur d'hommes, y voit l'endroit idéal pour rallier à lui des disciples. A l'époque, le Jourdain forme aussi une frontière, d'où la présence d'un poste de douane, où travaille Lévi le Publicain qui abandonne bientôt son activité pour suivre le Christ et prendre le nom de Matthieu. L'annonce du nouveau Royaume va de pair avec les miracles qui le justifient : c'est à Capharnaüm que les Evangiles situent la guérison par Jésus du serviteur du centurion romain (Mc I, 23-34), mais aussi la résurrection de la fille de Jaïr, le chef de la synagogue : « Lève-toi... Elle se leva et se mit à marcher. » (Mc V, 35-43).

La maison de Simon-Pierre
Trois siècles après la Passion de Jésus, la population de Capharnaüm est divisée : d'un côté, des Juifs « rabbiniques », de l'autre, des Juifs « chrétiens », appelés minim (« hérétiques ») par les premiers. Au IVe siècle, ils vont édifier une basilique octogonale qui intègre une modeste structure antérieure. Les archéologues franciscains, en charge du site, ont permis, par des fouilles initiées en 1968, de remonter le temps jusqu'à l'époque de Jésus. La couche la plus ancienne montre une habitation privée classique de cette région : de petites pièces couvertes d'un toit léger, autour d'une cour assez spacieuse. Bâtie au IIe siècle av. J.-C., elle a reçu, au Ier siècle de notre ère, un aménagement intérieur qui laisse à penser que l'une des pièces a servi de lieu de culte à la communauté des « judéo-chrétiens ». La maison était crépie et on y a retrouvé des graffitis mentionnant les noms de Jésus et de Pierre. Devenu maison/église au IVe siècle, l'ensemble fut recouvert (et protégé !) par la basilique octogonale qui enchâsse en son cœur la petite pièce supposée être la maison de l'apôtre où fut hébergé Jésus (Mt VIII, 14). C'est cette structure qui a été dégagée et aménagée pour la visite, particulièrement intéressante car elle permet de visualiser les différents niveaux archéologiques superposés, en une fascinante remontée vers les temps bibliques.

La plus célèbre synagogue de Galilée
Les archéologues ont aussi mis au jour et restauré une synagogue qui n'est ni celle dans laquelle prêcha Jésus ni celle que le centurion reconnaissant fit ériger pour les pauvres de la communauté de Capharnaüm (Lc VII, 5). Elle n'en reste pas moins un des plus beaux édifices antiques d'Israël, en raison de l'utilisation d'un calcaire clair qui irradie sous l'éclatant soleil. La synagogue est datée de la fin du IIIe siècle ou du début du IVe. Elle appartient au groupe des synagogues de Haute Galilée, remarquables par leur plan et leur ornementation d'influence gréco-romaine. Celle-ci remonte aux règles fixées par les derniers des Antonins et, surtout, par les Sévère (Septime Sévère et Caracalla), désireux d'intégrer et de pacifier les communautés juives. C'est l'Etat impérial qui a pris en charge le financement de ce lieu de culte comme il le faisait d'ailleurs pour les autres cultes licites. La synagogue de Capharnaüm est une construction rectangulaire assez vaste (environ 25 m x 18 m), dont la façade est tournée, au sud, vers Jérusalem. Entre des pilastres s'ouvrent trois baies aux moulures richement ornementées de motifs géométriques, floraux, marins. Quelques colonnes qui bordaient la pièce intérieure ont été relevées. Elles permettent de mieux imaginer le bâtiment, tandis que de nombreux éléments décoratifs, laissés sur le sol, présentent toute la variété des motifs utilisés : sceau de Salomon (étoile à cinq branches ou pentagramme), bouclier de David (étoile à six branches ou hexagramme), licornes, aigles adossés.

Agriculteurs, marchands, pêcheurs, ont fait de la Capharnaüm biblique un lieu si animé que son nom a fini par incarner, dans notre langage courant, l'expression même d'un désordre effréné. On est là bien loin pourtant de l'impression dégagée aujourd'hui par ce lieu. Le contraste reste vif entre le bleu des eaux, l'ocre des collines, le vert des arbres et des cultures. Dans un air tantôt voilé, tantôt cristallin, un vent léger se lève, ultime rappel d'un souffle qui anima ces rives il y a deux millénaires. Des barques traditionnelles glissent lentement sur les eaux du lac de Tibériade, paisibles le plus souvent, même si on sait depuis saint Matthieu (Mt VIII, 24-26) que la « mer de Galilée » peut parfois se mettre en colère : « Et il s'éleva tout à coup une grande tourmente sur la mer, en sorte que la barque était couverte par les flots ; mais il dormait. Et ses disciples, s'approchant, le réveillèrent, et lui dirent : Seigneur, sauve-nous, nous périssons. Et il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? Et s'étant levé, il parla avec autorité aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme… »
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