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Saint Patrick
Le triomphe du monachisme en Occident
De l'Ecosse à l'Irlande
En cette fin du IVe siècle, quand Théodose fit du christianisme la religion d'Etat, le flot chrétien vint battre aux frontières mêmes de l'Empire romain. En 387, en Ecosse, dans le Cumberland actuel, un peu au sud du mur d'Hadrien, naquit dans une famille romano-bretonne, chrétienne depuis au moins deux générations, Maewyn Succat, fils de Conchessa et de Calphurnius, petit fonctionnaire et diacre. Il était âgé de seize ans lorsqu'il fut enlevé au cours d'une expédition de pillage menée par des aventuriers irlandais. Réduit en esclavage, battu et maltraité, il servit durant six ans son maître, gardant ses troupeaux. Ce fut durant ce triste séjour qu'il mit tous ses espoirs dans la foi. Averti en rêve par un ange qu'un bateau était sur le point de le conduire vers la liberté, il s'enfuit et regagna la Grande-Bretagne. A peine eut-il rejoint sa famille, après de dures aventures, qu'il reprit la mer, cette fois vers le continent, vers la France, pour achever sa formation religieuse. Il se rendit certainement à Auxerre auprès de saint Amatre et de son successeur, le grand érudit saint Germain. Selon certaines sources, il rencontra saint Martin dans son monastère de Tours avant de se rendre aux îles de Lérins, auprès de saint Honorat, fondateur de l'un des premiers monastères d'Europe occidentale. Ordonné évêque, il reçut le nom de Patrick et, poussé par sa vocation d'évangélisation, reprit le chemin de l'Irlande.

L'apostolat
A partir de 432, il consacra toutes ses forces à la conversion des Irlandais. Il se heurta à la caste des druides, toujours fort puissante. La légende veut qu'après avoir converti par ses miracles nombre de chefs locaux – dont son ancien maître –, il vînt à bout de cette féroce opposition lorsque, par la grâce de sa prière, il fit choir contre un rocher l'archidruide Lochru qui l'attaquait en un vol démoniaque. Usant subtilement de l'analogie entre les triades divines celtiques et la Sainte Trinité, qu'il symbolisa par le trèfle, devenu ensuite l'emblème de l'Irlande, il réussit à convertir et à baptiser au Rock de Cashel, le roi Aengus et ses frères et « chassa à jamais tous les serpents d'Irlande ». En quelques décennies, la quasi-totalité de l'île fut convertie, et ce, sans aucun martyr.

L'essor du monachisme occidental
Si, après le premier monastère fondé en Egypte par saint Pakôme, le mouvement monacal s'était déjà bien développé en Orient, en Syrie, à Chypre, à Constantinople, les monastères, tout prestigieux qu'ils fussent, restaient en nombre très limité en Occident. En revanche, en terre d'Irlande, l'idéal monastique remporta un extraordinaire succès. Les ermitages proliférèrent, les couvents comptèrent parfois plusieurs milliers de moines ou de moniales. La juridiction des monastères, sous la direction de leurs tout puissants abbés souvent revêtus de la dignité épiscopale, se substitua largement au pouvoir temporel. Héritiers de la vieille tradition littéraire celtique, les monastères devinrent de brillants foyers de culture, précurseurs de ce que l'on appela la « Renaissance carolingienne ». La spiritualité irlandaise porta souvent les règles monastiques vers une grande austérité, et l'ascétisme de certains moines les conduisit parfois à des pratiques extrêmes : privation de sommeil, jeûnes drastiques, immersion dans des étangs glacés, mortifications poussées jusqu'au mépris total du corps. L'usage de caves ou grottes obscures comme lieux de pénitences fut certainement à l'origine de ces « purgatoires », tel celui de saint Patrick sur l'île de Lough Deig où le pécheur pouvait, au risque de sa vie, tenter d'expier ses fautes en affrontant le démon !

Une pépinière de saints et d'évangélistes
En 457, saint Patrick fit d'Armagh sa « capitale ecclésiastique » où il forma ses disciples chargés de poursuivre l'évangélisation. Fille d'une esclave baptisée par saint Patrick, sainte Brigitte fonda, à Kildare, le premier monastère double accueillant moines et moniales. Saint Colomba, à partir de la petite île d'Iona, évangélisa « les Scots et les Pictes ». Au VIIIe siècle, dans la tradition celtique du Immram – le voyage dans le monde extérieur –, des moines itinérants s'embarquaient à bord de leur coracle, frêle embarcation de cuir et d'osier, et ce fut ainsi qu'ils furent certainement les premiers à s'établir en Islande. On doit aussi à saint Colomban – à ne pas confondre avec saint Colomba – la fondation de l'abbaye de Luxeuil en France, de Bobbio en Italie, de Saint-Gall en Suisse... Ce ne fut que sous le règne de Charlemagne que l'influence irlandaise s'effaça au profit de la tradition romaine en Grande-Bretagne et sur le continent. Saint Patrick mourut en 461 selon les historiens bien que la tradition plaçât son décès en 493 ou même en 553 ! Il est enterré à Downpatrick aux côtés de sainte Brigitte et de saint Colomba d'Iona.
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