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Yazd et les Guèbres
La cité des zoroastriens
Une oasis, une cité
« La cité de Iasdi est une des plus fameuses du pays, en laquelle se font grandes traffique de marchandises & en icelle y a semblablement de subtils ouvriers qui besognent en soye, ils tienent la loy de Mahumet... », telle est la description que Marco Polo fit de la ville de Yazd en 1272. Oasis du plateau persan, située à la charnière entre les déserts du Dasht-e Kavir et du Dasht-e Lut, la ville de Yazd était déjà connue à l'époque du royaume des Mèdes, au VIIe siècle avant notre ère, et la légende veut que le héros Rostem – l'équivalent d'Héraclès chez les Perses – y ait séjourné. Elle doit son existence au remarquable système des qanats, longues galeries creusées dans la nappe phréatique qui permettent de collecter suffisamment d'eau pour alimenter la cité et irriguer les palmeraies et jardins d'alentour. Cité caravanière et ville des caravansérails dès l'époque achéménide, elle appartint ensuite aux empires séleucide, parthe puis sassanide avant d'être prise, en 642, par les Arabes porteurs de la bannière conquérante de l'Islam. Au Xe siècle, Yazd est décrite comme une ville prospère, ceinte de remparts et fermée de deux portes de fer : Bab-Izad et Bab el Masdjid. En 1119, l'Atabeg Alau ed Dowleh y fit édifier la grande mosquée du Vendredi qui, remaniée au XIVe siècle, s'ouvre par un portail à arc persan en carène – un pishtaq – exceptionnellement élancé. Au XIIIe siècle, les grandes voies commerciales et, singulièrement, la route de la soie, empruntaient un passage plus septentrional. L'intérêt ainsi réduit de Yazd lui permit d'échapper aux destructions des hordes mongoles de Gengis Khan. En 1326, le gouverneur mozzafaride Saïk Rok ed Din y fit construire une koulilié, ensemble comprenant une medersa, un observatoire astronomique, une bibliothèque et une mosquée qui, seule, subsiste aujourd'hui. Surmontée d'une coupole sur tambour percé, elle est connue sous le nom de Masdjid-i-Vaqt-O-Saat, la « mosquée de l'Heure », car il y fut adjoint une horloge au XIXe siècle ! En 1380, Yazd fut prise par Tamerlan qui la fortifia à nouveau et elle connut un regain de prospérité lié à la relance du commerce de la soie. Cependant, après avoir résisté plusieurs années, Yazd fut ravagée, en 1722, par le chef afghan Ashraf. Ce fut peu après, sous l'éphémère dynastie Zend, qu'y furent aménagés, par Mohammad Taghi Khan, les magnifiques jardins persans de Dowlat Abad, dont le pavillon d'agrément est surmonté d'une impressionnante « tour des vents » de 33 mètres de hauteur qui, comme une cheminée, permet par son tirage d'évacuer l'air chaud réalisant ainsi, en été, une parfaite climatisation.

Les Guèbres
Ce n'est pas dans le seul patrimoine musulman que réside l'intérêt de Yazd. Lors de l'invasion musulmane, les tenants de l'ancienne religion persane, le mazdéisme, furent convertis rapidement à l'islam. Cependant, les tenants de son courant le plus spirituel, suivant l'enseignement que donna le sage Zoroastre au VIe siècle avant notre ère, refusèrent la conversion. D'abord persécutés, ils furent ensuite tolérés et soumis au djizya, cet impôt portant sur les non-musulmans appartenant aux grandes religions du Livre : chrétiens, juifs, mandéens et, enfin, zoroastriens qui se réfèrent au livre sacré de l'Avesta. Réfugiés dans les régions périphériques de l'Iran, en particulier à Yazd, les zoraoastriens, désignés sous le nom de Guèbres (gabr : « infidèle » en arabe), sont organisés en une société hiérarchisée groupée autour des prêtres, les mobeds qui perpétuent le culte du feu d'origine indo-européenne. Il s'agit là d'un élément central du sacrifice, mais qui fut dépouillé par Zoroastre de sa dimension théologique pour en faire le symbole concret de la lumière divine promise aux élus, la représentation figurée d'Ahura Mazda qui repousse les ténèbres et rassure les hommes. Symbole sacré, mais qui ne signifie pas la présence divine, les zoroastriens ne vénérant pas le feu, mais priant devant le feu. Le temple du feu de Yazd, dont le fronton porte le symbole de Zoroastre porté par un soleil ailé, est un bâtiment moderne mais qui abrite, dit-on, une flamme brûlant depuis l'an 470. En outre, chaque maison possède son atech-kadeh, petit autel où brûle une flamme perpétuelle. Les Guèbres sont aussi attachés à leurs rites funéraires spécifiques qui consistent à faire décharner les défunts par les oiseaux, au sommet de tours construites spécialement à cet usage : les « tours du silence » ou dakhma. Cette pratique fut interdite, sous prétexte d'hygiène, en 1978, mais les tours subsistent dans la banlieue de Yazd. La ville est considérée, encore aujourd'hui, comme un foyer majeur du zoroastrisme, même si l'on ne compte plus que quelque 30 000 Guèbres dans la région. Chaque année, des Parsis de Bombay, descendants des zoroastriens qui se réfugièrent en Inde au VIIe siècle, viennent à Yazd renouer avec les racines de leurs croyances.
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