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Tchoga Zambil
Ancienne capitale de l'Elam
C'est sur le plateau surplombant la rivière de l'Ab-e Diz – entre Anshan et Suse, dans le Khuzistan qui fut un des foyers civilisateurs des plus féconds – que Tchoga Zambil élève vers les cieux, depuis plus de trente-cinq siècles, les étages de sa formidable ziggourat de briques cuites. Symbole de la civilisation méso-élamite à son apogée, elle est le plus grand parmi les édifices de ce type trouvés dans la région mésopotamienne, et le point focal d'une cité créée de toute pièce par un souverain bâtisseur. Elle perpétue, par-delà les siècles, la grandeur de celui qui en décida la construction et l'excellence technique des architectes et ouvriers qui la réalisèrent.

La civilisation méso-élamite

L'époque méso-élamite (1500-1100 avant notre ère) peut être considérée comme le moment d'apogée des productions artistiques de la civilisation élamite. C'est sous la dynastie des Igihalkides que l'Elam redevient unifié. Son représentant le plus illustre, le roi Untash-Napirisha, se lance, au XIVe siècle, dans la construction d'une ville nouvelle : Tchoga Zambil. En persan actuel, Tchoga Zambil signifie « la colline du panier », mais son nom élamite Al-Untash signifie la « forteresse d'Untach ». Rapidement, la cité supplante Suse comme capitale. Le XIIe siècle est le plus florissant de cette période méso-élamite. Il correspond à la dynastie des Shutrukkides. Sous le règne de ses rois, Suse redevient la capitale du royaume d'Elam, mais aussi un conservatoire de chefs-d'œuvre provenant notamment de la Babylonie régulièrement pillée (ainsi en est-il du fameux Code d'Hammourabi du Louvre). La vengeance des Babyloniens, à partir de 1100, met un terme à la civilisation élamite.

Les ziggourats

Les ziggourats sont parmi les plus importants des monuments bâtis par les anciens Mésopotamiens. Leur construction, qui demande des moyens colossaux tant en hommes qu'en matériaux, est une tâche prise en charge par le souverain. Si l'aspect général des ziggourats est bien connu, il existe toujours des points d'ombre quant à leur signification et à leur fonction. On sait, en tout cas, qu'il ne faut pas y voir les tombeaux des rois, comme pour les pyramides égyptiennes. Serait-ce un trône pour la divinité ? Un observatoire pour astrologues ? Le symbole d'une montagne sacrée, lieu de rencontre entre le monde des hommes et celui des dieux ? Ou encore le lieu d'accomplissement de rites destinés à assurer vie et fertilité ? Ce ne sont là que des hypothèses et on attend encore la véritable explication. Quoi qu'il en soit, on reste émerveillé devant l'aptitude des hommes à édifier des masses architecturales d'une telle ampleur, dans des délais très courts puisque les archéologues pensent qu'une ou deux années pouvaient suffire à leur construction.

Le site de Tchoga Zambil : une découverte

En 1935, une reconnaissance aérienne effectuée par des géologues de la compagnie anglo-iranienne des pétroles repère, à 40 kilomètres de Suse, une grande cité dominée par une ziggourat. Au même moment, l'archéologue français Roland de Mecquenem mène des fouilles en Susiane. Il se rend très vite au pied de la ziggourat et peut identifier le site grâce aux briques inscrites qu'il y trouve insérées dans la maçonnerie. Les premières fouilles systématiques ne seront réellement entreprises qu'après la guerre par Roman Ghirshman. De 1951 à 1962, il fouille la ville et surtout sa ziggourat dont les deux étages inférieurs, très bien conservés, ont pu être très précisément étudiés.

Le quartier royal

Construite sur un site vierge de toute construction, la ville voulue par Untash-Napirisha est subdivisée par trois enceintes concentriques, dont la plus grande mesure 4 kilomètres, délimitant un immense espace de 110 hectares. On y accède par sept portes. La zone civile ou quartier Royal, établie sur 85 hectares entre l'enceinte extérieure et la deuxième enceinte, était destinée à la résidence des pèlerins et des souverains. L'édifice majeur de cette zone est le palais-hypogée du roi. Sous ce palais, les archéologues ont retrouvé un complexe souterrain destiné au culte funéraire royal. Cinq caveaux ont reçu les cendres des souverains d'Elam. Les pièces construites au-dessus de cet ensemble sont précédées d'une vaste cour carrée bordée de bâtiments comprenant de grandes salles où se déroulaient les banquets, ce que révèle l'abondante vaisselle qu'on y a découverte. Les deux autres palais, à caractère résidentiel, sont dotés de cuisines et de salles de bains, preuve du haut degré de raffinement des Elamites. Pour approvisionner la ville en eau, les ingénieurs hydrauliciens de Tchoga Zambil firent d'ailleurs creuser sur plus de 50 kilomètres un canal la reliant à la rivière.

La ville religieuse et la ziggourat

La seconde enceinte délimite un espace sacré ou temenos, plus restreint. Il comprend sept temples et quatre chapelles. Les divinités qui y étaient honorées appartenaient pour moitié au panthéon suso-mésopotamien et pour l'autre au panthéon élamite. Le temenos créait ainsi un panthéon pour tout l'Elam, intégrant toutes les divinités sur un pied d'égalité. Quand elle était intacte, la ziggourat comportait cinq étages plus une chapelle supérieure reposant sur le sommet, à 44 mètres du sol. Aujourd'hui, seuls trois étages sont conservés, mais ils donnent une parfaite idée de la complexité de la construction. Ordinairement, à Ur par exemple, la ziggourat consiste en plusieurs terrasses superposées en retraits successifs, dont la superficie diminue à chaque étage. Mais, à Tchoga Zambil, les étages sont emboîtés les uns dans les autres dans le plan vertical, si bien que chacun repose sur le sol. Cette technique, dont l'origine est inconnue, n'a été repérée nulle part ailleurs et fait donc de la ziggourat de Tchoga Zambil un monument exceptionnel. Les matériaux utilisés sont variés : briques crues pour le gros œuvre, nattes de roseaux en chaînage, briques cuites pour les coffrages extérieurs. Les murs des chambres au cœur de l'édifice sont recouverts de peintures ou de céramique à glaçure. L'accès aux étages se fait par de majestueux escaliers insérés au sein même de la maçonnerie.
Défi à la platitude du paysage dans la vallée des Fleuves, la ziggourat de Tchoga Zambil continue de fasciner. Née sans doute de la volonté de compenser l'horizontalité de leur environnement par la verticalité de leurs monuments religieux, ces hommes ont appris à célébrer leurs cultes sur des lieux élevés, comme s'ils voulaient se rapprocher des divinités célestes.
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