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Les noces de Suse
En 331 av. J.-C., à Gaugamèles, l’empire achéménide s’effondrait devant les phalanges macédoniennes, ouvrant à Alexandre la route de Suse et de Persépolis où il s’empara des trésors de l’Empire perse. En douze ans, le grand conquérant se rendit maître de l’Asie, de la Méditerranée à l’Indus. Sur le chemin du retour vers Babylone, où il achèvera son épopée, il s’arrêta à nouveau à Suse : il n’était plus l’hêgemôn des Grecs, mais le souverain d’un empire oriental et ce fut en ce lieu emblématique qu’il prit comme seconde épouse Stateira, la fille de Darius III, maria, dit-on, 10 000 de ses soldats et officiers à des Persanes et décida de faire entrer des nobles perses, les épigones, dans la garde royale, provoquant ainsi une mutinerie qu’il dut réprimer sans pitié...

La frise des archers
Les historiens connaissaient donc l’histoire de Suse, capitale de l’Elam avant de devenir l’une de celles des Achéménides. Le lieu n’avait jamais été oublié et avait conservé son nom de “Shush”, même à l’époque islamique. Il faudra cependant attendre les travaux des archéologues pour mettre en lumière l’extraordinaire passé de la ville, l’un des phares de la civilisation de la haute Antiquité. Après que William Loftus eut exploré sommairement le site, en mission pour le British Museum, et eut déterminé l’emplacement de l’Apadana, la salle du trône et de réception du palais de Darius, ce fut le couple français, Jane et Marcel Dieulefoy, qui, entre 1884 et 1886, entamèrent les premières fouilles. Ne jetons pas la pierre aux aventuriers de l’archéologie naissante, mais il faut bien dire qu’ils se comportèrent plutôt comme des chasseurs de trésors. Ils découvrirent la célèbre frise des archers, chef-d’œuvre de briques vernissées sculptées et polychromes qui sont l’un des joyaux du musée du Louvre, mais ils ne firent pas de relevé précis, si bien que l’on ignorera toujours quelle partie du palais était décorée de cette frise !

L’aube de la civilisation urbaine
Jacques de Morgan, qui fouilla Suse en 1897, travailla aussi à l’emporte-pièce, faisant creuser, par mille deux cents ouvriers, une immense tranchée à travers le site. Il établit bien une ébauche de chronologie, mais négligea les couches protohistoriques qui ne recelaient pas de trésors artistiques. Vint enfin le temps, après la seconde guerre mondiale, d’archéologues plus respectueux : Roman Ghirshman d’abord, puis Jean Perrot. Et l’histoire de Suse commença à se révéler. En contrebas du plateau persan et des montagnes du Zagros où naquit la métallurgie du cuivre et du bronze, la plaine de Susiane se rattache par son milieu et par son histoire à la Mésopotamie. Dès la fin du VIe millénaire avant notre ère, bénéficiant des richesses tirées de l’agriculture irriguée de la cuvette de la Susiane, de l’artisanat du cuivre importé des marges iraniennes et du commerce des matières premières et des produits finis provenant de l’Iran vers la basse Mésopotamie, naissait, sur 20 hectares, une agglomération avec de véritables fonctions urbaines : une des premières – sinon la première – véritable ville du monde avec sa société hiérarchisée, ses temples, ses ateliers d’artisans. On vit apparaître ensuite les plus anciens calculi et, dès la fin du IVe millénaire, les premiers documents écrits en proto-élamite. Après une phase de destruction et d’abandon, Suse connut un premier apogée sous le règne de Shutruk-Nahounte (~1185 - ~1155) qui fit également construire, non loin de là, la ziggourat de Tchoga Zambil qui nous est parvenue remarquablement préservée. Suse fut détruite une nouvelle fois par l’Assyrien Assurbanipal avant de retrouver son éclat sous les Achéménides. L’acropole se couvrit alors du splendide palais de Darius auquel on accédait par une “voie royale” aux colonnes monumentales où se trouvait une statue colossale de Darius, exécutée en Egypte puis transportée à Suse. Suse garda toute sa splendeur après la conquête d’Alexandre, puis, sous les Parthes et les Sassanides, elle perdit son statut de capitale, mais accueillait cependant régulièrement les “rois des rois”. Prise par les musulmans en 638, Suse garda une grande importance. La ville battait monnaie, et le pèlerinage sur la tombe du prophète Daniel, “découverte” sur les rives du Chaour, attirait les foules. Exportatrice de soieries et de céramiques sous les Abbassides, elle fut ravagée sans pitié lors des invasions mongoles au XIIIe siècle. La ville fut abandonnée et, au XXe siècle, la Sush moderne se développa en contrebas du tell, dans la vallée. Si le site de Suse n’est pas aussi spectaculaire que celui de Persépolis, la richesse de son histoire en fait un lieu incontournable pour le voyageur curieux des racines de notre civilisation.
Pour visiter Suse avec Clio
IR 31 - 15 jours

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