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Naqsh e-Rostem
Les Perses mis en scène
A quelques encablures de Persépolis, le superbe palais des souverains perses achéménides, sur le haut plateau iranien, les rois de cette dynastie prestigieuse ont choisi de creuser la falaise. Dans leurs hypogées, ils dorment de leur dernier sommeil, comme s'ils avaient voulu se protéger pour l'éternité du brûlant soleil qui inonde Naqsh-e Rostem. Leurs lointains successeurs, les Perses sassanides, voulant sans doute marquer une forme de continuité du pouvoir, se sont fait représenter sous les tombes, dans des bas-reliefs d'une rare qualité, véritable mise en scène de leurs exploits politiques et guerriers.

Achéménides et Sassanides

Ces deux dynasties marquent à n'en pas douter deux sommets du pouvoir perse sur le territoire de l'Iran actuel. Les Achéménides entament leur irrésistible ascension lorsque Cyrus s'empare de Babylone en 539 av. J.-C., mettant fin à la domination assyrienne. Rapidement, son pouvoir, comme celui de son fils Cambyse, s'étend sur un territoire immense, de l'Inde à la frontière égyptienne. C'est de cet empire qu'hérite Darius Ier (521-485). Le « roi des rois » l'administre depuis ses résidences de Suse, Ecbatane, Babylone ou Persépolis, appuyant son pouvoir autoritaire sur les relais locaux des satrapes. Ambitieux, les Achéménides ne savent limiter leurs prétentions territoriales. Cela leur vaudra les revers fameux de Darius Ier en 490 à Marathon et de son successeur Xerxès en 480 à Salamine. Trop vaste, l'empire est un colosse aux pieds d'argile. On le voit parfaitement lorsqu'il s'effondre en quelques années lors de l'irrésistible épopée d'Alexandre le Grand. Vainqueur de Darius III aux batailles du Granique, d'Issos et d'Arbèles, le Macédonien met fin, en 331, à l'empire achéménide. Les Sassanides (224-637) sont les lointains héritiers des Achéménides, dont ils entendent restituer la grandeur. Leur ennemi principal sont les Parthes, qu’ils contribueront à freiner et à affaiblir sur leurs frontières orientales, fixées alors sur l'Euphrate. A peine débarrassés de ces rivaux, les souverains sassanides se mesurent aux empereurs romains qui rêvent de voir leur empire s'étendre aussi loin que celui d'Alexandre... Après bien des vicissitudes, le roi le plus chanceux, ou le plus habile, est Shapur Ier (241-272) qui écrase les troupes de Valérien en Asie Mineure et fait même prisonnier l'empereur et 70 000 soldats en 260. Rome tremble. Il faudra toute l'énergie d'Aurélien pour contenir les Perses de l'autre côté de l'Euphrate. Dans les siècles suivant, les luttes se poursuivent, avec, au fil du temps, un recul de Rome, incapable de défendre, là aussi, un empire trop vaste. Julien l'Apostat trouvera d'ailleurs la mort en combattant les Sassanides en 363. Replié sur l'Orient depuis 476, l'Empire romain devenu « d’Orient » avant d'être « byzantin » résiste encore un bon siècle. Justinien, en 562, achète à Chosroès une paix de cinquante ans, mais quand les hostilités reprennent, Byzance doit abandonner Damas puis Jérusalem. Les Sassanides, pourtant, ne triompheront pas longtemps : quelques années plus tard, les Arabes conquièrent l'Orient avec une facilité qui confond.

Les hypogées achéménides

Taillée comme par des géants dans une haute falaise qui barre l'horizon, la nécropole achéménide de Naqsh-e Rostam fait forte impression quand on la découvre pour la première fois. Quatre hypogées, tous construits sur le même modèle, développent une façade cruciforme. Les deux branches horizontales comportent deux paires de colonnes à demi engagées encadrant la porte d'accès au tombeau. Les chapiteaux des colonnes sont constitués par des protomes de taureaux, comme dans les palais de Persépolis. La partie supérieure de la façade est ornée de bas-reliefs représentant les peuples soumis supportant une plate-forme sur laquelle se tiennent le roi et le dieu Ahura Mazda. De droite à gauche, on trouve successivement les tombeaux de Darius II (424-405), Darius Ier (521-485), Xerxès (485-465) et Artaxerxès Ier (465-424). Devant ce dernier, s'élève un monumental temple du feu datant de l'époque achéménide, qui renvoie à la religion mazdéenne de la dynastie. Construit sur une triple terrasse, il est doté, face à la falaise, d'un bel escalier qui donne accès à une salle unique, laquelle pouvait être fermée à l'aide de grosses dalles pivotant sur des gonds enfoncés dans des crapaudines qui sont toujours visibles. Les angles de l'édifice sont renforcés de pilastres saillants. Les classiques ornements denticulés constituent la corniche de la tour.

Les reliefs sassanides

Sept reliefs géants sculptés sous les tombes représentent des souverains de cette dynastie. Tous n'ont pas la même qualité artistique, mais restent très intéressants par les scènes qu'ils représentent. Détaillons les deux plus caractéristiques. Le relief de l'investiture d'Ardashir Ier (224-241) montre celui qui est le fondateur de l'empire sassanide recevant l'anneau de la royauté par Ahura Mazda. L'inscription qui accompagne le relief porte le plus ancien témoignage connu du terme « Iran » et raconte que le roi trahit son suzerain parthe Artaban par la volonté du dieu, manière habile de se dédouaner de ce qui fut, en réalité, un coup d'Etat. Le triomphe de Shapur Ier est le plus grand et le plus luxueux de tous. Comme nous l'avons vu, il représente la victoire du roi sur l'empereur romain. On voit Shapur en pleine gloire, monté sur son cheval, avec, à ses pieds, Valérien, agenouillé et défait. Une grande inscription en langue pahlavi explicite la scène, tandis que les deux protagonistes sont flanqués d'un prêtre zoroastrien, assistance spirituelle bien indispensable à la victoire du roi des rois. L'art sassanide s'inscrit dans le prolongement des cultures achéménides et parthes, mais c'est dans ces bas-reliefs rupestres que l'on retrouve vraiment la marque des artistes locaux et leur haut degré de maîtrise. Ainsi, Naqsh-e Rostem apparaît comme un exemple parfait d'une haute qualité artistique alliée à un indéniable intérêt historique.
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