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Le palais du Golestan
Dernier témoin de la gloire des Pahlavi
Quand Téhéran devint la capitale de l'Iran
Suse, Hamadan, Persépolis, Ispahan, Chiraz, Rey : l'Iran, au cours de sa longue histoire, connut successivement de nombreuses capitales. Dès le XIIIe siècle, après la destruction de Rey par les Mongols, Téhéran était devenue une cité d'importance. Ce ne fut cependant qu'en 1786, lorsque Agha Mohammad Khan Qadjar, vainqueur des derniers partisans de la dynastie zend, se proclama roi d'Iran, que Téhéran reçut le statut de capitale qu'elle a conservé jusqu'à nos jours.

Chaque grande cité d'Iran et d'Asie centrale comportait alors une citadelle, arg en persan, ceinte d'épaisses murailles d'adobe, qui constituait le centre du pouvoir. Ce fut donc naturellement que la cour royale des Qadjars s'installa dans l'arg de Téhéran qui avait été construite au XVIe siècle, sous la dynastie des Séfévides, puis agrandie durant le règne du grand conquérant Karim Khan Zend, au milieu du XVIIIe siècle. Déjà Karim Khan Zend y avait fait édifier le Khalvat-e-Karim Khani, tout de marbre avec un bassin et une fontaine, qui abrite aujourd'hui le très beau gisant de marbre du grand shah qadjar Nasir al-Din.

En 1806, Fath Ali Shah, le neveu et successeur de Mohammad Khan y fit construire, un premier édifice, le Takht-e Marmar, le « Trône de marbre », un iwan ouvert sur un jardin persan agrémenté de bassins, décoré de peintures, de marbres sculptés, d'émaux et, caractéristique incontournable de l'architecture qadjare, d'une multitude de fragments de miroirs. Ce fut vraisemblablement à cette époque que le lieu, qui vit, jusqu'en 1925, le couronnement des empereurs d'Iran, reçut le nom de palais du Golestan, palais du jardin des fleurs. Fath Ali Shah fit ensuite construire l'Emarat-e Badgir, flanqué de quatre de ces « tours des vents » traditionnelles en Iran, qui en assurent naturellement par appel d'air frais, la « climatisation ».

Les Qadjars et l'Europe
En ce début du XIXe siècle qui voit l'avènement de la révolution industrielle, les enjeux géopolitiques mobilisant les grandes puissances européennes s'étendent au monde entier. L'Iran devient alors la cible des ambitions internationales de la France, de l'Angleterre et de la Russie. En 1801, Londres se voit reconnaître – grâce à Malcolm, son ambassadeur à Téhéran – la liberté de commercer le long des côtes perses. Pour la petite histoire, c’est ce diplomate qui introduisit la pomme de terre en Perse où elle est toujours connue sous le nom de « prune de Malcolm ». En 1806, Fath Ali Shah fait appel à la France, et Napoléon prend la Perse « sous sa protection » et envoie le colonel Favier réorganiser l'armée iranienne et l'équiper de matériel moderne. Les résultats ne sont guère brillants puisque la Perse, qui affronte ensuite la Russie, perd, à l'issue de ce conflit, l'Azerbaïdjan et l'Arménie. L'Angleterre réussit par ailleurs à faire interdire, en 1809, la Perse aux Français. En 1856, sous le règne de Shah Nasir al-Din (1848-1896), la Russie, qui vient de perdre, en 1856, la guerre de Crimée laisse le champ libre aux Anglais. Le Shah fait alors appel à la France pour contrebalancer l'influence britannique et il est reçu plusieurs fois à Paris. C’est le début d'une relation privilégiée qui se poursuit ensuite, sous la dynastie des Pahlavi, jusqu'à la révolution islamique de 1979.

Syncrétisme européo-persan
C'est aussi à cette époque que Shah Nasir al-Din décide de modifier de fond en comble le palais du Golestan pour en faire ce que nous pouvons encore voir aujourd'hui : un exemple unique de syncrétisme entre l'art persan traditionnel et les techniques de construction européennes. Les travaux sont confiés aux architectes Haj Ali Khan Hajeb-od-Doleh puis Ali Mohammad Kashi, qui font reconstruire entièrement le grand palais, le Shams-ol Emareh ou « palais du Soleil », vaste structure aux arches multiples, recouvertes de céramiques, aux fenêtres ornées de vitraux à l'européenne et dont les deux hautes tours offrent des vues panoramiques sur la ville. Il se prolonge également par une salle des miroirs, le talar-e ayneh. Nasir al-Din fait encore construire un palais de marbre blanc, le khâbgâh ou « palais du sommeil », malheureusement détruit en 1963 pour être remplacé par un édifice moderne sans intérêt, à l'occasion de la visite de la reine Elisabeth II d’Angleterre ! Dans le cadre de leurs relations diplomatiques, les shahs qadjars ont reçu de nombreux cadeaux de leurs hôtes européens, porcelaines et joyaux donnés par la France, l'Angleterre, la Russie et la Turquie ottomane, œuvres de peintres européens du XIXe siècle, meubles, marqueteries, cristaux qui sont toujours exposés dans la partie du palais transformée en musée en 1894. Le palais abrite également une reproduction du célèbre « Trône du Paon », dont l'original est aujourd'hui dans les caves de la Banque nationale iranienne. Le trône original indien, celui de Shah Jahan le bâtisseur du Taj Mahal, avait été ramené en Iran par le conquérant Karim Khan Zend. Détruit lors de la chute de sa dynastie, un « nouveau » Trône du Paon fut réalisé en 1836 qui ne compte pas moins de 26 733 pierres précieuses.

Les Pahlavi
L'affaiblissement des Qadjars, la révolution nationaliste de 1905, le renversement de Muhammad Ali en 1908, conduisirent à un véritable dépècement de l'Iran, partagé en zones d'influences anglaise et russe. La banque impériale de Perse était contrôlée par le financier anglais Reuters, les ressources naturelles du pays par l'Anglo-Persian Oil Company de Knox d'Arcy, mais, dans la nuit du 20 au 21 février 1921, le coup d'Etat du général Reza Pahlavi marqua la naissance d'une nouvelle dynastie. Comme le sera ensuite son fils Mohammed Reza, le dernier des shahs d'Iran, Reza Shah fut couronné empereur en 1925 dans le palais du Golestan, mais il n'y résida plus, les Pahlavi s'étant fait construire de somptueux et modernes palais sur les collines au nord de Téhéran, à Sa'dabad. Les Pahlavi nouèrent des alliances fortes avec les pays occidentaux qui voyaient en l'Iran un rempart contre les ambitions soviétiques, mais les laissèrent, en contrepartie, tirer le plus grand profit du pétrole iranien. Autoritaires, ils modernisèrent l'Iran à marche forcée, s'attirant la haine des forces conservatrices et religieuses qui n'eurent de cesse que de renverser le régime honni... Quand Mohammed Reza s'enfuit en 1979, le palais du Golestan ne fut plus que le splendide témoin d'une histoire désormais révolue.
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Héritier d’une histoire plurimillénaire et détenteur d’un patrimoine archéologique et historique exceptionnel, l’Iran apparaît comme l’un des principaux foyers culturels du monde moyen-oriental. Dans ... Découvrir ce voyage
 

 
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