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Le palais d'Ali Qapou
Un joyau de la Perse safavide
Devenue aujourd’hui la place de l’Imam, l’ancienne place du Roi-d’Ispahan (Meidan-e-Shah) constitue le cœur de la cité telle qu’elle a été aménagée au début du XVIe siècle. On y trouve, la majestueuse mosquée du Roi (Masjed-e-Shah), la séduisante mosquée du Cheikh Lotfollah (Masjed-e-Cheikh-Lotfollah) et le bazar Qaisaryeh, mais ce qui attire tous les regards est sans conteste l’impressionnante Ali Qapou, la « porte d’Ali » qui constitue en fait le portail d’entrée du palais royal, un monument que l’on a évidemment assimilé à la « Sublime Porte » qui, à Constantinople, commandait l’accès au palais des sultans ottomans.

Ispahan, la capitale de Chah Abbas

La ville qui, selon l’expression consacrée, allait devenir au XVIIe siècle « la moitié du monde » a connu des origines autrement modestes. L’ancienne cité achéménide de Gaba mentionnée par Staabon fut, sous le nom de Djay, un centre plus important à l’époque sassanide. Gouvernée par les Buyides au Xe siècle, puis par les Seldjoukides quand ils s’imposent dans la majeure partie du Proche-Orient, la ville survit en 1228 à l’invasion mongole, mais, en 1338, Tamerlan fait massacrer sa population. Elle va connaître une remarquable renaissance avec la dynastie safavide qui s’installe en Perse au début du XVIe siècle avec Shah Ismaïl, mais c’est sous le long règne de Shah Abbas (1588-1629) qu’elle accède au rang de capitale, le souverain souhaitant s’éloigner de Tabriz et de Ghazvin qui se trouvaient davantage à portée de la menace ottomane. Le shah qui y règne est alors l’un des plus puissants du monde, même s’il doit compter avec de dangereux voisins, le sultan de Constantinople, le Grand Moghol indien ou les remuants Uzbeks du Nord-Est. L’étendue et la prospérité de ses Etats lui fournissent cependant les moyens d’une grande politique de construction et d’aménagement urbain et Ispahan brillera jusqu’au XVIIIe siècle, quand elle subira, à partir de 1722, l’occupation afghane. Le transfert ultérieur de la capitale persane à Mashad la réduisit au rang de chef-lieu de province et Pierre Loti pouvait, à la fin du XIXe siècle, se désoler du « délabrement de tous ses édifices qui, au premier aspect, jouent encore la splendeur… Du côté où soufflent tous les vents d’hiver, tous les minarets des mosquées, tous les dômes sont à moitié dépouillés de leurs patientes mosaïques de faïence et semblent rongés d’une lèpre grise… » Les travaux de restauration entrepris au XXe siècle ont heureusement sauvé un patrimoine exceptionnel, qui correspond à l’apogée de l’art musulman iranien.

Un palais dans une porte

C’est à l’ouest de la place Royale, en face de la mosquée du Cheikh Lotfollah, que se dresse, à quarante-huit mètres de hauteur, Ali Qapou, le portail monumental qui permettait l’accès au complexe palatial aménagé en retrait, mais qui constituait en elle-même un véritable palais dont la grande loggia à colonnes du premier étage faisait fonction de belvédère et permettait à la cour de contempler les divers spectacles – jeu de polo, défilés militaires, voire exécutions capitales – qui se déroulaient sur la place. Alors que l’intérieur du palais était a priori interdit aux étrangers, la porte d’Ali Qapou constituait une ouverture sur le monde extérieur, et les voyageurs européens en donnèrent de nombreuses descriptions. Le roi s’y tenait souvent et y avait fait aménager une salle du trône où il recevait dignitaires et ambassadeurs étrangers. Le monument comporte, sur la place, un fort soubassement percé du grand portail d’entrée et, au premier étage, une vaste terrasse dont le toit est soutenu par dix-huit colonnes hautes et fines surmontées de chapiteaux ouvragés, le mur de façade s’ornant d’un riche décor de faïences jaunes et vertes. On découvre à l’intérieur un grand nombre de salles, de petits salons et de corridors répartis sur six étages selon un plan complexe. Malgré les destructions intervenues lors de la chute des Safavides, une partie de la décoration intérieure – revêtements de faïences, stucs colorés, fresques murales – a survécu et témoigne de la perfection atteinte par l’art persan musulman à son apogée. Les harmonies colorées sont plus subtiles que dans les décors des mosquées et les thèmes retenus sont plus proches de ceux des miniatures safavides. Dans le prolongement de la grande terrasse qui offre une vue magnifique sur la place royale, la salle du trône est la pièce la plus somptueuse, enrichie de peintures réalisées sous Shah Abbas II, en 1644. Le plafond de bois et les poutres apparentes sont ornés de marqueteries aux vives couleurs qui apparaissent d’une finesse extraordinaire. Reçu par le shah, le voyageur français Jean Chardin est impressionné par la beauté du lieu : « Les murs sont revêtus de marbre blanc peint et doré jusqu’à moitié de la hauteur et le reste est fait de châssis de cristal de toutes les couleurs. Le trône du roi est sur une estrade longue de douze pas et large de huit. Il y a quatre cheminées dans le salon, au-dessus desquelles il y a de grandes peintures qui tiennent tous les côtés. L’une représente une bataille d’Abbas le Grand contre les Ouzbeks et les trois autres des fêtes royales. Au haut du salon, tout à l’entour, sont attachés des rideaux de fin coutil, doublés de brocard d’or à fleurs, qu’on tire du côté du soleil en les étendant jusqu’à huit pieds de terre, comme une tente, ce qui rend le salon très frais. » Au sixième étage, l’étonnant salon de musique a ses murs doublés d’une paroi de plâtre ou de stuc ouvragée qui permet d’améliorer l’acoustique de la pièce.

Le pavillon aux Quarante Colonnes

Construit dans le vaste parc correspondant à la résidence royale, ce bâtiment (Tchéhel Sôtoun) fut édifié dans sa forme actuelle sous Chah Abbas II et une inscription nous indique qu’il fut terminé en 1647. Le pavillon s’ouvre sur les jardins par une élégante terrasse haute seulement de quelques marches. Le fait que les vingt colonnes de sa façade se reflètent dans la pièce d’eau du parc a conduit les Persans à parler du « pavillon aux Quarante Colonnes », mais Jean-Paul Roux a mis en doute cette interprétation en signalant que le nombre quarante signifie souvent « beaucoup » sans plus de précision. Le somptueux décor de cette terrasse a pour une bonne part disparu, mais il reste encore le plafond peint et ses minutieuses marqueteries. A l’intérieur, la grande salle est couverte de trois coupoles portant fresques et stucs colorés. Les murs sont ornés de grandes fresques historiées et, dans leur partie inférieure, de panneaux de céramiques sur lesquels dominent les verts et les tons dorés. Un lieu qui renvoie à la douceur de vivre de l’Orient imaginé par les Occidentaux.
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