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La mosquée du Vendredi d'Ispahan
Mille ans d'architecture
Esfahan, Nesf i Djahan
« Ispahan, la moitié du monde. » C'est ainsi que, depuis le XVIe siècle, les Iraniens nomment la cité qui fut la capitale de Shah Abbas, le plus prestigieux des souverains séfévides. Emerveillé par l'audace de l'architecture et la splendeur des faïences qui décorent les plus prestigieuses mosquées d'Ispahan, celles du Roi et de Sheik Lotfollah, nul ne songe à contester cette affirmation. Cependant, si ces chefs-d'œuvre de l'art séfévide sont incontournables, il est aussi dans la ville un autre joyau, peut-être moins grandiose, mais d'un exceptionnel intérêt : la grande mosquée ou mosquée du Vendredi

Les origines
Etablie au sein d'une vaste oasis, la cité d'Ispahan existait déjà à l'époque achéménide, mais ce fut entre le IIe et le IVe siècle, à l'époque de l'empire sassanide, qu'elle prit véritablement son essor. Le nom Sepahan qui la désignait alors signifiait : « lieu de rassemblement des armées ». Prise par les Arabes lors de la première grande phase de la conquête musulmane, en 642, Ispahan devint, théoriquement la capitale de la province d'Al-Jibal, « les montagnes », mais elle ne fut guère plus qu'un lieu de garnison. La première construction d'une grande mosquée – une « mosquée du Vendredi » – à Ispahan n'est attestée que vers l'an 772, quand le gouverneur abbasside s'installa dans le quartier de Khashinan. Il ne reste rien de cet édifice, car, sur ordre du calife abbaside Al Mutazim, il fut remplacé en 843 par un nouveau sanctuaire, agrandi sous le règne du Xe calife, Jafar al-Mutawakkil, connu pour avoir fait construire le célèbre minaret en spirale de la mosquée de Samarra. Edifiée en briques crues, elle présentait alors le plan classique de la mosquée du Moyen-Orient, avec quatre bâtiments autour d'une cour bordée de galeries. Lorsque le pouvoir de Bagdad s'affaiblit, Ispahan fut prise par une dynastie musulmane d'origine iranienne, mais la domination des Bouyides fut éphémère et, en 1047, la ville fut assiégée par le conquérant turc seldjoukide Toghrul-Beg, ce qui conduisit les habitants de la ville à démonter la charpente de la mosquée pour se procurer du bois de chauffage !

Les Seldjoukides
L'immense richesse du nouvel empire seldjoukide rejaillit sur Ispahan quand le grand sultan Malik Shah, aidé de son brillant vizir iranien Nizam al-Mulk, décida d'en faire sa capitale en 1073. La mosquée du Vendredi fut alors entièrement reconstruite et le nouvel édifice s'imposa rapidement comme le prototype des grandes mosquées persanes. Les architectes de Malik Shah s'inspirèrent des palais sassanides et conçurent le plan de l'édifice autour d'une cour à quatre iwans. La salle située au sud de la cour, qui fut construite aux frais de Nizam al-Mulk, fut aussi porteuse d'une innovation technique reprise dans l'architecture persane. D'une élégante sobriété, elle fut surmontée d'une grande coupole à double paroi, reposant sur des trompes. Nizam al-Mulk avait, auprès du sultan, en la personne du grand chambellan Taj Al-Mulk, un adversaire des plus dangereux. Celui-ci fit construire, au nord de la cour, une salle dont il voulait qu'elle surpassât en beauté celle édifiée à l'initiative de son rival. De proportions subtiles reposant sur le Nombre d'or, doté d'une coupole sur trompes trilobées, elle apparaît effectivement d'une grande élégance.

Des Mongols aux Séfévides
Après la mort de Malik Shah en 1092, l'empire seldjoukide s'affaiblit et la mosquée fut incendiée en 1221 par les ismaéliens, mais si les vestiges des édifices abbassides disparurent, ceux des Seldjoukides, construits en briques cuites résistèrent parfaitement. Au XIIIe siècle, les descendants Il-Khanides de Gengis Khan, convertis à l'islam shi'ite, agrandirent et embellirent encore la mosquée. Le sultan Oldjaitu Khodabende fit construire une grande salle au nord et dota la salle de prière d'un remarquable mihrab en stuc. Plus tard, les Timourides ajoutèrent une salle d'hiver, sombre et majestueuse, au plafond en voûte d'arête reposant sur des piliers massifs et surbaissés. Au XVe siècle, le sultan turkmène Uzun Hasan fit ajouter les deux fins minarets qui prolongent l'iwan sud. Lors de l'apogée séfévide, la salle sud fut encore agrandie par Shah Abbas Ier, mais, surtout, le décor des grands iwans de la cour centrale et de la salle du mihrab fut complété par d'admirables céramiques, une véritable anthologie de cet art associant les apports turcs et persans. La visite de la mosquée du Vendredi d'Ispahan correspond ainsi à la découverte d'un palimpseste rendant compte d'un millénaire d'art iranien...
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