Logo Clio
Service voyages
Service voyages
La mosquée du cheikh Lotfollah à Ispahan
Le chiisme, le shah et la Perse
Aux marges orientales de la chaîne du Zagros, sur les rives du Zayanderoud, une oasis s'est transformée au fil des siècles en une des cités les plus raffinées du plateau iranien : Ispahan. Ce nom semble sorti d'un songe d'une nuit persane et évoque au voyageur les récits de Pierre Loti décrivant un ensemble de dômes et de minarets « aux tons bleus, si puissants et si rares ». Aujourd'hui, la ville moderne enserre la vieille ville et ne rend plus compte de ce qu'était la cité du Shah Abbas (1587-1629) qui en fit sa capitale à la fin du XVIe siècle. Bien qu'inachevé, le plan d'urbanisme que développe le souverain safavide est novateur. Axée autour d'une longue avenue bordée de jardins, la ville transformée voit s'ériger un véritable joyau d'architecture : Naqsh-e Jahan ou « l'image du roi ». Il s'agit d'une place rectangulaire de 500 mètres de long bordé d'édifices symbolisant les piliers de la Perse de l'époque : le peuple avec le portail d'entrée du bazar, le shah avec le palais Ali Qapou et le chiisme, avec la Mosquée Royale et la mosquée dite « Sheikh Lotfollah ».

Les Safavides ou l'émergence du chiisme persan

On ne peut comprendre les mille subtilités de l'architecture religieuse présente à Naqsh-e Jahan sans replonger dans l'histoire des Safavides. En effet, c'est sous l'impulsion de cette dynastie que le chiisme duodécimain devient religion d’Etat. Rattachés à un sheikh du XIVe siècle, Safi al-din, les safavides prennent leur essor sous le règne d'Ismaël Ier, autoproclamé shah à Tabriz en 1502. Ce dernier remporte plusieurs victoires sur les Turcs et les Ouzbeks, et unifie l'Iran sous son autorité. L'identité iranienne s'affirme alors et se démarque du reste du monde musulman en adoptant l'islam chiite. Shah Ismaël se place lui-même au cœur de cette nouvelle identité religieuse comme étant le mahdi, l'imam caché du chiisme duodécimain annonciateur de la fin des temps et du jugement des vrais croyants. La défaite de Tchaldiran en 1519 contre les Turcs vient cependant mettre fin à la stature céleste du shah. Néanmoins, ses successeurs perpétuent ce rôle de guide des croyants et achèvent d'ancrer le chiisme au cœur de l'islam de Perse. Lorsque Shah Abbas-le-Grand déplace la capitale de son empire de Qazvin à Ispahan, le chiisme persan est menacé. L'unité du territoire a été préservée au prix d'importantes concessions territoriales faites aux Turcs, aussi la Perse a-t-elle un besoin urgent d'afficher sa richesse et son identité. Dans ce contexte, Shah Abbas organise l'exil des Iraniens et des Arméniens sur les rives du Zayanderoud afin de réaliser une des plus prestigieuses cités du monde musulman. La mosquée du sheikh Lotfollah en est un exemple exceptionnel.

La mosquée cheikh Lotfollah : quand le shah s'adressait à Dieu

Erigée de 1598 à 1619, la mosquée cheikh Lotfollah est un petit oratoire qui ne se distingue pas par sa taille. Haram privé, réservé au roi et à sa famille, il était desservi par un souterrain le reliant au palais Ali Qapu qui lui fait face. Conçu par un architecte persan dont le nom figure sur l'un des côtés du mihrab : « Ustad Mohammad Rêza, un homme humble, soucieux de la miséricorde de Dieu », l'édifice présente de magnifiques décors de céramiques émaillées dont la plupart sont l’œuvre du célèbre céramiste Rêza Abbassi. L'ensemble de sa conception diffère des canons persans de la mosquée sur cour à quatre iwans. Le dôme aux tons beiges contraste d'ailleurs avec les tons bleus de la mosquée du Roi voisine comme pour souligner l'aspect singulier du lieu. Lorsque le visiteur se présente à la porte en iwan à muqarnas décorée de céramiques bleues, il est dérouté par l'orientation du corridor d'entrée. Celui-ci semble éloigner le visiteur de la salle de prière alors que les murs percés de croisillons ajourés permettent de l'apercevoir. Ce procédé architectural invite à l'humilité et laisse au fidèle le temps de préparer son esprit à la magnificence divine qui s'exprime en ce lieu. Une fois le corridor franchi, l'espace s'ouvre soudainement pour laisser apparaître toute la beauté des décors. L'attention est immédiatement captée par la coupole. Entièrement décorée d'or, des médaillons en goutte de pluie semblent tomber de son point central. Ce motif représente l'ineffable perfection divine inondant les mondes de sa création, conformément à la tradition soufie, très présente dans l'architecture safavide. La coupole repose sur un tambour de 19 mètres de diamètre ajouré de seize ouvertures. L'ensemble s'appuie sur huit arcs persans ornés de colonnes torsadées dont quatre d'entre elles jouent le rôle de trompe d'angle. Les côtés de la salle sont richement décorés de motifs floraux aux tons bleus et beiges, évocation des paradis persans.
Symbole royal autant que religieux, cette mosquée dévoile les origines soufies de la dynastie safavide et souligne la volonté du souverain de se démarquer de l'islam sunnite pratiqué par les Turcs, ennemis jurés d'une Perse fraîchement unifiée.
Partir en voyage avec Clio
IR 30 - 8 jours

Certains lieux résument davantage que d’autres l’essentiel du passé iranien. Le Musée archéologique de Téhéran permet, certes, une immersion initiale dans l’Histoire du pays, mais c’est à Persépolis que ... Découvrir ce voyage
IR 31 - 15 jours

Héritier d’une histoire plurimillénaire et détenteur d’un patrimoine archéologique et historique exceptionnel, l’Iran apparaît comme l’un des principaux foyers culturels du monde moyen-oriental. Dans ... Découvrir ce voyage
IR 40 - 11 jours

Nous avons sélectionné pour ce circuit de capitales en capitales quelques sites essentiels que nous prendrons le temps d'explorer à un rythme tranquille. Nous pourrons ainsi découvrir à loisir les grands ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter