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Bishapour
La gloire des Sassanides
Shapour Ier, Roi des rois sassanide
Depuis déjà près de cinq siècles, la Perse, sous la direction des Parthes arsacides était, pour les Séleucides puis les Romains, l'ennemi héréditaire sur la frontière orientale de leur empire lorsque le coup d'Etat mené, en 224, par le prince perse Ardashir Ier amena sur le trône une nouvelle dynastie tout aussi brillante et puissante, les Sassanides. Elle allait durer, elle aussi, plus de quatre siècles pendant lesquels elle devait faire frémir Rome puis Byzance. Fils d'Ardashir, depuis longtemps associé à ses campagnes militaires, Shapour Ier lui succéda en 241.

Le nouveau Shahinshah – « Roi des rois » – se lança aussitôt dans une politique de conquête digne des ses lointains prédécesseurs, Darius et Xerxès. S'emparant du royaume Kouchan et de la Bactriane pour atteindre, à l'est, la vallée de l'Indus, il pénétra, à l'ouest, en Syrie romaine. Campagne fulgurante au cours de laquelle il tua l'empereur romain Gordien et imposa à son successeur, Philippe l'Arabe, la cession de l'Arménie et de la Mésopotamie ! En 260, il atteignit la Méditerranée à Antioche, capturant l'empereur Valérien et 70 000 légionnaires. On dit qu'il obligea l'empereur à travailler comme un simple esclave à la construction d'un barrage qui porte depuis le nom de Band-i-kaïsar : la « digue de César » ! Le seul revers qu'il connut fut face à Odeinath de Palmyre et ses célèbres archets.

Bishapour
Comme tous les grands empereurs de l'Antiquité, Shapour Ier fut un grand bâtisseur et un fondateur de villes. Il établit sa nouvelle capitale à Nishapour, non loin de la Caspienne, mais fit édifier ou relever nombre de cités sur l'ensemble de son empire. Sur l'emplacement d'une ville parthe depuis longtemps abandonnée, au cœur d'une région riche, renommée pour ses oliviers, ses arbres fruitiers, il fit dessiner une ville nouvelle, au plan géométrique inspiré de l'urbanisme hippodamien : Bishapour. Bien que ceinturée de hauts remparts, la ville fut prise en 637 lors de la conquête arabe puis progressivement abandonnée et ce ne fut qu'en 1935 que la mission de Salles et Girshman en initia les fouilles.

La ville et le palais
A la croisée des deux axes principaux de la ville s'élevait un palais bâti de pierres liées au mortier et recouvertes de plâtre sculpté polychrome. Selon le schéma classique depuis les Parthes, la salle principale du palais était de plan cruciforme, certainement couronnée d'une coupole. Elle s'ouvrait sur une salle des audiences délimitée par trois iwans, ces porches à voûte en carène qui caractérisent l'architecture iranienne. Les parois en étaient ornées de rinceaux de mosaïques colorées et, lorsque qu'Ali, le gendre du Prophète, s'empara de la ville, le sol du palais était couvert d'un merveilleux tapis de soie rehaussé de milliers de pierres précieuses ! Jouxtant le palais, un escalier conduit, en contrebas, à un curieux édifice qui comporte une cour carrée avec, en son centre, une cella : temple du Feu ou temple de la déesse Anahita, la question reste encore débattue aujourd'hui. Non loin du palais, les fouilles ont aussi mis au jour un piédestal à gradins surmonté de colonnes qui dut certainement abriter une statue de Shapour.

Les reliefs du Rud i-Shapur
Si la statue en ronde bosse était rare en Perse, les bas-reliefs sculptés sur les parois rocheuses à la gloire des souverains étaient d'une tradition remontant aux Achéménides, mais ce fut sous les Sassanides qu'elle atteignit son apogée. Au nord de Bishapour, la rivière Rud i-Shapur devient un torrent qui s'inscrit dans une gorge profonde et étroite. Sur chacune de ses rives, la falaise est sculptée de bas-reliefs d'une facture exceptionnelle. Dans chaque scène, le roi est représenté, coiffé de son corymbos, lourde tiare-chignon qui permet de l'identifier avec certitude. On y retrouve Shapour Ier dans une scène où il reçoit l'investiture du dieu Ahura Mazda qui lui octroie la khvarnah, la gloire divine, devant l'empereur Valérien qui, agenouillé, demande grâce. Une autre scène représente ses victoires sur les Romains, les prisonniers et le butin. Les autres reliefs montrent l'investiture de Bahram Ier, le tribut porté à Bahram II et la représentation triomphale, bien postérieure, du grand et terrible Shapur II en majesté, encadré de ses guerriers, des dignitaires du régime et du défilé de ses ennemis vaincus. Toute l'histoire de l'empire sassanide défile devant les yeux du voyageur dans une représentation pleine de vie qui témoigne de l'extrême habileté des sculpteurs persans qui, par exemple, surent, dans la Victoire de Shapour utiliser la concavité naturelle de la paroi pour donner un effet panoramique saisissant. Les reliefs de Bishapur, avec ceux de Taq-e Bostan et de Naqsh-e Rostam, représentent l'apogée d'un art qui disparaîtra ensuite avec la conquête musulmane, en 642.
Pour visiter Bishapour avec Clio
IR 31 - 15 jours

Héritier d’une histoire plurimillénaire et détenteur d’un patrimoine archéologique et historique exceptionnel, l’Iran apparaît comme l’un des principaux foyers culturels du monde moyen-oriental. Dans ... Découvrir ce voyage
 

 
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