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Trichy
Au cœur de l'Inde dravidienne
Une Inde tournée vers la mer
Chevaux, chars, élevage, agriculture : les Indo-Aryens qui pénétrèrent le Nord de l'Inde au IIe millénaire avant notre ère étaient des guerriers nomades, mais ils s'enracinèrent dans le pays conquis. Ils repoussèrent les populations dravidiennes vers le sud et la péninsule du Deccan où elles se tournèrent vers la mer. Au 1er siècle av. J.-C., la dynastie tamoule des premiers Cholas établit sa capitale à Uraiyur, au sud-ouest du subcontinent indien, au centre du Tamil Nadu, non loin de Trichy (aujourd'hui Tiruchirappalli), à la naissance du delta du Kaveri. A côté de la pêche, le grand commerce maritime devint l'un des piliers de l'économie. Les navigateurs tamouls entrèrent en contact avec les Grecs et les Romains, envoyèrent des émissaires vers l'Asie du Sud-Est, y découvrant déjà les ferments de la civilisation indienne, née du brassage des anciennes traditions dravidiennes avec le védisme et le brahmanisme du Nord. La région fut ensuite soumise, mais sans rupture culturelle, aux royaumes voisins des Cheras, Pandiyas puis des Pallavas qui établirent leur capitale plus au nord, à Kanchipuram. Au VIe siècle, naquit la cité de Trichy, lorsque le roi pallava Mahendravarman fit creuser un temple sur le flanc d'un piton rocheux, qui fut, bien plus tard, couronné par un bastion militaire, le Rock Fort, d'où l'on jouit aujourd'hui d'une vue exceptionnelle sur la ville.

Les Cholas et Vijayanagar
En 848, profitant d'une lutte entre Pallavas et Pandiyas, le roi chola Vijayalaya conquit Tanjore et rétablit le pouvoir de la dynastie Chola sur le pays tamoul. L'ère chola est souvent considérée comme l'acmé de la civilisation et de l'art dravidien, marquée par l'établissement d'institutions solides, la réalisation de grands travaux d'irrigation et d'un réseau routier qui amena la prospérité dans les campagnes.
Le royaume se maintint jusqu'au XIVe siècle, quand il fut intégré dans l'empire de Vijayanagar qui domina pratiquement tout le Deccan sous le règne de Deva Raja II (1426-1446). Cette période est aussi celle du triomphe du brahmanisme, quand Vijayanagar devint la forteresse des traditions hindoues face à l'extension de l'islam dans le Nord de l'Inde. Ce ne fut qu'en 1565 qu'à la bataille de Talikota, l’empire de Vijayanagar s’effondra sous les coups d’une coalition des sultanats musulmans du Nord équipée d’artillerie moderne et de cavalerie.

L'apogée de l'art dravidien
Durant ces six siècles, l'architecture dravidienne atteignit des sommets inégalés qu'illustrent les temples de Mahabalipuram, Tanjore, Sri Rangapatman, Gangaikondacholapuram et Madurai. Progressivement, les temples prirent des dimensions considérables pour devenir de vastes complexes cultuels aux proportions conçues pour la dévotion de masse. A partir du XIIe siècle, les édifices se virent entourés d'une vaste enceinte s'ouvrant sur l'extérieur par des portes – les gopurams – qui en devinrent les éléments architecturaux majeurs. De plus en plus imposants, dominant parfois de leur hauteur l'ensemble de l'édifice, ils se couvrent de sculptures dans un foisonnement inextricable de personnages, parfois encore complexifiés par une polychromie débridée.

Le temple de Jambukeshvara
L'un des plus remarquables exemples de cette évolution se rencontre dans le temple Jambukeshvara, édifié au XIIIe siècle à Trichy. Entouré d'une quintuple enceinte, dont la plus extérieure mesure plus d'un kilomètre et demi de long et huit mètres de hauteur, construite, dit-on, par Shiva lui-même, il s'ouvre au sud par le Sundara Pāndya gopura, dont l'iconographie est typique de tous les grands temples de cette période, avec des représentations omniprésentes de dvarapla, les divinités gardiennes des portes des lieux sacrés, et de Shiva, associé à Uma, l'un des aspects archaïques de sa parèdre Parvati, de son fils Skanda, dieu de la guerre et de la victoire, ou du personnage composite Hari-Hara, associant en une seule statue Shiva et Vishnou. Par d'autres portes monumentales successives, on accède à un grand hall hypostyle reposant sur 796 piliers sculptés, avant d'atteindre le saint des saints, dont l'accès est interdit aux non-hindous, et qui renferme les statues des divinités et, en son centre, le linga représentant Shiva, au lieu d'émergence d'une source pérenne.

Srirangam et le temple Sri Ranganathaswamy
Au cœur de la ville de Trichy, le fleuve Kaveri se divise en deux bras qui délimitent l'île de Srirangam, pratiquement entièrement occupée par l'immense complexe du temple Ranganatha, fondé comme sanctuaire vishnouite pour abriter l'idole donnée au roi local par Rama, vainqueur du démon Ravana à son retour de Ceylan. Il remonte, dans sa forme actuelle, au XIVe siècle et est aussi un lieu sacré pour les shivaïtes. Etendu sur plus de 60 hectares, ceinturé de sept murailles ouvertes par 21 gopuram, c'est le plus grand temple en activité actuellement dans le monde. Plus d'un million de pèlerins et de visiteurs admirent chaque année l'immense raja-gopuram qui s'élance de 72 mètres vers le ciel, en 17 étages s'amenuisant progressivement, et couronné de 13 kalasam – sorte de clochetons qui couronnent les temples hindous – de bronze doré. Le hall aux mille colonnes, construit durant la période de Vijayanagar, est un chef-d’œuvre de la sculpture dravidienne, chaque pilier représentant un cheval cabré piétinant des tigres de leurs sabots. Le mandapa, dédié à l'aigle Garuda, monture de Vishnou, associe les figurations de la divinité à de remarquables sculptures plus anciennes récupérées sur le temple originel. Pour la petite histoire, la statue de Vishnou qui occupe la cella centrale au plafond doré, dont l'accès est aussi réservé aux seuls hindous, comportait deux magnifiques diamants pour représenter les yeux : l'un d'entre eux a disparu à jamais, mais l'autre, volé au XVIIIe siècle par un soudard français, fait maintenant partie de la collection du musée du Kremlin sous l'appellation de « diamant Orlov »...
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