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Les temples de Ranakpur
au cœur du jaïnisme
La naissance du jaïnisme
Entre le Xe et le VIe siècle avant notre ère, la religion traditionnelle védique de l’Inde, qui trouvait ses racines dans le vieux fonds indo-européen, connut une évolution profonde. Les dieux ancestraux Varuna ou Indra furent relégués au second plan au profit de Shiva, Vishnou ou Krishna, les textes védiques s’effacèrent derrière les nouveaux textes sacrés des Upanishad, de la Bhagavad Gita, épisode central du Mahabharata. Progressivement, les sacrifices sanglants furent abandonnés, sauf par les sectateurs de Kali, et remplacés par des offrandes de céréales, de fruits, de fleurs et d’encens. Cependant, cette évolution, qui se traduisait par le développement de la relation personnelle du fidèle – la bhakti – avec sa divinité d’adoption, s’accompagnait de la prééminence du rite sur la spiritualité, doublé d’un renforcement du système hiérarchique élaboré des castes, dominé par les brahmanes. Au VIe siècle, l’Inde fut le siège d’une fermentation spirituelle intense qui vit naître, entre autres, deux courants considérés comme « hérétiques » par les brahmanes, fondés par des représentants de la caste des kshatriyas – la caste des « guerriers », seconde en dignité après celle des brahmanes. Si le bouddhisme essaima ensuite largement en Orient (régions himalayennes, Chine, Japon...), l’autre, le jaïnisme, resta essentiellement cantonné au monde indien.

Mahavira, le « passeur de gué »
Né dans une famille princière du Bihar vers 540 av. J.-C., Vardhamana distribua tous ses biens à l’âge de 30 ans pour partir mener une vie de religieux errant pratiquant la méditation et l’ascétisme le plus rigoureux, se livrant à des jeûnes prolongés, abandonnant même tous ses vêtements pour vivre nu. Ce fut la treizième année de cette vie qu’il reçut, par une nuit d’été, la « révélation » sous un arbre sala, un teck. Onze de ses disciples choisis recueillirent son enseignement, et celui qui était dès lors nommé Mahavira (« le Grand Héros ») ou Jina (le « Conquérant »), avait, dit-on, près de 14 000 fidèles – majoritairement des femmes – quand il mourut à l’âge de 72 ans. Il était présenté comme le vingt-quatrième et dernier des tirthankaras (« passeurs de gué »), dans la lignée inaugurée par Rishabha Dev, personnage semi-légendaire qui vécut au IXe siècle av. J.-C., honoré par les jaïns sous le nom d’Adinath.

Une doctrine rigoureuse
Pour les jaïns, les dieux n’ont pas de rôle particulier dans l’univers, ils ne sont que des entités différentes, mais comparables aux hommes. L’univers n’a ni début ni fin, il n’a été créé par personne, et le temps est divisé en grands cycles éternellement recommencés. Sans intervention des dieux, ce sont les rapports entre les âmes vivantes et les cinq éléments (l’éther, le mouvement, le temps, le repos, la matière) qui assurent le fonctionnement de l’univers dans lequel l’âme des hommes, des animaux, des plantes, des rochers, des cailloux est « engluée » dans le Karma. Le seul moyen de s’en détacher pour échapper à la transmigration et de « purifier » l’âme par la pénitence, l’ascèse, le détachement de toute chose. Le fondement du comportement jaïn est la non-nuisance absolue (Ahimsa), au point de prendre toutes les précautions pour ne pas risquer d’écraser un insecte ni d’avaler un microbe, « poussière vivante de l’air »... Au IIIe siècle av. J.-C., le concile de Pataliputra codifia les textes fondateurs, mais vit aussi la scission de la communauté entre les Svetambara, « vêtus de blanc immaculé » et les partisans de la voie la plus rigoureuse, les Digambara, ou « vêtus d’espace », qui choisissent de vivre entièrement nus : ce fut certainement ces derniers que rencontra Alexandre le Grand en 326 av. J.-C. et qu’il appela les « gymnosophistes », les philosophes nus !

Les temples de Ranakpur
Du Nord au Sud de l’Inde, du Lal Mandir de Delhi au mont Abu et au sanctuaire de Sri Sravanabelgola, les temples jaïns sont l’objet de nombreux pèlerinages, mais c’est certainement le complexe de Ranakpur, au Rajasthan qui, non seulement offre les plus raffinées des sculptures, mais qui, par son architecture, illustre le mieux la pensée jaïne. Le premier que l’on rencontre sur le site est cependant un petit temple brahmanique dédié à l’antique divinité védique Surya, le dieu solaire, représenté sculpté sur son char tiré par sept chevaux cabrés. Le second temple, dédié à Neminath, le vingt-deuxième tirthankara, édifié au XVe siècle, est égayé des joyeuses silhouettes dansantes de magnifiques apsaras, nymphes célestes. Bâti à la même époque et dans le même style gujarati, le temple de Parshvanath, le septième tirthankara dont la sombre silhouette occupe la cella centrale, s’orne en revanche à l’extérieur de beautés célestes beaucoup plus sensuelles.

Le temple d’Adinath
Le jaïnisme s’est attaché un système cosmologique cohérent qui fut à la base du plan complexe du temple d’Adinath, réalisé en 1433 par l’architecte Depaka, à la demande d’un riche marchand, Dharanaka. Véritable mandala en trois dimensions symbolisant les mondes visibles et invisibles cristallisés dans le marbre blanc, surmonté d’une forêt de dômes, le temple, contrairement aux édifices hindouistes, s’ouvre sur les quatre points cardinaux par quatre porches, prolongés chacun d’un hall ouvert puis, abritant une statue d’Adinath, d’un mandapa à la toiture pyramidale reposant sur des colonnes sculptées et couronnée d’un dôme. Le plan en est encore complété par un ensemble de chapelles et halls de prière disposés radialement entre les quatre directions principales. Les 1 440 piliers, les voûtes, les arcs festonnés sont ornés de sculptures et de ciselures, de scènes de légendes jaïnes, d’animaux et de fleurs, de symboles de l’infini du cosmos ou de la sagesse du « seigneur des Ages ». Lieu de lumière, de recueillement et de ferveur où les pèlerins déposent des guirlandes de fleurs écarlates, répandent des grains de riz ou marquent les statues de touches de safran ou d’essences de santal, le temple d’Adinath reste marqué dans la mémoire du sceau de la sensibilité artistique, de l’élégance retenue et de la quiétude de l’âme.
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