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Le temple d'Or d'Amritsar
L'or des Sikhs
Le temple d'Or d'Amritsar

A l'extrémité occidentale de l'Etat du Punjab, l'un des plus septentrionaux de l'immense sous-continent indien, Amritsar est une grosse ville qui recèle un des joyaux du pays. Le temple d'Or, qui reflète son élégante silhouette dans les eaux d'un bassin plein de calme, en dehors des jours de grandes cérémonies, est l'endroit où vous pourrez prendre contact avec l'une des communautés les plus singulières de l'Inde, celle des Sikhs. Très jaloux de leur originalité et très fiers de leur religion qui mélange brahmanisme et islam, ils constituent une sorte de chevalerie à laquelle se heurtèrent longtemps les conquérants de l'Inde du Nord-Ouest. Vous reconnaîtrez aisément dans les rues de la ville ou autour du temple les membres les plus élevés de la communauté, qui ajoutent singh (« lion ») à leur nom. D'origine rajpoute, ils portent en permanence un élégant turban qui dissimule leur longue chevelure qu'ils ne coupent jamais, mais arrangent en chignon maintenu par un petit poignard et un peigne. Autre signe distinctif : la barbe, étoffée si nécessaire par un filet qui relie les tempes en passant par le menton. L'ensemble, renforcé par une longue tunique qui descend jusqu'aux chevilles, et le poignard recourbé que nombre d'entre eux portent à la ceinture, donne aux hommes Sikhs une allure d'une grande noblesse.

Le sikhisme

Le sikhisme fut fondé vers le début du XVIe siècle par Nanak (1469-1538), membre de la caste des kshatryas (« guerriers »), qui fut marqué dans sa jeunesse par des influences religieuses multiples : la Bhagavad-Gita des Hindous, le chiisme, mais aussi des éléments puisés aux doctrines zoroastrienne, chrétienne et juive. Il conçut un système affirmant l'unicité de Dieu, et enseigné aux hommes par des guides spirituels : les guru. Il rejetait le système des castes, le salut étant à rechercher dans une adoration confiante de Dieu et la pratique des vertus par le biais d'une discipline rigoureuse. Nanak et ses successeurs furent aussi les organisateurs de la nouvelle religion, lui donnant un alphabet spécial et un recueil de textes sacrés. Le guru Ram Das fonda Amritsar en 1577, en un site concédé par l'empereur moghol Akbar.
Au fil du temps, l'enseignement de Nanak fut détourné de sa finalité première qui était de jeter un pont entre hindouisme et islam, car les Sikhs, en butte au pouvoir de Jahangir, formèrent de plus en plus une « nation » hostile à la religion de Mahomet. Furent alors établies, au début du XVIIe siècle, les bases d'une organisation religieuse, mais aussi très militaire, la khalsa, qui fit aussi fructifier les affaires financières et commerciales des communautés sikhs. Conquérants de Lahore et de la frange orientale du Pakistan voisin, puis érigés en maharadjahs, les chefs sikhs opposèrent une résistance acharnée aux Anglais.
Depuis l'indépendance, ayant souffert de la partition entre l'Inde et le Pakistan, les Sikhs constituent une population à part dans l'union indienne, souvent dominatrice, qui a parfois revendiqué une indépendance inacceptable pour le pouvoir de Delhi. On se souvient des dramatiques événements de 1984, avec l'assaut du temple qu'Indira Gandhi paya de sa vie. Aujourd'hui, les choses se sont apaisées et c'est en toute tranquillité que l'on peut découvrir le temple d'Or.

Le temple d'Or

La vision de son dôme étincelant au lever ou au coucher du soleil reste toujours un grand moment de toute visite en Inde et transporte le voyageur hors du monde réel, vers le domaine du transcendantal. Une première maison très modeste, en pisé, fut construite par le deuxième guru au bord d'un étang, le « bassin d'Ambroisie » (Amrit Sarovar d'où dérive Amritsar), sur les bords duquel poussait une plante curative passant pour miraculeuse. Ram Das fut le premier à acquérir le terrain alentour et à ériger sur un îlot, au centre de l'étang, une première construction plus monumentale. Son successeur, Arjan, fut le véritable constructeur du temple tel qu'il apparaît encore de nos jours. Il fit aménager l'étang en bassin entouré de ghats (escaliers d'accès à l'eau). Les travaux durèrent de 1588 à 1601. Plusieurs fois partiellement détruit au cours des siècles suivants, le temple fut à chaque fois rebâti à l'identique, et devint même de plus en plus somptueux, notamment quand, en 1830, un maharadjah offrit une somme colossale pour faire dorer la coupole, scellant le nom définitif du sanctuaire.

Un monde féerique

La porte extérieure à peine franchie, vous pénétrerez dans un monde de ferveur et de splendeurs, qui s'affirmeront à chaque pas. Du pont qui donne accès à l'îlot, le spectacle est étonnant sur les quais pavés de panneaux juxtaposés de mosaïques de marbre formant des décors géométriques d'une grande variété. Tout autour, des bâtiments bas, les bunghas, servent d'hôtellerie accueillant les pèlerins les plus pauvres. Du milieu du pont, le temple ressemble à une embarcation flottant sur les eaux calmes du bassin. Le pont qui y donne accès est fait de marbre blanc, évocation du Saratpol, une passerelle étroite comme le fil d'un rasoir, fragile comme un cheveu, sur laquelle passent les âmes des justes trépassés, les autres tombant dans un abîme de sang. Quatre portes donnent accès au temple, dont trois ouvrent sur les degrés de la plate-forme où il repose, symbolisant l'absence de discrimination chez les Sikhs envers les quatre castes hindoues. Du marbre blanc de l'assise du temple, le regard s'élève bientôt vers les parties hautes, sorte de chasse couverte de cuivre doré. L'intérieur n'est qu'une féerie éblouissante de dorures, de miroirs, de murs couverts de lapis-lazuli, de nacre, de cornaline d'un rouge éclatant, le tout inséré dans des lambris de marbre blanc. Des peintures murales où des animaux s'ébattent dans un décor floral d'une extrême effervescence, entraînent l'âme dans un tourbillon de formes et de couleurs. Dans un coin de la grande salle, un guru se tient, psalmodiant pour les pèlerins qui l'entourent, quelques versets du Livre du Seigneur, l'écrit sacré des Sikhs. Une ambiance prenante, empreinte d'une intense religiosité.
 

 
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