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Le temple de Meenakshi-Sundareshvara à Madurai
Ou l'apogée de l'architecture baroque dravidienne
Dans la nuit des temps...
Selon la légende, Indra, le dieu védique de la guerre et de l’orage, qui avait tué par erreur un démon bienveillant, erra des années en quête de la rédemption de sa faute. Un jour, cependant, il découvrit, dans une forêt, un linga, symbole phallique de Shiva, dont le pouvoir le libéra de ses tourments. Il décida alors d’élever un temple dédié à Shiva à cet emplacement, là où s’élèverait plus tard la ville de Madurai. L’archéologie nous apprend que le premier temple de Shiva y fut certainement édifié au IIIe siècle avant notre ère, au début du règne millénaire de la dynastie des Pandya. La légende ajoute que ce fut Malayadhwaja Pandiyan, le second roi de cette dynastie, qui décida de le remplacer par un grand temple. Or, ce roi se désolait de ne pas avoir d’enfant. Il invoqua Shiva en faisant une offrande dans le feu sacré et le dieu lui fit don d’une fille, née miraculeusement du feu, âgée de trois ans. D’une beauté parfaite, bien que dotée de trois seins, l’enfant avait cependant des yeux fixes qui ne clignaient jamais, ce qui lui valut le nom de Meenakshi, ou « œil de poisson ». De fait, cette enfant était une incarnation de Parvati, la parèdre de Shiva. Devenue reine après la mort de Malayadhwaja Pandiyan, elle se comporta en excellente administratrice, apportant à Madurai la prospérité, et en guerrière, étendant l’emprise de son empire. Une de ses expéditions la mena jusqu’à l’Himalaya où elle aperçut Shiva en posture de yogi, en pleine méditation. Elle fut subjuguée, son troisième sein disparut, elle abandonna sa force violente pour s’unir au dieu et devenir sa shakti, c’est-à-dire le principe actif de la divinité. Le mariage fut célébré en présence de tout le panthéon et ce fut à cette occasion que Shiva exécuta devant Meenakshi/Parvati la célèbre danse cosmique, donnant à l’univers son énergie destructrice et constructrice, alliant la puissance et la beauté.

Le renouvellement du mythe
Afin que le monde se perpétue, le mythe doit être constamment renouvelé : c’est le but de la cérémonie quotidienne qui se tient au cœur du temple depuis des temps immémoriaux, avec, pour seule interruption, l’épisode d’invasion et de destruction du temple en 1311, par les armées musulmanes du général Malik Kafur, au service des sultans de Delhi. Fait exceptionnel en Inde, le temple de Madurai comporte deux cellae, résidences sacrées de la déesse Meenakshi/Parvati et de Shiva, honoré ici sous le nom de Sundareswarar. Chaque soir, une fois la nuit tombée et avant que le temple ne referme ses lourdes portes, en une procession accompagnée de tambours et de trompettes, les prêtres chargent sur une litière l’image de Shiva pour la conduire dans la « chambre » de Meenakshi. Les divinités sont alors enfermées pour la nuit afin que, dans le secret des dieux, ils puissent renouveler la création. Le matin, dans une procession plus calme, les angoisses étant apaisées, on rend le dieu à sa pratique du yoga solitaire, tandis que la déesse peut vaquer au destin du monde.

La naissance de la ville-temple
Au fil des siècles, les temples d’Inde du Sud tendirent à se structurer sur le plan d’un mandala sacré, à se ceindre de plusieurs murailles concentriques et à s’étendre jusqu’à devenir de véritables petites villes au cœur de la cité. A l’intérieur se multipliaient les sanctuaires secondaires et les mandapas, salles à colonnes servant de lieu de recueillement du fidèle avant d’accomplir la puja – le rite – et, occasionnellement, à abriter les danses sacrées. A partir du XIIe siècle, l’emphase fut mise sur les portes monumentales, les gopurams, dominant largement l’ensemble architectural. Construites sur des bases de pierre surmontées d’un empilement d’étages en briques lui donnant l’aspect d’une haute pyramide concave qui s’achève par une voûte en berceau, elles sont généralement enduites de stuc blanc et abondamment ornées de sculptures en haut relief.

Le parangon du baroque d’Inde du Sud
Ce fut au XVIIe siècle, lorsque les Nâyaka, gouverneurs de Vijayanâgar, prirent leur indépendance et firent de Madurai le centre de leur royaume, que le temple de Meenakshi acquit son aspect monumental actuel. Ses murailles, qui délimitent une superficie de près de six hectares, sont percées de neuf gopurams ( ? ) . Dû à Tirumalai Nâyaka (1623-1659), le râja gopuram, qui atteint soixante mètres de hauteur, véritable montagne faite de main d’homme, est peuplé d’une foule de statues à la polychromie éclatante : autour de la représentation de Shiva dansant (Nataraja), de son « véhicule », le taureau Nandi, de Parvati et de Ganesh, foisonnent dieux, déesses, démons et génies, animaux mythiques ou réels, dans un baroque échevelé. A l’exception de celui du nord, les autres gopurams sont moins hauts, mais tout aussi impressionnants. Lorsque l’on pénètre dans l’enceinte, où l’on rencontre souvent des éléphants peints et chamarrés accompagnés de leur « maout », on découvre un véritable labyrinthe de cours et pavillons, dont certains ont les murs et plafonds décorés de riches peintures murales du XVIIe siècle. Près du bassin du Lotus d’or, le pavillon des Perroquets est dédié à l’oiseau vert, porte-bonheur de Meenakshi. A l’immense mandapa « aux mille colonnes » (en réalité 985), répond le long mandapa Pudhu. Les colonnes de chacun d’entre eux sont abondamment sculptées de bas reliefs qui déroulent des thèmes allant du floral au divin en passant par les mondes humain et animal et les effigies des rois Nâyaka.

Ferveur et vénération
Loin d’être un monument historique figé dans le temps, le temple de Meenakshi est toute la journée peuplé de fidèles venus se recueillir, multiplier les offrandes de fleur, les libations d’eau, enduire les statues d’un mélange d’huile et de poudre rouge pour marquer leur dévotion, ou de beurre pour apaiser le courroux divin... Mais, au cœur sacré du temple, les deux cellae à la couverture dorée sont d’accès strictement interdit aux non-hindouistes. Entourés de trois murs dotés de quatre tours aux points cardinaux, le sanctuaire de Meenakshi renferme une statue de la déesse en pierre d’un vert émeraude très sombre, tandis que celui de Sundareshwara abrite le linga originel. Entre les deux, sur le chemin de la procession, s’élève une imposante statue monolithique de Ganesh, le fils à tête d’éléphant, fruit des amours du couple divin, le dieu protecteur des voyageurs.
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