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Le temple de Konarak
L'hommage de l'Orissa au dieu soleil
Surya, le dieu solaire
L'hindouisme compte, dit-on, 33 333 333 dieux et déesses et chaque croyant peut, selon son choix, porter sa vénération sur la divinité de son choix. Seuls les quelques adeptes de la secte Saura font aujourd'hui du dieu solaire Surya leur divinité principale, pourtant tous les hindous l'invoquent le matin, lors de la salutation au soleil, le Gayatri-mantra, ainsi qu'on peut le voir à l'aube sur les ghats de Bénarès. C'est dans le fond ancestral indo-européen qu'il faut rechercher l'origine de Surya, qui est souvent représenté portant des vêtements de guerrier persan et est, dans la mythologie védique ancestrale, le père de Manu, l'ancêtre de tous les humains, de Yama, le dieu de la mort, des dieux jumeaux guérisseurs Asvin... Chaque jour, il apparaît à l'horizon, couronné de rayons d'or, sur son char tiré par sept chevaux aux couleurs de l'arc-en-ciel, conduit par son aurige Arun, l'aurore. Donneur de lumière, maître du jour et de la nuit et des saisons, il est l'énergie de la vie. Entre l'époque gupta et l'arrivée des conquérants musulmans, le dieu Surya était largement honoré en Inde, mais son culte déclina ensuite et il ne reste que peu de temples qui lui soient dédiés, à Gwalior, à Modhera et, le plus remarquable de tous, le temple de Konarak.

La légende et l'histoire
Ayant un jour surpris, nues au bain, les épouses de son père Krishna, le jeune Samba fut frappé de la lèpre. Arrivant sur le rivage du golfe du Bengale, il découvrit une statue de Surya assis sur une fleur de lotus. Il l'invoqua en tant que dieu guérisseur et, après douze ans de pénitence, fut guéri par le dieu, auquel il éleva un temple. De fait, ce fut au XIIIe siècle que le roi Narasimha Deva Ier (1238-1264) fit élever à Konarak un immense complexe dédié à Surya, pour le remercier de l'avoir guéri d'une maladie ou, peut-être, pour l'avoir aidé à remporter une victoire lors de l'assaut donné par les musulmans contre son royaume. Le roi fit appel aux meilleurs architectes de son temps pour concevoir un temple unique en son genre, figurant un gigantesque char solaire tiré par des chevaux de pierre.

Le temple de Konarak
Initialement édifié en bord de mer, le temple en est séparé par trois kilomètres de dunes accumulées depuis l’époque de sa construction. Après la conquête de l'Orissa par l'empereur moghol Akbar, le temple fut abandonné, son imposante tour centrale – le sikhara – s'effondra et il n'était plus connu que sous le nom de "pagode noire" qui servait de repère aux navigateurs, par opposition au temple de Jagannath de Puri, à quelque trente kilomètres au sud, surnommé "pagode blanche". Ce fut l’intervention de l’Asiatic Society of Bengal qui entraîna, au XIXe siècle, un premier sauvetage de ce trésor du patrimoine indien. On dégagea la jungle qui envahissait le site et l’on redressa les statues les plus remarquables avant qu’une campagne de restauration systématique soit lancée à partir de 1900, à la suite d’une visite sur place de John Woodburn, le gouverneur britannique du Bengale. Le dégagement du sable qui avait peu à peu enseveli les ruines permit d’exhumer les célèbres roues sculptées devenues un symbole de la tradition indienne.

Le char solaire
Le shikara, aujourd'hui disparu, qui devait dépasser 60 mètres de hauteur et le jagamohan coiffé d’un toit adoptant la forme d’une pyramide à degrés et composé de trois parties principales, séparées par des murets en retrait ornés de sculptures, reposent sur une vaste plate-forme de grès doré de quatre mètres de hauteur dont toutes les surfaces latérales sont sculptées. L’ensemble figure un chariot colossal tiré par des chevaux et équipé de vingt-quatre roues hautes de trois mètres, elles-mêmes finement sculptées et comportant huit rayons, ornés chacun d’une scène de la vie quotidienne, d’une scène érotique ou d’une image divine. Face au jagamohan, le nata-mandapa ou « hall de la danse », parfois nommé bhogha-mandapa ou « hall des offrandes » se trouve sur une plate-forme séparée et offre aux regards une multitude foisonnante de sculptures, notamment féminines. La richesse du décor – le temple principal est couvert de statues dans sa totalité, fait en effet une grande part de l’intérêt que revêt le sanctuaire de Konarak. Les thèmes iconographiques peuvent être classés en plusieurs catégories : les dieux, les apsaras ou nymphes célestes, des naga et nagini, des scènes diverses tirées de la vie quotidienne, musiciens, danseuses, des couples amoureux, des femmes à leur toilette, des chasses royales, des animaux – on recense même la présence d’une girafe africaine, tout à fait insolite en ces lieux – enfin de multiples motifs ornementaux géométriques ou floraux. Une inspiration prolifique qui représente l'apogée de l'art de l'Orissa.
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