Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Le temple de Brihadeshvara à Tanjore
Grandiose architecture dravidienne
Au cœur du grenier à riz de l’Inde du Sud, dans le « pays tamil » où l’on parle encore l’ancienne langue dravidienne, s’est développée une des civilisations indiennes les plus originales, en matière religieuse et architecturale. C’est ce dont témoigne, dans la vieille cité de Tanjore, le temple de Brihadeshvara, merveille surgie intacte des siècles de puissance de l’empire des Chola.

L’Empire des Chola

Au cours d’une histoire longue et complexe, la pointe méridionale de la péninsule indienne, appelée le Dravida, ou pays tamoul antique, se fractionne en trois parties : le Trairajya (« Trois-Royaumes ») tamoul. Trois dynasties ou successions de dynasties vont ainsi régner sur ces régions. Le Trairajya comprend le pays et les dynasties Chola au nord-est, le pays et les dynasties Pāndya au sud-est, et le pays et les dynasties Cera à l'est, le futur Kerala. Les débuts de la dynastie sont anciens mais difficiles. Le premier roi Chola connu est Karikal (vers 100). Mais il semble que, dès le IIe siècle, ces premiers Chola aient été éclipsés par les Pandya et les Pallava. Au IXe siècle renaît une deuxième dynastie Chola, qui assied son pouvoir sur Thanjavur/Tanjore, au sud du Coromandel. Ses premiers rois, en guerre contre les dynasties voisines, finissent par les supplanter dans le courant du Xe siècle. L'unité tamoule étant faite, les Chola entament la conquête de Sri Lanka (Ceylan). L'apogée de la puissance Chola est marquée par les règnes de Rajaraja-Deva (985-1014) et de Rajendra Choladeva Ier, son fils (1014-1044). Tous deux sont de grands conquérants. Le premier réunit à son royaume le pays Kerala, de grandes portions du plateau du Karnataka, la totalité de Ceylan et jusqu'aux îles Laquedives et Maldives. Le second étend cet empire au-delà des mers en envoyant des expéditions aux îles Andaman et Nicobar, au Pegu (future Birmanie), en Malaisie et en Indonésie. On peut alors parler d’une véritable thalassocratie Chola. Comme souvent dans l’Histoire, après les décennies de faste, cet empire, trop vaste, ne tarde pas à montrer des signes de faiblesse, et il se désagrège lentement, jusqu’à sa disparition dans le courant du XIIIe siècle.

Le temple de Brihadeshvara

Princes fastueux et puissants, les rois chola furent tous, à leur apogée, de grands bâtisseurs. C’est à Rajaraja-Deva que nous devons le plus fameux des édifices chola, le temple de Brihadeshvara, dont la construction fut rendue possible grâce au butin pris sur un royaume du Nord du Deccan. Il est sans doute le plus beau fleuron de cette architecture qui marque encore profondément le Sud de l’Inde, y compris dans le paysage, avec ses hautes tours pyramidales, gopurams et vimana. Erigé vers l’an mil, le temple allie une surprenante audace dans ses proportions gigantesques à une admirable minutie dans ses détails sculptés. Il semble que les architectes aient atteint là le point d’équilibre subtil qui fait de deux conceptions, a priori antinomiques, un chef-d’œuvre d’élégance. Le temple est constitué de gros blocs de granit, et son plan est complexe. Il s’élève dans une vaste cour, elle même enserrée dans une enceinte plus vaste, séparée du monde extérieur par une imposante muraille, et à laquelle on accède par un très haut gopuram. On parvient à la seconde cour via un second gopuram, plus modeste, veillée par des gardiens dont la stature imposante reflète parfaitement la fonction apotropaïque chargée de repousser les esprits malins. En avant du temple, un pavillon abrite une colossale statue de Nandi, le taureau-monture de Shiva. Taillée dans un seul bloc de granit noir, longue de six mètres et haut de près de quatre, elle semble faite de métal tant les libations quotidiennes des fidèles lui ont lustré la peau. Le temple proprement dit s’articule autour des éléments propres à l’architecture dravidienne. Un grand hall hypostyle, un vestibule et une cella, placée à la base du vimana ou tour-sanctuaire à étage. Haute de près de soixante mètres, elle attire tous les regards, avec ses treize étages en retraits les uns des autres qui forment une sorte de tronc pyramidal, s’élevant (presque) sans fin jusqu’à la pierre monolithique qui la coiffe. Les milliers de statues qui semblent maintenir un équilibre précaire sur ces étroites terrasses sont une invitation à détailler de près celles qui ornent les murs extérieurs du temple, foule compacte, impressionnante réunion où tous les dieux de l’Inde semblent s’être donné rendez-vous dans une cacophonie qui n’est qu’apparente. Voici Ganesh, le plus cher au cœur des Indiens, sympathique éléphant protecteur des foyers. Vishnu et Lakshmi, son épouse. Shiva, sous différents avatars, en qualité de maître des arts puis, plus loin, recevant le Gange dans sa chevelure. Et puis des dizaines de dieux, déesses et émanations divines qui illustrent l’incroyable vitalité du panthéon hindouiste. Ces statues attestent aussi l’habileté quasi prodigieuse des artistes et artisans de cet an mil indien. Par leurs créations, qui leur ont survécu de plus d’un millénaire, ils ont bien mérité de figurer parmi les maîtres de l’art universel. L’UNESCO ne s’y est pas trompée, qui a placé les temples dravidiens au nombre des merveilles à préserver coûte que coûte...
Partir en voyage avec Clio
IN 33 - 14 jours

A la découverte de l’univers exubérant du pays dravidien et de la civilisation tamoule et d’un patrimoine vivant d’une extraordinaire beauté. C'est en ces terres de tradition hindouiste que fleurissent ... Découvrir ce voyage
IN 34 - 18 jours

Un circuit complet dans cette Inde du Sud qui se confond avec le vaste plateau du Deccan en même temps qu'avec l'espace dravidien. L'Inde méridionale séduit par la variété de ses paysages et de ses cultures ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter