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Le palais de Mysore
l'univers des maharajas
Le faste des maharajas
Rolls-Royce aux pare-chocs dorés à l'or fin, thé agrémenté de paillettes d'or, somptueuses parures des turbans, narguilés en or ou en platine et ornés de diamants et de rubis, meubles plaqués d'argent et profusion de pierres précieuses qui atteignent parfois un total de mille carats, chasse au tigre sur un palanquin porté par un éléphant richement caparaçonné : la vie au luxe débridé des maharajas fit rêver des générations depuis les articles de L'Illustration des périodes de l'avant-guerre jusqu'aux romans contemporains ! Ces images cependant ne ressortent pas que de la légende comme en témoignent encore aujourd'hui le Lake Palace d'Udaipur, le palais de Jai Singh II à Jaipur, l'Umaid Bhawan de Jodhpur, mais, surtout, l'exubérant palais du maharaja de Mysore. Après que son palais eut brûlé, le jeune maharaja de Mysore, Krishnaraja IV, n'hésita pas à dépenser plus de quatre millions de roupies (le salaire moyen à cette époque est estimé à environ 5 roupies par mois) pour faire reconstruire son palais dans le style indosarracénique qui faisait flores à l'époque, inspiré à la fois de l’architecture néo-gothique occidentale et de l’architecture traditionnelle hindouiste, moghole et rajpoute. Homme de culture et de progrès, il insista pour que son palais pût être éclairé à l'électricité et, par la même occasion, fit de Mysore et de Bangalore les premières villes d'Asie à posséder l'éclairage électrique, grâce à la construction d'une centrale hydraulique sur les chutes Shivanasamudra. Construction d'hôpitaux, fondation d'universités scientifiques, techniques et médicales, installation de centres artistiques et de musées qui ouvrirent la voie vers une Inde moderne, ne tarirent cependant pas sa fortune, estimée à sa mort, en 1940, à 56 milliards de dollars américains.

Qu'est-ce qu'un maharaja ?
La longue histoire de l'Inde fait alterner quelques périodes d'unification sous une autorité forte et centralisée avec de nombreux épisodes où le pouvoir s'émiettait entre de petits Etats, souvent rivaux. Roitelets, princes et aristocrates terriens gardaient le peuple dans une servitude résignée, prélevaient des taxes souvent exorbitantes et s'arrogeaient le droit exclusif de la justice. Quand l'empire des Grands Moghols connut son apogée sous le règne d'Akbar le Grand, ces potentats locaux furent assujettis au pouvoir impérial et utilisés comme collecteurs d'impôts, un peu comme nos fermiers généraux sous l'Ancien Régime : ils formèrent la classe héréditaire des zamindars, ou « intermédiaires ». Appointés par l'Etat, ils conservaient une partie de leurs droits de justice. Mais, lorsque l'empire moghol commença à se désagréger, un nombre non négligeable de zamindars s'émancipèrent de sa tutelle pour constituer des Etats princiers qui atteignaient encore le nombre de 572 à la veille de l'indépendance. Certains de leurs chefs prirent le nom de maha raja (grand roi), d'autres de raja (roi), de nawab (nabab), de mirza, etc. Depuis le début du XVIe siècle, les puissances occidentales, portugaise puis hollandaise, française et, surtout, anglaise avaient développé avec l'Inde des relations commerciales qui se transformèrent en véritable ingérence quand l'empire moghol entra en déliquescence après la mort de l'empereur Aurangzeb en 1707. La Compagnie anglaise des Indes orientales se substitua progressivement au pouvoir local défaillant, recevant l'allégeance de nombreux Etats princiers, mais il n'en fut pas de même à Mysore !

Tipu Sultan
A l'époque des guerres « carnatiques » qui opposaient nombre d'Etats princiers, le commandant Hyder Ali, qui avait fait ses premières armes sous le commandement de Joseph François Dupleix, parvint, à partir de 1758, à se constituer un royaume autour de Mysore. En 1780, il contrôlait les deux tiers de la péninsule du Deccan, au grand dam des Anglais contre lesquels il entreprit plusieurs campagnes militaires. Son fils, Tipu Sahib, le « tigre de Mysore », réussit même à imposer aux Anglais les termes du traité de Mangalore en 1784. Mais, malgré sa bravoure et l'usage inédit à cette époque de fusées offensives, Tipu Sultan fut défait et tué lors de l'ultime bataille de Srirangapatnam en 1799. Les Anglais installèrent alors sur le trône de Tipu, sous le contrôle d'un résident britannique, un représentant de la famille Odeyar qui avait régné sur Mysore depuis 1399. En 1831, appliquant la « doctrine du lapse », le gouverneur général des Indes, considérant que l'administration du maharaja était désastreuse, le déposa, et l'Angleterre administra directement le Mysore jusqu'en 1881 avant de rendre les honneurs et prérogatives dus à son rang au maharaja Chamorajendra Ier qui était un pur produit de l'éducation britannique. La famille Odeyar resta à la tête de l'Etat princier de Mysore jusqu'à l'indépendance. Pensionnés par l'Etat indien jusqu'en 1971, les maharajas ont cependant souvent investi leurs richesses dans l'économie indienne et continuent à vivre sur un grand train. Couronné le 28 mai 2015, le maharaja actuel de Mysore, Chamaraja Wadiyar XII, vit toujours dans les quartiers privés du palais, tandis que les salles d'apparat sont maintenant ouvertes au public.

Le palais de Mysore
Précédée d'une porte majestueuse et d'une immense place – le Thotti –, la façade du palais déploie ses trois étages de granit gris et ses larges arches surmontées d'une tour de cinq étages et d'un dôme couvert d'or. A l'intérieur, du durbar hall (salle des audiences) à la salle des mariages et aux salles destinées aux cérémonies qui rythmaient la vie publique du maharaja, se déploie une surabondance de richesses, de vitraux, miroirs aux cadres ruisselant d'or, de sculptures chamarrées, mais aussi de magnifiques portes sculptées plaquées d'or ou d'argent massif dans une embrasure de bois de rose incrustée d'ivoire, de sols en délicates mosaïques de marbre et pierres semi-précieuses, de plafonds en acajou... Le palais recèle également une douzaine de temples dédiés à Shiva, Vishnou ou Ganesh. Toujours somptueusement meublées, les salles du palais, devenues musées, présentent aussi des collections d'armes ouvragées, une galerie de portraits de la dynastie Odeyar, une splendide collection de poupées du XIXe siècle, de sculptures indiennes et européennes et un palanquin pour les processions d'éléphants, décoré de 80 kilogrammes d'or, mais peut-être faut-il se laisser séduire par la vision de conte de fées qu'offre le palais le soir, quand il brille de tous ses feux sous un déluge de lumière !
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