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Le mausolée d'Akbar à Sikandra
L'expression de l'idéal indo-persan
La conquête par Babur du sultanat de Delhi en 1526 inaugure une nouvelle ère en Inde du Nord : celle de la dynastie moghole. D'origine ouzbèke, celle-ci fait de son nouveau territoire un empire éclatant qui trouve sa pleine expression artistique avec les réalisations grandioses que sont le Taj Mahal d'Agra ou la Djame Masjid de Delhi. Souverains musulmans, descendants de Tamerlan, leurs réalisations expriment à la fois l'histoire de leurs origines et leur vision d'une société indienne qu'ils souhaitent réformer et unifier. Parmi ces souverains, il en est un dont le nom a été poli par les âges au point de nous être transmis sous la forme de son unique qualificatif : Akbar (1556-1605), « le plus grand ». Sous son règne, l'architecture monumentale traditionnelle est soumise à une forte influence venue d'un autre empire dont le raffinement rayonne jusqu'en Europe : l'empire safavide.

Akbar, conquérant et réformateur de génie

Lorsque Akbar monte sur le trône en 1556, la régence est assurée par Bairam Khan. Avec l'aide de ce dernier, il remporte sa première victoire sur les Afghans du Bihar à Panipat en 1557. Devenu souverain unique de l'Hindoustan en 1560, Akbar se révèle être un chef exceptionnel tant sur le plan militaire que sur le plan de la gestion de l’Etat. De 1573 à 1594, des régions telles que le Cachemire, le Gujarat ou le Bengale tombent sous son autorité. Dès lors à la tête d'un vaste empire, Akbar abandonne l'habit de conquérant pour celui du réformateur. Grand homme d’Etat, il inaugure une politique dont les axes principaux sont les suivants : réforme territoriale et tolérance religieuse. Il divise son empire en quinze districts à la tête desquels sont placés deux administrateurs : un gouverneur militaire, le nawab nazim, et un trésorier, le diwan. Mais ces réformes territoriales ne seraient rien si Akbar n'avait su faire preuve d'une tolérance religieuse hors du commun. Pour unifier son empire, le souverain s'attache à décloisonner la société indienne et initie un grand mouvement de syncrétisme caractérisé par la fin de la prédominance musulmane sur les affaires sociales. Ainsi, il abolit la jiziya, l'impôt des non-musulmans, supprime l'iqta, l'impôt foncier prélevé par les seigneurs locaux, et épouse une princesse hindoue. Il s'entretient régulièrement avec des représentants de nombreuses confessions. Ainsi, hindous, musulmans, chrétiens, juifs, jaïns et bouddhistes sont conviés à débattre en sa présence du fait religieux. Cette dynamique multiconfessionnelle débouche sur un syncrétisme religieux : le Dîn-I-Ilahi. Cette « religion de lumière » constitue l'outil par le biais duquel Akbar tente d'unifier le pays. Cependant, cette extraordinaire tentative se solde par un échec et la domination des musulmans sur les affaires publiques redevient la norme à la mort du souverain en 1605. Ultime manifestation d'une tradition architecturale évoquant la synthèse des religions, le mausolée d'Akbar de Sikandra est un jalon majeur de l'histoire architecturale des Grands Moghols.

Un syncrétisme architectural et religieux

L'histoire retient du règne d'Akbar la construction de nombreux édifices s'inscrivant dans la continuité des réalisations d'Humayoun, son prédécesseur. Construit par un architecte persan, le mausolée d'Humayoun fait figure de modèle pour les réalisations qui lui succèdent. De 1569 à 1574, Akbar fait édifier sa nouvelle capitale de Fatehpur Sikri qu'il abandonne peu après, probablement du fait de la rareté de l'eau. Néanmoins, l'ensemble des procédés et des mélanges de styles qui s'expriment dans la cité désertée constituent la base architecturale sur laquelle est conçu le mausolée d'Akbar à Sikandra. Au centre d'un jardin quadrangulaire figurant le paradis persan, s'élève la résidence funéraire du souverain, achevée par son fils Jahangir en 1613. Soucieux de réaliser la synthèse des traditions locales et musulmanes, le bâtiment allie élégamment différents procédés architecturaux. Outre le plan général, la tradition persane se révèle également à travers la succession d'iwans superposés constituant l'enceinte. A l'image des pishtaks iraniens, les portes monumentales supportent de grands minarets cylindriques. Chef-d’œuvre de l'art persan, la tombe elle-même est un bâtiment de trente mètres de haut coiffé d'une coupole de marbre. Les galeries qui courent le long de l'édifice sont ornées d'arcs et de tourelles évoquant les plus belles réalisations ilkhanides des siècles précédents. Outre l'alternance de marbre blanc et de grès rouge locaux, dômes et claustras, jali et chatri, constituent d'exceptionnelles références à l'identité locale. Le décor incrusté dote l'ensemble d'un rare éclat. L'éternel palais d'Akbar évoque pleinement l'héritage du souverain qu'il abrite : une alliance des peuples et des croyances dont l'écho continue de résonner aujourd'hui au cœur d'un pays plus pluriel que jamais.
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