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Le Gange
le fleuve trois fois sacré
La fascination des fleuves
Parfois terribles, mais souvent généreux, les fleuves furent de tout temps considérés comme source de vie. Les Gaulois honoraient la Seine et la Marne – les déesses Sequana et Matrona –, les Grecs faisaient vivre les naïades sur leurs berges, telle la nymphe Aréthuse poursuivie par l'Alphée de ses assiduités, la Genèse évoque les quatre fleuves qui s'échappent du paradis terrestre et nombre de chrétiens viennent en pèlerinage sur les rives du Jourdain, mais aucune civilisation, aucune mythologie n'a, jusqu'à nos jours, sanctifié des fleuves autant que l'hindouisme. L'Inde compte sept fleuves sacrés, les Apta Sindhu, cités dans les hymnes du Rigveda. A côté de la Saravasti, aujourd'hui asséchée, de l'Indus, de la Kâverî, de la Godâvarî et de la Narmada, les deux fleuves les plus vénérés de l'Inde sont, sans conteste, Le Gange et son affluent, la Yamuna.

De l'Himalaya au golfe du Bengale
Le Gange n'a pas de source à proprement parler, mais résulte de la réunion de cinq torrents issus des glaciers de l'Himalaya. L'un d'entre eux, au pied du Nanda Devi à Gangotri, est l'objet d'intenses pèlerinages. Se frayant un passage à travers les contreforts himalayens, les Siwaliks, le Gange quitte les montagnes à Rishikesh, ville sacrée où Rama fit pénitence après avoir tué le démon Ravana qui avait enlevé son épouse, la belle Sita. C'est à Haridwar que le fleuve débouche dans la plaine, à 300 mètres d'altitude seulement, alors qu'il doit encore parcourir plus de deux mille kilomètres jusqu'à son embouchure. Après avoir arrosé la région de Kampur, le Gange reçoit, à Allahabad, les eaux de la Yamuna, son principal affluent qui a traversé auparavant Delhi et Agra. Après avoir été encore grossi des rivières descendues du Népal, le fleuve pénètre au Bengale où il prend le nom local de Padma avant de se diviser en une multitude de bras, dont la rivière Hoogly qui arrose Calcutta. Son delta commun avec le Brahmapoutre est le plus vaste du monde et frange le golfe du Bengale de l'univers semi-amphibie correspondant à l'immense mangrove des Sundarbans.

Ganga et Shiva
Nombreux sont les mythes qui se rapportent au Gange. Le fleuve est symbolisé par la déesse Ganga, fille de l'apsara Menakha et du roi de l'Himalaya, Himavat, et sœur de Parvati, la parèdre de Shiva. Un autre récit rattache la naissance du Gange au mythe de Vishnou qui, mesurant d'un seul pas la dimension de l'univers, perça de son gros orteil un trou d'où jaillit le fleuve, coloré par le safran rouge dont il avait teinté ses pieds... Mais la légende la plus emblématique est celle qui est représentée sur le célèbre bas-relief taillé dans une falaise de Mahabalipuram : la Descente du Gange. Le Ramyana raconte que Sagar, roi d'Ayodhya, avait effectué cent fois le sacrifice rituel du cheval, l'Ashvamedha, pour remercier le ciel de lui avoir donné soixante mille fils... Mais un cheval s'étant échappé, ses fils partant à sa recherche réveillèrent l'ermite Kapila Mui qui, d'un regard, les réduisit en cendres. Bhagiratha, descendant de Sagar, pratiqua tant l'ascèse pour tenter de donner la paix aux âmes de ses ancêtres qu'il obtint de Brahma de faire descendre du ciel le flot purificateur du Gange. Mais l'impétuosité de Ganga aurait alors détruit toute vie sur la terre. C'est pourquoi Shiva reçut les flots destructeurs dans son chignon durant cent ans, afin de ralentir son cours...

L'eau purificatrice et rédemptrice
Grâce à cette sanctification par le contact avec les trois divinités de la Trimurti, Brahma, Vishnou et Shiva, les flots du Gange sont considérés comme purs et purificateurs et la croyance populaire pare ses eaux de toutes les vertus guérisseuses. Si les scientifiques sont plus que sceptiques sur la valeur thérapeutique de ses eaux, qui comptent parmi les plus polluées du monde, rien n'empêchera jamais les hindous d'y trouver la purification et la régénération de l'âme. La vie des hindous est rythmée par des cérémonies individuelles – les pujas – d'offrandes aux dieux. Dans le cas de Ganga, la puja du matin se déroule sur les vastes escaliers, les ghats, qui bordent les rives du Gange dans pratiquement toutes les villes qu'il traverse. La foule qui se presse en bordure du fleuve pour pratiquer les ablutions purificatrices offre alors le spectacle le plus haut en couleur qui puisse être donné de voir. Au crépuscule, quand la touffeur de la chaleur du jour commence à s'estomper, les fidèles célèbrent encore la cérémonie du soir, l'aarti. Accompagné par les psalmodies des brahmanes, chacun confie au fleuve un petit panier porteur d'une bougie qui suit le fil de l'eau, pour demander à Ganga la paix sur terre par l'union des contraires, le feu et l'eau. Les vertus du Gange ne s'adressent pas qu'aux vivants. Pour un hindou, mourir sur ses rives ou, au moins, y être incinéré et voir ses cendres dispersées dans ses eaux célestes par naissance, divines par essence, est la garantie d'accéder à un meilleur karma dans la future réincarnation.

Villes sacrées et Khumb Melah
Si la totalité du Gange et de ses affluents est vénérée, il est des lieux particulièrement sacrés. Il est certainement inutile de rappeler que Bénarès est la ville sainte par excellence parmi toutes les cités qui jalonnent le fleuve, celle où tout hindou voudrait finir ses jours. La ville sainte de Rishikesh, parfois surnommée « capitale mondiale du yoga » a vu au fil des temps se multiplier les ashram où séjournèrent Mircea Eliade, Lanza del Vasto et... les Beatles ! Mais les festivités les plus spectaculaires sont celles qui se déroulent en alternance tous les trois ans dans quatre villes saintes dont deux sont situées sur le Gange : Haridwar et Allahabad – Prayag pour les hindous. Ces Kumbh Mela se réfèrent au mythe du barattage de la mer de lait au cours duquel tombèrent sur terre quatre gouttes de l'amrita, le nectar d'immortalité. Ces fêtes, déjà décrites au VIIe siècle par le pèlerin chinois Hsüan Tsang, rassemblent des centaines de milliers de personnes, des dizaines de millions pour la grande Kumbh Mela qui se tient à Allahabad tous les douze ans, ce qui en fait probablement le plus grand pèlerinage du monde. Au moment précis déterminé par les astrologues, l'eau du Gange est censée se transformer en amrita et laver des péchés le pèlerin qui s'y baigne, ainsi que ses ascendants sur quatre-vingt-huit générations. Naturellement, le Gange joue aussi un rôle capital dans l'économie de l'Inde du Nord, en particulier pour l'irrigation, mais ceci est une autre histoire...
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