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Fatehpur Sikri
Le rêve d'Akbar
Un empereur implacable
Fils d'Humayun, le second des Grands Moghols, descendant de Tamerlan et se réclamant de la lignée de Gengis Khan, Jalāl-ud-dīn Muhammad Akbar naquit en 1542. Il n'avait que 13 ans lorsque son père, qui venait de reconquérir son trône face à l'usurpateur afghan Sher Shah, le nomma gouverneur du Penjab. Quand Humayun mourut, il avait à peine consolidé son autorité sur la région de Delhi et il fallut au jeune Akbar, aidé de son ministre Bayram Khan, reconquérir ces territoires. La victoire qu'il remporta alors à la bataille de Panipat ne fut que la première d'une longue série.

Petit, mais solidement bâti, capable de chevaucher de longues journées à la tête de ses troupes, Akbar impressionnait par sa personnalité dominatrice. Pas à pas, il étendit son empire, faisant preuve de diplomatie quand il réussit à rallier nombre de ces fiers guerriers qu'étaient les princes rajpoutes, multipliant les alliances matrimoniales, mais impitoyable quand un prince ou une ville lui résistait ou se révoltait. Combien de ses opposants furent décapités, mutilés, énucléés ! A sa mort, en 1605, il dominait toutes les terres de Kandahar au golfe du Bengale et contrôlait le Nord du Deccan et l'Orissa.

Saint Louis, Henri IV et Louis XIV
Akbar était illettré et, cependant, d'une immense intelligence et d'une rare ouverture d'esprit. Doté du génie de l'organisation, il fut parfois comparé à Louis XIV. Il réussit, pour la première fois, à centraliser le pouvoir moghol sur l'ensemble de ses provinces, matant les ambitions de l'aristocratie, conditionnant toute richesse et tout avancement, que ce fût pour les militaires ou les fonctionnaires, à son seul bon vouloir, tenant un subtil équilibre de pouvoir entre les diverses composantes ethniques de son empire, confiant les provinces à l'autorité conjointe et rivale d'un gouverneur militaire, d'un administrateur civil, d'un chef religieux et d'un juriste. Comme Louis XIV, il fit de sa cour un instrument de pouvoir et, cependant, il savait aussi, comme saint Louis, écouter les doléances du peuple, rendre la justice auprès des plus humbles. Enfin, comme Henri IV, il fut l'artisan d'une exceptionnelle tolérance religieuse ouvrant son palais aux sages hindous, aux jésuites, aux zoroastriens. Il leva toutes les restrictions liées à la construction des temples hindous, mais il interdit aussi la pratique de la sati, le sacrifice rituel des veuves hindoues.

Un rêve d'universalisme transcrit dans la pierre
Erudit, mystique et mécène, Akbar fit de sa cour un brillant foyer intellectuel, soutenant savants, poètes, peintres et musiciens. Ce fut à Sikri, sur le lieu même où il avait rencontré un ermite musulman qui lui avait prédit la naissance d'un fils, qu'Akbar décida de faire édifier une capitale digne de sa puissance et qui concrétiserait dans la pierre sa conception du monde.

En 1569, il commença par faire édifier la grande mosquée de grès rouge autour de la tombe de l'ermite Chishti. Cet imposant édifice est précédé d'une porte monumentale – Buland Darwāzah – délicatement sculptée.

Puis il convoqua les architectes et artistes les plus réputés pour construire, sur la crête rocheuse voisine, un palais qui est en fait une petite cité. Toute bâtie de ce grès rouge à grain fin que l'on retrouve aussi dans le fort rouge d'Agra, enclose d'un mur fortifié percé de huit portes monumentales, Fatehpur Sikri était agrémentée de lacs artificiels, d'étangs, de fontaines et de bassins où se reflétaient les pavillons.

De nombreux édifices étaient liés à la fonction de capitale (un hôtel des monnaies – Mint – un caravansérail – karawan saraï). Au centre se trouvait le palais où résidait l'empereur, le Jodha Bai dont le décor est entièrement rajput, et le hall des audiences solennelles, le Diwan i-Am. Un élégant pavillon était réservé à son indéfectible ami Birbal, son grand vizir. Le Panj Mahal, pavillon des femmes de la cour, est d'une facture remarquable où s'allient, sur cinq étages en référence à la cosmologie hindoue, arcs persans et coupoles. Le hall des audiences privées, le Diwan i-Khaz, est une extraordinaire réalisation. De l'extérieur, il semble avoir deux étages, mais à l'intérieur, il ne comporte qu'une vaste salle avec un grand pilier central dont le chapiteau colossal servait de plateforme où Akbar venait écouter les discussions qu'il initiait entre savants de toutes origines. Sur une des vastes esplanades, on trouve même un échiquier géant dont les pièces étaient, dit-on, les concubines de l'empereur...

Un élégant syncrétisme
Akbar, qui dirigea lui-même la construction de Fatehpur Sikri, réussit l'exploit de combiner le génie architectural persan avec les traditions hindouistes et timourides et même des clins d'œil à l'Occident et à la Chine dans un ensemble d'une élégance et d'une unité qui en font le chef-d'œuvre absolu de l'art moghol.

Hélas pour lui, mais heureusement pour nous, Akbar dut abandonner sa cité idéale en 1586, certainement à la suite de l'assèchement de la nappe phréatique, et la ville, restée parfaitement intacte, s'offre encore aujourd'hui à nos regards dans toute sa splendeur.
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