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Ellora
Temples et monastères creusés dans le roc
La naissance de l'art de la pierre
La période la plus ancienne de l’histoire de l’Inde, entre la disparition de la civilisation de l’Indus et l’avènement de la dynastie Maurya, au IVe siècle avant notre ère, ne nous a guère laissé d’autres témoignages architecturaux que les soubassements de stupas exhumés par les archéologues. En effet, les constructions étaient essentiellement réalisées en matériaux périssables, bois, pisé et briques crues.

Au printemps de 326 av. J.-C., Alexandre le Grand franchit l’Indus, mais ses troupes, lassées de tant de conquêtes et nostalgiques de leur patrie d’origine, refusèrent de s’engager plus loin dans un monde inconnu. Alexandre qui rebroussa chemin l’année suivante, laissa cependant derrière lui des garnisons et nomma des satrapes pour gouverner ses conquêtes indiennes. Ce fut ainsi que fut établi le premier contact entre l’hellénisme et « l’indianité ». Grâce à cette rencontre, prolongée durant plus d’un siècle par le maintien d'un royaume hellénistique en Bactriane – la région située au nord de l’actuel Afghanistan –, l’art du travail de la pierre put se répandre en Inde.

La dynastie des Mauryas, fondée vers 322 par Chandragupta, connut son apogée sous les règnes du grand empereur bouddhiste Ashoka (269-232) et de son petit-fils et successeur Dsharatha. Ce furent certainement eux qui firent creuser, dans le flanc des collines de Barabar, dans la région de Gaya, un premier ensemble de grottes devant servir d'abris à des moines bouddhistes. Ces réalisations monolithiques, reprenaient naturellement l'aspect des constructions de bois, tout en intégrant un décor sculpté en pierre selon les techniques apprises des artistes grecs. Au ~IIe siècle, de nouvelles grottes furent excavées non loin de Bombay, dans le flanc des Ghâts occidentaux : les grottes de Karla et de Baja, dont les colonnes sont décorées de sculptures figurant des lions et des éléphants.

L'apogée Gupta
Au début du IVe siècle, le puissant empire de la dynastie Gupta, qui s'étendait de l’Himalaya au fleuve Narmada, vit l'avènement de l'art indien classique. Les sculpteurs avaient alors parfaitement intégré les techniques héritées des Gréco-Bactriens, mais les utilisèrent pour réaliser des œuvres purement indiennes grâce au mécénat des princes, mais aussi des castes marchandes. Le développement des échanges commerciaux s'accompagna de la fécondation de l'art du Nord par l'esthétique plus foisonnante du Sud dravidien. Ce fut dans la région située au nord-ouest de la péninsule du Deccan, le Maharashtra, centre du pouvoir de la dynastie Chalukya entre le VIe et le XIIe siècle, que le creusement de monastères et de temples dans les parois rocheuses vit ses plus belles réalisations et ce fut là que la tradition se maintint le plus longtemps.

Du bouddhisme triomphant à la réaction brahmanique
Au cœur du Maharashtra, à côté des modestes grottes d'Aurangbad et du remarquable ensemble d'Ajanta, c'est le site d'Ellora qui, avec trente-quatre sanctuaires rupestres, offre l'exemple le plus achevé de l'architecture rupestre indienne. Dès le IIe siècle avant notre ère, la falaise basaltique d'Ellora fut entaillée pour creuser des vihara, cellules monastiques, et devenir un lieu de méditation bouddhiste. Si les premières étaient de taille modeste et pratiquement sans décoration, il n'en fut plus de même lorsqu'au VIe siècle vint s'installer à Ellora une communauté bouddhiste mahayana (du grand véhicule). Les techniques de creusement furent améliorées et la décoration devint foisonnante. Au lieu de dégager la cavité en taillant parallèlement à la paroi, les architectes d'Ellora commençaient par ouvrir une cavité horizontale au niveau du futur plafond du temple. Les sculpteurs pouvaient ainsi procéder à sa décoration, sans échafaudages. Le temple était ensuite creusé progressivement vers le bas. Les colonnes réservées dans la pierre étant décorées au fur et à mesure. Réalisée au VIIe siècle, la plus remarquable des grottes bouddhistes, présente une façade ornée de nymphes célestes qui ouvre sur une longue salle hypostyle reposant sur trente piliers octogonaux aux chapiteaux sculptés, reliés par des entablements ornés de frises de musiciens et d'images du Bouddha. Ils supportent une nef nervurée imitant les membrures de bois d'une charpente. Son architecture unique lui valut plus tard le nom de « grotte Vishwakarma » en référence à l'architecte des dieux. Au cœur de cette grotte se trouve une statue colossale de Bouddha flanquée de deux bodhisattvas. Mais cette époque marque aussi le début d'une réaction brahmanique qui conduisit à un recul rapide du bouddhisme en Inde et, à côté de quelques temples jains, la troisième des grandes religions d'origine indienne, ce furent les temples hindous qui marquèrent, entre le VIIIe et le Xe siècle, l'apogée du site d'Ellora.

Le Kailasha
Creusé sous le règne de Ratrakuta Krishna (757-783) et dédié à Shiva, le temple du Kailasha est, par ses dimensions exceptionnelles (81 mètres de profondeur, 33 de largeur et 30 de hauteur pour quatre étages), le plus grand monument monolithique du monde, et son creusement a nécessité l'enlèvement de 200 000 tonnes de basalte ! La façade, taillée en gopuram décoré de deux éléphants monolithes grandeur nature, ouvre sur une cour ouverte puis un pavillon entièrement sculpté dédié au taureau Nandi, le véhicule de Shiva. On accède ensuite au grand mandapa, nef à seize piliers, qui abrite le linga de Shiva. Le mandapa et les chapelles adjacentes sont aussi entièrement décorés de panneaux en relief, sculptés de scènes puisées dans la mythologie hindoue et les grandes épopées fondatrices de Mahabharata et du Ramayana. Le bain de la déesse Laskshmi, la scène de l'ébranlement de la montagne Kailasha par le démon Ravana – qui a donné son nom au temple –, la danse de Kali, déesse de la mort, la descente du Gange sur la terre ou encore les représentations de Harihara, unissant Shiva et Vishnou en une seule forme, comptent parmi les chefs-d’œuvre de la sculpture post-gupta. On peut aussi admirer sur les piliers le Shiva Nataraja – Shiva dans sa danse cosmique – et des mithunas, couples enlacés pleins de grâce et de charme. Enfin, des vestiges de fresques, très effacés, montrent que le style des miniatures indiennes du Gujarat était déjà établi au IXe siècle...
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IN 42 - 15 jours

A côté des célèbres grottes peintes et sculptées d’Ellora et d’Ajanta, vous découvrirez autour de Pune un réseau serré de forteresses témoignant de la résistance des Marathes hindous aux Moghols musulmans. ... Découvrir ce voyage
 

 
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