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L'Inde au-delà du mythe
Bénarès dépasse toutes les images que le voyageur occidental pouvait s'être forgées avant d'avoir visité l'Inde. Chaque instant d'une promenade dans cette cité où la vie semble jaillir en tous points, offre un instantané au-delà du pittoresque : un rickshaw pétaradant qui slalome entre voitures, camions, chariots et bicyclettes avec une incroyable maestria ; une vache étique couchée au milieu d'une artère au trafic frénétique, mâchonnant un morceau de carton ; une autre vache rentrant dans l'étroit couloir d'une maison pour se faire traire avant de retourner pâturer au cœur de la ville ; un vieil homme en haillons ou une jeune femme en sari étincelant aspergeant d'eau pure un linga de pierre polie avant d'y déposer l'offrande de quelques fleurs ; au détour d'une ruelle, un bas-relief de Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, couvert de pigments rouges ; l'inquiétant grésillement qui s'échappe d'un inextricable écheveau de fils entourant un transformateur électrique ; un singe s'accrochant au grillage qui clôt le balcon d'une maison coloniale qui a, depuis longtemps, oublié le temps de sa splendeur...

Le Gange, le soir...
Peut-être est-ce lorsque la touffeur du jour se dissout dans l'apaisement du crépuscule qu'il faut aller découvrir l'âme de Bénarès, le fleuve mille fois saint du Gange. Quand s'éteignent les lueurs du crépuscule et que l'ombre de la nuit s'étend sur le fleuve, des centaines de Banarasi – habitants de Bénarès – s'approchent des ghâts où officient pour l'aarti – la cérémonie du soir – cinq brahmanes vêtus de blanc et de rouge, entourés d'une horde d'enfants qui vendent de petits paniers en forme de corolles tressés de feuilles d'arbre à beurre (mahwa). Depuis la berge, ou à bord d'une barque, chacun y pose alors une petite bougie qui, offerte à la « Mère Gange », apportera la paix sur la terre, par l'union de l'eau et du feu.

... le matin...
Cité à de nombreuses reprises dans les Puranas, le Gange serait la mère des toutes les sources, de tous les fleuves. Descendus du ciel à la demande du roi Bhagiratha pour purifier les cendres de ses soixante mille ancêtres, les flots tumultueux furent assagis par Shiva qui les reçut sur les boucles de sa chevelure... Même chargées de limon, même polluées par l'activité moderne, les eaux du Gange se voient attribuer le pouvoir de purifier tant les corps que les âmes. Chaque matin, quand les temples, les autels et les palais qui bordent les rives du Gange vibrent de tous leurs ocres, jaunes et rouges aux premiers rayons du soleil, une foule se presse le long des ghâts pour la puja du matin, salutation au soleil et bain purificateur. Les hommes en doti, les femmes en saris multicolores, les enfants nus, les sadhus vêtus d'un simple pagne se plongent dans l'eau purificatrice, spectacle unique et inoubliable.

... au-delà du temps
Chaque hindou se doit, s'il cela lui est possible, d'effectuer une fois dans sa vie un pèlerinage à Bénarès. Chaque année, la ville accueille plus d'un million d'entre eux, mais il n'est de plus sûr moyen de voir son karma purifié des péchés de la vie, voire d'atteindre le nirvana, que de mourir et d'être incinéré à Bénarès. Sur le ghât Manikarnika, les bûchers de bois de santal consument jour et nuit les corps des défunts dont les derniers restes mortels seront ensuite confiés au Gange.

Kasi
Bénarès, ou Vanarasi, s'appelait aussi autrefois Kasi. Dès le IIe millénaire avant notre ère, elle était déjà un grand centre religieux et philosophique pour les nouveaux envahisseurs. Capitale du royaume de Kasi au temps où le Bouddha fit son premier prêche tout près de là, à Sarnath, elle reste avant tout la ville de Shiva avec ses innombrables linga, ses centaines de temples dédiés au dieu créateur et destructeur du monde, à sa parèdre Parvati sous la forme de Durga, mais aussi au dieu-singe Hanuman. La grande mosquée édifiée par Auranzeb rappelle aussi la lutte que cet empereur moghol, bien moins tolérant que son arrière-grand-père Akbar, livra à l'hindouisme. Bénarès retrouva tout son prestige au cours de la vice-royauté britannique et reste aujourd'hui le plus grand centre intellectuel de l'hindouisme, tandis que les artisans et artistes perpétuent les traditions millénaires. Mark Twain ne dit-il pas de Bénarès qu'elle est « plus vieille que l'histoire, plus vieille que la tradition et plus vieille même que la légende... » ?
Chronologie de l'Inde
L'Inde
De la tradition à la modernité

Avec une population qui a dépassé le cap du milliard d’habitants et avec son espace quasi-continental (3 287 590 km2), l’Union indienne apparaît d’ores ...
 

 
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