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Orongo
et le culte de l'homme oiseau
Une île perdue au cœur du Pacifique
Que l'on vienne de Tahiti ou du Chili, il faut parcourir quelque 4 000 kilomètres pour atteindre l'île de Pâques. A l'époque de la navigation à vapeur, dix jours étaient nécessaires pour rejoindre cette terre perdue au cœur du Pacifique. Aujourd'hui, cinq heures d'avion suffisent, mais qu'en fut-il de ces Polynésiens qui, à une date imprécise au cours du 1er millénaire, partirent à l'aventure sur leurs frêles pirogues à balancier pour aborder ce bout du monde ? Naturellement, lorsque le voyageur arrive sur l'île de Pâques, son premier souci est d'aller découvrir les célèbres moaï, ces fascinantes statues hiératiques dressées sur des plates-formes de pierre le long de l’océan, taillées dans de gigantesques blocs de lave extraits du Rano Raraku. S'il reste toujours de nombreuses interrogations au sujet des techniques et de l'organisation sociale qui permirent leur réalisation et leur transport ainsi que sur leur signification symbolique – peut-être une forme dérivée du culte des ancêtres tel qu'il est pratiqué en Polynésie? –, il paraît maintenant acquis qu'ils correspondent à une époque qui s'acheva vers le XVe siècle, au cours d'une période de troubles peut-être liée à un déséquilibre écologique et qui déboucha certainement sur une réorganisation politique et sociale. L'édification de nouveaux moaï cessa alors et certains d'entre eux furent même mis à bas. Il semble que l'organisation en clans plus ou moins antagonistes ait ensuite fait place à une communauté plus unie et que se soit établi un consensus symbolisé par le culte du dieu Make Make et la cérémonie de l'homme-oiseau.

Orongo
L'île de Pâques est d'origine volcanique. Dominée par le volcan Terevaka qui couvre la plus grande partie de l'île et culmine à 507 mètres, elle est aussi parsemée d'autres volcans, tous éteints aujourd'hui, dont le Rano Raraku est le plus connu, car c'est de ses flancs que furent extraits les moaï. Au sud-ouest de l'île, près d'Hango Roa, la seule « ville » de l'île, une zone plus basse et plate où est installée aujourd'hui l'aérodrome, isole un autre petit volcan, le Rano Kau. Le fond de son cratère, parfaitement conservé, est maintenant occupé par un étang parsemé, dans une mosaïque de couleurs tendres, d'îlots de roseaux appelés ici totora. Sur la crête ouest, sur une étroite arête entre la pente du cratère et la falaise dominant de 250 mètres l'océan et les trois îlots, Motu Kau Kau, Motu Iti et Motu Nui, les archéologues ont dégagé, en 1974, le site d'Orongo. Le lieu semble avoir été habité dès les périodes les plus anciennes d'occupation humaine de l'île de Pâques, vers l'an 800, et occupé jusqu'au milieu du XIXe siècle. On y trouve les vestiges de plus de cinquante maisons basses en pierre, semi-enterrées et de forme semi-elliptique. Orongo était certainement un village, mais, surtout, un centre cérémoniel.

Les pétroglyphes et les Rongo Rongo
De nombreux rochers et pierres, dans et autour du village, et les parois de grottes sont gravés par incision, piquetage ou sculptés en bas-relief. Comme en Polynésie, ces gravures étaient rehaussées de peinture, généralement rouge, faisant de ces pierres le réceptacle du pouvoir, le mana, le pouvoir des dieux ou des ancêtres. Les représentations les plus fréquentes sont celles d'oiseaux, associées ou non à des silhouettes humaines, de têtes sans corps, de masques aux yeux protubérants, de poissons, de tortues, de plantes, représentant majoritairement une alternance d'oiseaux, de poissons ainsi que de nombreux pénis et vulves. Jusqu'aux années soixante poussaient encore naturellement sur les flancs du Rano Kao, des sophoras toromiro, endémiques de l'île de Pâques, dont le bois servit, selon la tradition, à confectionner les tablettes Rongo-Rongo, retrouvées à Orongo, qui présentent des signes symboliques – écriture ou signes mnémotechniques ? – non déchiffrés à ce jour, ainsi qu'une iconographie semblable à celle des pétroglyphes, avec la répétition de la suite oiseau-pénis-poisson-vulve-humain. Il semblerait que cette suite soit à rapprocher des légendes polynésiennes selon lesquelles les hommes descendraient de l'union d'un oiseau et d'un poisson.

Des moaï à Make Make
Ces représentations, jointes aux témoignages des premiers navigateurs qui abordèrent l'île de Pâques au XVIIIe siècle, permettent d'essayer de retracer l'évolution des rites pascuans. Il semble qu'au début du XVIe siècle, une caste guerrière, les matato'a, imposa le culte du dieu Make Make au corps humain et à la tête de sterne, évinçant ainsi du pouvoir la caste des prêtres. La légende dit que ce dieu apporta sur l'île un œuf d'où sont éclos les hommes. Une statue, un moaï, Hoa Hakananai'a (la « briseuse de vagues »), sculpté dans un basalte très dur, retrouvé dans une des maisons d'Orongo, illustre bien cette transition. Aujourd'hui au British Museum, ce moaï comporte, gravé au dos, une représentation des cérémonies de l'homme-oiseau.

L'homme-oiseau
La nouvelle organisation politique de l'île fut donc centrée sur le rite annuel qui désignait l'homme ou le clan qui allait arbitrer la répartition des ressources de l'île durant un an. Chaque clan désignait un hapu, jeune homme le représentant. Ces hapu devaient sauter dans l'océan depuis une falaise, nager en s'aidant d'un radeau de totora, vers l'îlot Motu Nui, à un kilomètre de la côte, prouvant ainsi leur valeur et leur courage. Celui qui rapportait intact le premier œuf de mahoké – le sterne noir – passait pour avoir été choisi par Make Make lui-même. Il remettait l'œuf au chef de son clan au crâne rasé et peint en rouge et blanc. Le vainqueur de cette dangereuse épreuve devenait sacré et recevait pour un an la dignité de Tangata manu, « homme-oiseau », garant du nouvel ordre social. Durant cette année, son clan avait le droit exclusif de récolter les œufs sur l'îlot Motu Nui. La quasi-totalité des habitants de l'île assistait à ce rite capital qui persista jusqu'à l'arrivée des missionnaires catholiques français en 1866, mais il avait déjà perdu de son importance après qu'entre 1859 et 1863, les Péruviens déportèrent sur les îles à guano de la côte péruvienne et réduisirent en esclavage plus de la moitié de la population. Aucun des prêtres ni initiés ne survécut : le dieu Make Make et l'homme-oiseau ne furent plus alors que légendes mortes.
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