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Paros
Morceau de marbre dans les Cyclades
Les plus grands sculpteurs grecs ont travaillé son marbre, au grain d'une finesse et d'un éclat exceptionnels. Si, aujourd'hui, les carrières ne sont plus exploitées, Paros a d'autres arguments à faire valoir pour rester une des plus séduisantes des îles de Grèce. Sa capitale et ses villages de pêcheurs sont aussi éclatants qu'il convient à une architecture cycladique : vastes monastères et modestes églises rappellent l'attachement des îliens aux traditions religieuses, le soleil dispense avec prodigalité une lumière qui accentue les irisations de la mer. Le cocktail parfait d'un séjour alliant Histoire et détente...

Idoles néolithiques

Les fouilles l'ont révélé : dès les âges néolithiques (Ve millénaire), Paros voit les hommes s'organiser en communautés structurées, adorant les fameuses idoles en forme de violon, ancêtres des statuettes cycladiques. L'île profite de sa remarquable situation centrale et de ses ports bien abrités et devient un relais indispensable aux flottes minoennes puis mycéniennes qui parcourent la mer Egée, tissant des liens puissants entre la Grèce continentale et le monde oriental en plein développement. Au Ier millénaire, Paros devient une des maîtresses de la région, fonde des colonies à Thasos, mais doit aussi faire face à l'ambition de sa voisine, Naxos, qui finit par prendre le dessus, Paros ayant choisi le parti de Sparte et donc des Perses lors des guerres médiques. Elle entre alors dans l'orbite athénienne, puis macédonienne et, enfin, lagide. Le christianisme s'y impose rapidement. Il en reste le splendide ensemble de Katapoliani qui remonte au VIe siècle. Les temps de l'indépendance sont pourtant révolus. Comme toute l'Egée, l'île passe sous domination franque au XIIIe siècle, avant que les Vénitiens, soucieux d'établir des relais propices à leur commerce, n'y impriment leur marque. La domination ottomane est vécue avec indifférence, les sultans exigeant seulement des impôts finalement assez supportables. Un temps convoitée par les Russes qui cherchent toujours leur voie vers la Méditerranée, l'île est finalement rattachée au royaume de Grèce, devenu indépendant au début du XIXe siècle.

Parikia et « l'église aux cent portes »

La petite capitale de Paros apparaît comme une parfaite carte postale des Cyclades. Un front de mer animé par le marché aux poissons et les terrasses de cafés et de restaurants qui ne laissent pas deviner, à qui n'est pas curieux, la tranquillité du vieux village dissimulant derrière cette façade un lacis de ruelles étroites, soigneusement balayées, serpentant entre les façades blanchies à la chaux de maisons traditionnelles. Tout en haut, un kastro franc a pris le relais du temple antique dédié à Déméter. La merveille de Parikia reste pourtant l'église d'Ekatontapyliani, un des plus anciens sanctuaires chrétiens encore debout en Grèce. Si l'essentiel du bâtiment remonte à Justinien (milieu du VIe siècle), rien n'empêche de croire, comme l'ont montré quelques vestiges plus anciens, à la légende d'une fondation voulue par Hélène, la mère de Constantin, en route vers la Terre Sainte. Sobre à l'extérieur, l'église révèle un intérieur d'une grande harmonie. On y trouve déjà tous les éléments architecturaux constitutifs de l'architecture byzantine : un plan centré sur coupole aux trompes ornées de séraphins, une fine iconostase de pierre portant des icônes d'argent, un synthronon de marbre, estrade semi-circulaire où prenaient place les membres du clergé, un splendide ciborium que soutiennent quatre colonnes antiques. Une chapelle latérale donne accès au baptistère dont le bassin, en forme de croix grecque creusée dans le sol, rappelle que, dans ces temps encore premiers de l'installation du christianisme, les baptêmes se faisaient par immersion, le prêtre répétant à l'identique le geste du Baptiste dans le Jourdain.

Naoussa

Au fond d'une petite baie aux eaux cristallines, Naoussa est le plus photogénique des villages de Paros. Les caïques colorés des pêcheurs dansent au rythme lent des vaguelettes. Le produit de la pêche est cuisiné de mille façons dans les cuisines des restaurants qui alignent sur le quai leurs tables nappées de blanc. Un vieux fort vénitien rappelle que le village a dû par le passé se protéger des pirates qui infestaient l'Egée, tandis que les ruelles tracées le plus souvent parallèlement à la mer évoquent une autre protection, celle contre le vent, le sournois meltem venu d'Afrique pour réchauffer la terre et, parfois, soulever la mer. D'autres villages, d'autres monastères ponctuent l'intérieur de l'île, suffisamment vaste pour qu'on oublie quelques instants la mer en s'enfonçant dans ses forêts, sous la protection de Profitis Helias, le saint qui règne en maître sur la plupart des sommets de Grèce. Mais l'attrait du littoral est si fort que, bien vite, de petits ports en criques désertes, on revient vers Parikia pour une dernière promenade, avant que le bateau, en s'éloignant lentement du quai, n'offre une ultime vision de Paros, forcément rutilante sous sa parure de marbre.
 

 
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