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Mycènes et Tirynthe
Les roches dorées d'Agamemnon
Des eucalyptus bordent sans discontinuer la route qui conduit à Mycènes. C'est à peine si se distinguent les murs de l'acropole où régnèrent les Atrides, tant leurs blocs cyclopéens se confondent avec la roche nue des collines arides qui la dominent. Avec sa voisine Tirynthe, dont les formidables murailles défient toujours le temps, Mycènes est une réalité exceptionnelle, celle d'une civilisation qui atteignit son apogée il y a 3 500 ans, au moment où les aristocraties du Péloponnèse établirent une prépondérance politique, commerciale et économique sans conteste sur le monde méditerranéen.

Mycènes « riche en or »
En août 1876, l'archéologue allemand Heinrich Schliemann, le célèbre découvreur de Troie, abandonne pour un temps sa chère Ilion pour explorer les murs à moitié enfouis de Mycènes. Peu à peu, son équipe de soixante ouvriers met au jour la Mycènes « polycrysos » (« riche en or »), pour reprendre l'expression d'Homère. Ses habitants sont des Indo-Européens, arrivés en Grèce à la fin du troisième millénaire. Leur langue, très proche des futurs dialectes grecs, est connue par des tablettes d'argile rédigées en Linéaire B, lointain archétype des alphabets ultérieurs. La civilisation mycénienne s'épanouit entre les XVIe et XIIe siècles av. J.-C. Des centres, parfois modestes, sont construits sur les acropoles naturelles, près d'une plaine fertile, et jamais très loin de la mer. Ils se développent sous l'autorité d'un souverain, le « wanax », qui règne sur une société très hiérarchisée où le pouvoir des familles aristocratiques repose sur la possession des terres et des armes. Les Mycéniens maîtrisent aussi très tôt une marine marchande qui leur permet d'exporter leurs produits sur tout le pourtour méditerranéen, de la péninsule ibérique aux côtes de Palestine.

Du colossal au raffinement
Deux enceintes fortifiées couronnent l'acropole de Mycènes. Erigées tantôt en technique polygonales cyclopéennes, tantôt en appareil pseudo-isodomique constitué de rangées presque régulières de blocs parallélépipédiques, elles donnent accès au cœur de la cité par deux accès. Le principal est la grandiose « porte des Lionnes » (ou des Lions, la polémique subsiste...), emblème de Mycènes. Dans le triangle de décharge surmontant le linteau, un colossal monolithe est orné de deux fauves affrontés de part et d'autre d'une colonne, image de force et d'audace.
Durant la dernière phase de croissance de la ville, le cercle des tombes royales – dit « cercle A » – est englobé à l'intérieur de l'enceinte. C'est sur cette esplanade que Schliemann découvre, presque intactes, six tombes à fosse. Elles renferment quantité d'objets en or, en argent et en bronze que l'archéologue attribue, de façon fantaisiste, à Agamemnon (le célèbre masque funéraire en or) et aux autres protagonistes de la tragédie des Atrides telle que décrite dans la célèbre Orestie d'Eschyle.
A côté des tombes à puits du « cercle A », on voit se développer, à partir du XVe siècle, un autre type de tombes dites « à tholos » ou « à fausse coupole ». Probablement nées d'un modèle crétois, c'est à Mycènes qu'elles connaissent leurs plus belles réalisations. Le fameux « Trésor d'Atrée » se présente comme un couloir ou dromos, bordé de parois composées de gros blocs disposés en files régulières, qui mène à une haute façade monumentale (5 m de haut) au linteau surmonté d'un imposant triangle de décharge. A l'intérieur, une grande salle circulaire de près de 15 mètres de diamètre et de 13 mètres de haut est constituée de rangées concentriques de blocs, parfaitement taillés pour épouser la courbure d'une fausse coupole, qui se superposent en encorbellement jusqu'à la dalle-clé qui scelle la structure. Un superbe travail d'architecte, que devait rehausser des stucs peints et un décor d'appliques murales en bronze. Mycènes veille à ce que ses défunts jouissent dans leur éternité du même luxe auquel leur vie terrestre les a habitués !


Tirynthe, une architecture de cyclope
L'exemple le plus imposant de fortifications cyclopéennes est la muraille de Tirynthe qui remonte à 1250 av. J.-C. Les courtines extérieures atteignent une épaisseur de 8 mètres. Pourvues de poternes et d'une unique porte scée, d'importation phrygienne, elles enserrent le palais royal, centré sur la grande salle du trône ou megaron. Cette pièce de réception officielle est caractérisée, comme à Mycènes, par un grand foyer central situé entre quatre colonnes de bois supportant une corniche basse et le toit. Des fresques et des peintures de couleurs vives rehaussent le tout. Le palais comprend une salle de bains, diverses pièces de service et un formidable système de galeries défensives couvertes, les « casemates ». Celles-ci ne sont pas creusées dans le sol mais sont, en fait, un faux voûtement en arc, obtenu par la superposition de gros blocs en encorbellement progressif, jusqu'à ce que les deux côtés se rejoignent au sommet de la « voûte », équilibrant les poussées. Ce système a garantit pendant des siècles la sûreté et l'approvisionnement de la cité, à l'abri de la vue des éventuels assiégeants.

Mycènes et Tirynthe, détruites brusquement au XIIe siècle av. J.-C. par les invasions doriennes, ne furent jamais reconstruites. Une chance pour nous qui pouvons aujourd'hui les découvrir presque telles qu'elles furent en leurs jours de splendeur. Leur rendre visite, c'est effectuer un formidable voyage dans le temps, à cette époque où elles étaient les puissantes cités que la mythologie associa à des personnages fascinants qui ont pris place parmi les grandes figures littéraires de l'humanité.
Pour visiter Mycènes et Tirynthe avec Clio
GR 31 - 11 jours

Terre de contrastes où l’extrêmité méridionale de la péninsule balkanique réalise, sur ses côtes échancrées et superbes, un somptueux rendez-vous avec les eaux bleues de l’Egée, la Grèce, qui a vu fleurir ... Découvrir ce voyage
 

 
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