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Les Météores
Sur le chemin du ciel
Les monastères dans le ciel
Au cœur de la Thessalie, en contrebas des monts du Pinde, la région de Kalambaka offre de curieuses formations géologiques, impressionnantes colonnes monolithiques, de plusieurs centaines de mètres au-dessus de la vallée du Pinios. Ces pics furent dégagés par l'érosion dans les formations de grès et de poudingue nées de la consolidation de sédiments fluviatiles de l'ère tertiaire qui furent ensuite soulevés le long d'un jeu de failles pour former un massif montagneux. L'érosion dégagea ensuite la majeure partie de ces sédiments, ne laissant en relief que les zones les plus résistantes, à moins que, comme le disent les légendes locales, ce ne fût Dieu qui décida de planter là des colonnes de pierre pour montrer aux hommes le chemin du ciel...
Après la bataille de Navarin puis celle de Missolonghi et l'expédition française de Morée, la Grèce échappait à l'emprise ottomane en 1829. Dès lors, sur les traces de Byron, de nombreux jeunes Européens inclurent la Grèce dans leur « grand tour » et ne manquèrent pas de s'émerveiller devant les monastères perchés au sommet de ces pics inaccessibles. Et, de fait, on ne pouvait, jusqu'à une époque récente, y accéder qu'en empruntant d'étroites corniches taillées dans le roc et en grimpant une immense échelle qui pouvait être retirée en cas de danger, ou hissé par les moines, dans un filet ou un panier, suspendu à une corde, au-dessus du vide !

Cénobites ou hésychastes ?
L'histoire des monastères des Météores remonte à un millénaire. Aux environs de l'an Mil, des ermites trouvèrent dans ce paysage de pics rocheux, l'isolement qu'ils recherchaient et la sensation de s'élever vers le ciel, un peu à l'image des stylites qui s'étaient multipliés au Proche-Orient aux Ve et VIe siècles. Les premiers siècles du monachisme ont été marqués par la défiance des autorités religieuses vis-à-vis des ermites que leurs « illuminations » menaient souvent sur les sentiers de l'hérésie. C'est pourquoi, très rapidement, afin d'assurer à ces saints hommes la présence d'un directeur spirituel, l'Eglise orthodoxe encouragea la création d'un skite, rassemblement informel d'ermites autour d'un maître spirituel et la fondation d'un monastère, au pied du « piton de Diouphani », pour les inciter à adopter le cénobitisme, c'est-à-dire la vie communautaire. Au XIVe siècle, après bien des controverses, l'Eglise orthodoxe reconnut, lors du concile des Blachernes de 1351, l'hésychasme, ce courant ascético-mystique aux pratiques très codifiées. Ce fut alors qu'Athanasios Koinovitis, disciple de Grégoire le Sinaïte et fervent hésychaste, quitta le mont Athos qui était trop souvent victime des razzias turques, et s'installa à Kalambaka.

Les Météores
Cherchant à fuir l'agitation du village, Athanase entreprit l'ascension du plathy lithos, « la grosse pierre » et, à son sommet, installa son ermitage dans une anfractuosité du rocher, avant d'y bâtir un petit monastère qui accueillit alors quatorze moines. Le « Grand Météore » était né et fut suivi, grâce, entre autres, à la présence en ses murs de Jean Ourassis Comnène, héritier du roi de Serbie qui renonça au trône pour devenir l'ermite Joasaph, de vingt-quatre autres monastères, dont six subsistent aujourd'hui. Lorsque les Ottomans conquirent la Grèce en 1453, ils laissèrent les constructions se poursuivre librement et ne portèrent pas atteinte aux moines. Ceux-ci donnèrent même refuge aux combattants grecs lors de la guerre d'Indépendance au XIXe siècle.

Un conservatoire d'art byzantin
Le monastère de Grand Météore devint rapidement le plus riche de toute la région, mais la communauté monastique vivant dans la pauvreté la plus stricte, elle se servit de ces richesses pour édifier l'église de la Transfiguration, la faire décorer, en 1483, de peintures de l'école macédonienne et acquérir de magnifiques icônes telles que celles de saint Thomas et celle de la Vierge à l'Enfant qui ornent toujours son église. Le monastère de Varlaam, fondé au XVIe siècle, comporte une chapelle dédiée à tous les saints qui fut remarquablement décorée de fresques par Yiorgios Sakellarios, son frère Phrangos et Frango Catellano, tous originaires de Thèbes : la Crucifixion et le Jugement dernier que ce dernier réalisa entre 1548 et 1566 comptent parmi les chefs-d'œuvre de l'art post-byzantin. Saint-Nicolas, le plus spectaculaire avec ses trois étages au sommet d'un pic acéré, fut décoré par Théophane le Crétois au XVIe siècle. En 1333, l'empereur Andronic put certainement admirer les fresques d'Aghios Stefanos – saint Etienne. Son trésor réside cependant dans sa bibliothèque – qui possède un incunable des œuvres d'Aristote de 1498 –, moins riche cependant que ne l'était celle du monastère Aghia Trias – Sainte-Trinité – avant son pillage par les nazis. Mais ce monastère est le seul à avoir conservé aujourd'hui son monte-charge, offert à la curiosité des voyageurs recherchant l'image traditionnelle des Météores...
Pour visiter les Météores avec Clio
GR 31 - 11 jours

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