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Le monastère de Saint-Jean à Patmos
La Jérusalem de la mer Egée
En abordant l'île de Patmos, au nord de l'archipel du Dodécanèse, on distingue de loin en mer l'impressionnante silhouette d'un monastère aux allures de forteresse dont les hautes murailles de pierre contrastent avec la blancheur éclatante des maisons de la ville de Chora blottie à ses pieds. Il s'agit du monastère Saint-Jean-le-Théologien, inscrit depuis 1999 au patrimoine mondial par l'UNESCO pour sa riche histoire, son importance religieuse et son patrimoine artistique.

L'île de saint Jean

C'est à saint Jean que l'île doit son titre de « Jérusalem de la mer Egée » : son histoire et son rayonnement sont en effet indéfectiblement liés au monastère qui lui est dédié. Cette histoire commence en l'an 95. Après l'Ascension du Christ, ses apôtres sont partis « enseigner les nations ». A Jean échut l'évangélisation de l'Asie Mineure. Mais alors qu'il résidait à Ephèse, le proconsul, contrarié par son influence croissante, le fit arrêter et conduire à Rome. Il échappa miraculeusement au martyre, mais il fut exilé par l'empereur Domitien sur l'île de Patmos, dont les Romains ont fait un lieu de déportation. C'est là que, dans la grotte lui servant de toit, l'apôtre reçut la vision de l'Apocalypse dont il entame ainsi le récit : « Moi Jean […], j'ai été dans l'île appelée Patmos à cause de la parole de Dieu et pour avoir rendu témoignage à Jésus. Un jour de dimanche, je fus ravi en esprit et j'entendis derrière moi une voix forte comme le son d'une trompette, qui disait : "Ecris dans un livre ce que tu vois et envoie-le aux sept Eglises qui sont en Asie." » Il dicta donc à son disciple Prochoros ce qui devait être le dernier des vingt-sept livres du Nouveau Testament. Localisée à proximité de Chora, la grotte de l'Apocalypse constitue aujourd'hui le sous-sol d'un petit monastère.

La création d'un « laboratoire de vertu »

Jusqu'au milieu du Xe siècle, l’île connut des situations variées : bénéfice de la Paix de l'Empire, puis chaos suite à l'invasion musulmane en Méditerranée avec, jusqu'en 1088, quantité de pillages et d'incursions pirates. A cette date, l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène céda l'île au moine grec Christodoulos, abbé de Latros en Asie Mineure, pour qu'il y fondât un « laboratoire de vertu », selon les termes de la chrysobulle actant le don impérial. Tout naturellement, Christodoulos dédia à « saint Jean le Théologien » le monastère qu'il bâtit sur les ruines d'un ancien temple d'Artémis. Au fil des années, le complexe religieux s'agrandit et se dota de murailles pour assurer la protection et la défense des habitants, et l'inlassable effort des moines entraîna l'essor économique et spirituel de l'île en dépit des menaces turques ou vénitiennes et des ravages perpétrés par les pirates.

Un foisonnement artistique

A l'abri de ses austères remparts, le monastère déploie un enchevêtrement de petits bâtiments blanchis à la chaux, de cours et de vestibules, de balcons et d'arcades, de coupoles et de terrasses, résultat d'un long processus d'accumulation qui n’altéra pourtant jamais l'harmonie des lieux. Au cœur de ce complexe, le catholicon – ou église principale – est contemporain de Christodoulos et se distingue par l'abondance de ses fresques, sculptures et dorures, mais surtout par son exonarthex ouvert en arcades dont les peintures mettent en scène les voyages et miracles de saint Jean. Pour des raisons de prestige, une chapelle distincte, mais aux décorations tout aussi somptueuses, abrite dans une châsse la dépouille du moine fondateur. Les bâtiments se sont multipliés pour loger les 1 700 moines que la communauté monastique réunissait à son apogée. Tous ne furent cependant pas construits par nécessité et la juxtaposition de dix chapelles s’explique aussi par la volonté de certains donateurs d'offrir un cadeau de prix au monastère, dont les murs sont, depuis, gravés de leurs noms. La réalisation de l'édifice a été inspirée par le style architectural particulier qui naquit à Rhodes en imitation du gothique tardif apporté par les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et caractérisé notamment par l’utilisation de voûtes à nervures, de cimaises, d’arcs brisés et de créneaux simples ou fourchus, auxquels s’ajoutent des éléments turcs tels que les rosaces et rangs de stalactites. La décoration intérieure, datant essentiellement du XVIIe siècle, est, quant à elle, majoritairement influencée par le style post-byzantin venu de Venise par le biais de la Crète. Mais, dans le réfectoire et la chapelle dédiée à la Vierge, la Panagia, les fresques font exception par leur ancienneté d’abord, puisqu’elles remontent au XIIe siècle, mais surtout par leur découverte en 1956 au hasard d’un tremblement de terre qui les fit apparaître en craquelant les murs. Outre leur intérêt artistique, ces fresques dessinent avec précision les relations étroites que Patmos entretenait avec Constantinople et Jérusalem, et réaffirment visuellement les principes de la foi orthodoxe.

Un phare de l’orthodoxie

Durant l'occupation ottomane de l'île de 1537 à 1911, l'influence du monastère ne faiblit pas. Sa bibliothèque, riche de plusieurs centaines de manuscrits, abrite des écrits des Pères de l’Eglise, des empereurs et des papes, des rois d’Espagne et des empereurs allemands, des décrets des doges et des lettres de sultans turcs, preuves de l'étendue de son rayonnement. Mais son trésor est incontestablement le Codex Purpureus, copie de l’évangile de saint Marc inscrit en lettres d’argent sur un parchemin pourpre : l’un des plus anciens manuscrits enluminés connus au monde. Sur de si riches supports s’est fondée en 1713 une école de théologie renommée dans tout l’archipel, grâce à laquelle Saint-Jean-Le-Théologien reste aujourd'hui, malgré le déclin de son activité monastique, un phare de l'orthodoxie au cœur de la mer Egée.
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GR 98 - 10 jours

Surgies des eaux de la mer Egée au sud-ouest de l’Asie Mineure, les îles du Dodécanèse – les douze îles – ont été l’un des fleurons de la civilisation hellénique. Occupées dès l’âge du bronze, elles furent ... Découvrir ce voyage
 

 
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