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L'Akrotiri de Santorin
ou l'Atlantide retrouvée
Le mythe platonicien de l’Atlantide

En évoquant l’Atlantide dans le Critias et le Timée, Platon a donné naissance à un mythe dont le pouvoir de fascination demeure toujours aussi puissant et qui a suscité une multitude de commentaires passionnés, d’interprétations audacieuses ou d’actualisations marquées par l'idéologie. Le philosophe nous présente une sorte de paradis perdu, une cité idéale tragiquement anéantie, une île fabuleuse, bénie par la nature et dotée de richesses exceptionnelles. Un jardin d’Eden où les hommes vivent en un âge d'or perpétuel, des seuls produits de son sol, tout en bénéficiant d'une organisation politique équilibrée. Désireux d’accroître leurs richesses par le commerce et d’étendre leur territoire par la conquête, les Atlantes devinrent un peuple de marchands et de marins gagnés par l'esprit de lucre, prompt à succomber aux tentations de la démesure. La vertu ne pouvant résister à leur avidité, les dieux sanctionnèrent leur orgueil et, « en l’espace d’un seul jour et d’une nuit terribles, toute la population fut engloutie d’un seul coup et l’Atlantide s’abîma dans la mer ».
Ce mythe, conçu par Platon comme un avertissement salutaire et prémonitoire lancé à l’Athènes du IVe siècle, devenue puissance maritime, devint une sorte de miroir des aspirations et des craintes de la période qui l'a vu naître, mais rencontra aussi un puissant écho au cours des siècles qui suivirent.

Akrotiri, la Pompéi minoenne

C'est en cherchant à donner une consistance historique au mythe platonicien, qu’un archéologue grec, Spyridon Marinatos, a proposé d'identifier dans l'île égéenne de Théra la terre correspondant à l’Atlantide disparue. L’île, désignée aujourd'hui sous le nom de Santorin ̶ qui nous rappelle qu'elle connut la domination vénitienne ̶ , est considérée comme la « perle des Cyclades ». Sa forme correspond à la caldeira, le cratère d'effondrement d'un gigantesque volcan dont les versants rougeoyants dominent les abysses marins, comme l’antique Stongylé, anéantie par la terrible éruption de son volcan en 1680 avant J.-C. En 1967, Marinatos fit à Akrotiri, au sud de l’île ̶ en ramenant au jour une ville du deuxième millénaire avant J.-C. ̶ une découverte qui bouleversa le monde de l'archéologie. Une cité préservée sous les couches de cendre que son exceptionnel état de conservation et l’abondance de ses peintures murales ont fait surnommer « la Pompéi minoenne ».
On se promène aujourd’hui, depuis la toute récente réouverture du site, dans un centre urbain de l’âge du bronze. On y déambule de place en place dans des ruelles pavées, pourvues d’un système d’évacuation des eaux usées. De part et d’autre des bâtiments à deux ou trois étages, aux murs en pierre de taille ou en torchis renforcé par une armature de bois, des boutiques, des ateliers, des moulins, des lieux de stockage aux pithoi impressionnants occupent les rez-de-chaussée. Des escaliers de pierre conduisent aux appartements des étages, aux larges baies ouvrant sur la rue, avec des salles de bain et des pièces somptueusement ornées, aux murs recouverts de fresques, conservées et exposées aujourd’hui pour la plupart dans l’exceptionnel musée de Théra.

L’Atlantide retrouvé

La fouille révèle l’aisance d’une société prospère. Seule une communauté libérée des contraintes d’une économie de subsistance était capable d’entretenir autant d’artistes peintres et autant d’orfèvres. S’adonnant à la navigation et au commerce (laine, huile d’olive…), pratiquant une économie de transformation (innombrables métiers à tisser et ateliers de teinture), Akrotiri bénéficiait de sa position privilégiée sur les grandes routes maritimes. L’absence de fortifications et de constructions à usage militaire semble indiquer que nous avons affaire à une thalassocratie plutôt pacifique. Comment ne pas penser dès lors à l’Atlantide évoquée par Platon, avec ses anneaux concentriques de mer et de terre, sa superbe architecture urbaine, son haut degré de civilisation, mais aussi son désir d’accroître ses richesses par le commerce. Une thalassocratie correspondant aussi à un impérialisme maritime, dans lequel Platon voit la cause de la sanction divine, l’engloutissement dans les abîmes de la mer.
La visite d’Akrotiri exerce le même pouvoir de fascination que la lecture du mythe de l’Atlantide. Elle permet, à la faveur d'une promenade, de rêver, aspiration ancestrale, à une patrie plus heureuse, à une cité idéale, symbole d’un âge d’or ou d’un paradis que les hommes, du fait de leur impéritie ou de leur « hybris », ont perdu à jamais.
 

 
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