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William Turner
Le peintre de la lumière
Joseph Mallord William Turner vit le jour à Londres en 1775. Très tôt, il prit l'habitude de parcourir la campagne avec son cahier de croquis, marchant jusqu’à plus de quarante kilomètres par jour. Son père remarqua son talent et l’inscrivit à la prestigieuse école de peinture de la Royal Academy, alors qu’il n'était âgé que de quinze ans. Les premières recherches de Turner le conduisirent vers l’aquarelle et vers la gravure mais, bientôt, il se consacra à la peinture à l’huile, qu’il mena progressivement aux limites de l’impressionnisme.

Les débuts romantiques du peintre voyageur
L’œuvre du jeune William Turner s’inscrit dans la tradition de la peinture de paysages réaliste. Il choisit ses sujets dans la campagne anglaise qu’il parcourt inlassablement, à la recherche de lieux bucoliques. Les influences de Nicolas Poussin (1594-1665) et, plus encore, de Claude Gellée dit « Le Lorrain » (1600-1682), auxquels il voue une profonde admiration, sont déjà perceptibles dans ses toiles de jeunesse. En parallèle, Turner conduit ses propres recherches formelles, selon une conception plus lyrique et davantage libérée du paysage. Son talent lui fera connaître très jeune le succès et il jouira d'une immense réputation qui le conduira à être élu académicien. Au tournant du siècle, alors qu’il a moins de trente ans, de nouveaux horizons vont s’offrir à lui, le conduisant à développer la singularité de son style.
En 1802, la paix d’Amiens sonne en effet la fin des guerres du Consulat, lui offrant la possibilité de voyager librement sur le continent. Le peintre sillonne la France, Calais et Paris d’abord, puis les Alpes et la Suisse. Les montagnes, avec leurs massifs rocheux et leurs neiges éternelles, sont un véritable choc esthétique pour le peintre britannique. Les gorges, les précipices et les torrents, la force de la nature, l’impressionnent fortement. Sa peinture montre alors une grande facilité à exprimer, selon les préceptes du romantisme anglais, les sentiments qui découlent de la contemplation de tels paysages. Dans une toile comme Le Col du Saint-Gothard, il fait transparaître de manière exceptionnelle la sensation d’étouffement pouvant être ressentie face à cette merveille géologique.

La découverte de Venise
En 1819, Turner entreprend un premier voyage en Italie, visitant Turin, Venise, Rome et Naples. C’est un véritable tournant dans sa vie de peintre, puisqu’il rencontre la lumière si particulière de ce pays. Après avoir représenté des paysages pittoresques tantôt naturalistes, tantôt mythologiques, dans la première partie de sa carrière, Turner se confronte, durant les trois décennies suivantes, à la recherche de la lumière par la couleur. Venise lui inspire en particulier de très nombreux paysages à l’huile. Il peint la Cité des doges selon de multiples points de vue, y séjournant à trois reprises, en expérimentant des styles variés. Là où son tableau baptisé Le Pont des Soupirs, le Palais ducal et la Douane rend hommage à la précision analytique du védutiste Canaletto, d’autres œuvres comme La Douane, San Giorgio, Citella, vue des marches de l’hôtel Europa traduisent de manière flamboyante la lumière locale, en confondant les cieux vénitiens et les eaux du Grand Canal. Sa capacité inégalée à saisir les atmosphères changeantes, dans des compositions faisant intervenir de plus en plus les couleurs chaudes, lui vaudront d’ailleurs le surnom de « peintre des incendies ».
William Turner apparaît comme une personnalité complexe. Décrit par Delacroix comme une personne « aux manières frustes » et d’un tempérament rude, il est un infatigable voyageur obstiné par une recherche continuelle de nouveauté pour son art. Son œuvre semble exprimer les différentes facettes de sa personnalité : capable de peindre des paysages paisibles empreints d’une beauté à couper le souffle, aussi bien que des catastrophes naturelles à leur paroxysme, telles que le naufrage d’un navire sur une mer déchaînée. Dans L’Aube après le naufrage, qu’il réalise en 1841, Turner choisit de représenter la tempête qui s’éloigne. Un chien rescapé sur la grève semble appeler ses maîtres disparus, tandis que le soleil levant colore le ciel et la mer d’un jour nouveau.

Un précurseur de l’impressionnisme
On doit à William Turner une nouvelle peinture qui, affranchie des conventions, ne sera pas comprise par la majorité de ses contemporains, certains qualifiant même ses toiles de « folies de Turner ». On peut voir dans le sujet aussi bien que dans le traitement de son tableau baptisé Pluie, Vapeur et Vitesse, sa volonté de conquérir la modernité. A l’instar de Monet, passionné de locomotives, cette toile représente un train lancé à toute allure sur un pont de chemin de fer, sous une pluie battante. La liberté de la touche suggérant la vitesse, associée à l’intensité des couleurs, confère à cette représentation un effet saisissant. Dans un degré d’abstraction inégalé en son temps, conférant à la couleur un pouvoir suggestif comme aucun autre artiste avant lui, Turner apparaît véritablement comme un précurseur de l’impressionnisme.
A la fin de sa vie, le peintre de nature solitaire devient de plus en plus taciturne, sujet à des épisodes de dépression, suite à la disparition de son père. A sa mort, en 1851, Turner lèguera une grande partie de ses œuvres à la National Gallery de Londres. Sa production pléthorique, constituée de paysages pittoresques et de marines aux reflets d’or, qui le feront surnommer par ses contemporains le « peintre de la lumière », est aujourd’hui en grande partie présentée à la Tate Gallery de Londres. La National Gallery conserve toutefois de nombreux chefs-d’œuvre du maître, dont Didon et la fondation de Carthage, présenté aux côtés du Port de mer du Lorrain, selon l’une des clauses de son testament. Ayant toujours cherché à égaler le maître du XVIIIe siècle, Turner précisa que cette œuvre et Lever de soleil dans la brume (1807), devraient toujours être présentées ainsi.
 

 
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