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Les Préraphaélites
Une révolution dans l'art
Le mouvement des préraphaélites naît à Londres, au début du règne de la reine Victoria, au cœur d'une Europe en pleine effervescence, traversée par la vague révolutionnaire du « Printemps des peuples ».
Courant riche et complexe, d'apparence réactionnaire et pourtant avant-gardiste, ce mouvement artistique occupe une place fondamentale dans l'histoire de l'art et aura un rôle prédominant dans la création du XXe siècle.

C'est en réaction à la situation des arts en Angleterre, au milieu du XIXe siècle, que trois étudiants de la Royal Academy vont fonder la confrérie préraphaélite, en septembre 1848. D'après les trois leaders de ce petit groupe de jeunes gens en colère, William Holman Hunt, Hohn Everett Millais et Dante Gabriel Rossetti, la peinture anglaise est beaucoup trop académique, ce qui conduit les artistes à une véritable sclérose créative.
Leur objectif est de rompre avec cet enseignement conventionnel pour « ramener l'esprit des gens à une bonne réflexion » à travers des tableaux qui sont censés élever le spectateur. Ils déplorent une tradition artistique affectée, prisonnière d'une virtuosité stérile et décadente qui manquerait d'authenticité. Cette situation remonterait, selon eux, à la peinture de Raphaël et à ses héritiers. Les préraphaélites se focalisent notamment sur l'un des tableaux du grand maître, La Transfiguration, qui, d'après Hunt, « devait être condamnée pour son mépris grandiose de la simplicité de la vérité, la pause pompeuse des apôtres et l'attitude non spirituelle du Sauveur ». Ces artistes luttent pour un art neuf, moral et vrai, qui prendrait ses sources dans un art médiéval, antérieur à Raphaël, et qui leur inspire leur nom : the Pre-Raphaelite Brotherhood.

Le modèle des primitifs et du naturalisme
Rappelons cependant que le combat des préraphaélites s'inscrit dans un certain contexte socioculturel qui nourrissait déjà de nombreux débats parmi les courants d'intellectuels victoriens. Beaucoup d'entre eux plaidaient pour un renouveau gothique, the Gothic revival, époque perçue comme une référence en matière de vérité et de liberté. Après la vogue des nazaréens, qui avait rencontré un certain écho en Angleterre, le théoricien et critique d'art John Ruskin publie son ouvrage Modern painters en 1846, préconisant une vision morale et sociale de l'art et une revalorisation de la pratique artisanale face à l'industrialisation sauvage de son pays. Il appelle aussi à une conception poétique et mystique de la nature, incarnée dans une représentation franche et sincère, à la manière des primitifs italiens dont il admirait le réalisme et la simplicité. Autant de théories qui vont profondément influencer la confrérie. L'ensemble se traduit dans la peinture préraphaélite par un art raffiné et coloré, pétri de symboles et de savantes références littéraires ou mythologiques, avec quatre principaux thèmes de création : le Moyen Age, le christianisme, la littérature et le récit de leur époque.
Comme manifeste, la confrérie fait paraître la revue The Germ qui doit « énoncer les idées de ceux qui soutiennent une stricte adhésion de la Nature en Art ou en Poésie ». Quatre numéros paraîtront entre janvier et avril 1850, avant que le groupe ne commence à se disperser, faisant l'objet de critiques sévères. On leur reproche notamment un traitement trivial des sujets religieux et, dès novembre 1853, Rossetti écrit à sa sœur : « La Table ronde est donc maintenant complètement dissoute. »
Les préraphaélites avaient pourtant déjà commencé à diffuser leur courant de pensée avec des émules dans tout le Royaume-Uni.

La seconde génération des préraphaélites
Deux artistes apportent un nouveau souffle aux préraphaélites : William Morris et Edward Burnes-Jones. Le style des préraphaélites trouve ainsi un prolongement naturel dans le domaine des arts décoratifs grâce à William Morris qui appliquera ses principes et son esthétique dans les décors, le mobilier, mais aussi l'illustration des livres à la fin du XIXe siècle. Il deviendra le chef de file du célèbre mouvement Arts and Crafts, essentiel pour les arts du XXe siècle en Grande-Bretagne.
Edward Burnes Jones devient, quant à lui, la figure marquante du mouvement, assurant le lien entre les origines de la confrérie et les évolutions artistiques ultérieures qui s'épanouiront entre autres dans le courant symboliste.

Mélange unique et fascinant d'archaïsme et de modernisme, le préraphaélisme constitue un mouvement artistique majeur du XIXe siècle. Il est aussi un témoin privilégié de l'époque victorienne, révolté par ses valeurs, les injustices et les inégalités, en guerre contre le culte du matérialisme et de l'individualisme qui, selon eux, régit leur société.
Un article de la bibliothèque de Clio sur les Préraphaélites
Les Préraphaélites, modernistes et réactionnaires
par Muriel Pécastaing-Boissière

En septembre 1848, alors que l’Europe était en pleine effervescence révolutionnaire, sept jeunes gens farouchement opposés aux conventions de la Royal Academy de Londres fondèrent la Conf... Lire l'article

 

 
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