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Henri Matisse
Simplifier la peinture ?
C'est sous le ciel du Nord, au Cateau-Cambrésis, que naît Henri Matisse le dernier jour de 1869. Rien ne laisse alors supposer que ce fils de commerçants aisés deviendra l'une des figures artistiques majeures du XXe siècle. « Mes parents voulaient que je sois homme de loi et, de dix-huit à vingt-deux ans, j'essayai très honnêtement d'être un clerc d'avoué à Saint-Quentin », écrira-t-il. Mais voilà qu'une grave crise d'appendicite oblige le jeune homme à garder le lit. Pour l'aider à passer le temps, sa mère lui offre une boîte de « couleurs ». C'est une révélation ! Matisse, irrésistiblement « attiré par la peinture et le dessin », réalise timidement ses premières toiles, s'inscrit, à peine rétabli, aux cours de la fondation Quentin-La-Tour, et, au grand dam de son père, finit par renoncer définitivement au barreau. En 1891, il est à Paris, devient l'élève de William Bouguereau à l'académie Jullian, puis intègre, en 1892, l'atelier de Gustave Moreau, maître enthousiaste et clairvoyant, qui n'hésitera pas à déclarer à son disciple : « Vous allez simplifier la peinture ! »

L'apparence et l'essence
Matisse puise alors son inspiration aussi bien dans le passé que dans le présent. Il s'applique à copier d'après l'ancien, notamment Chardin ou Poussin, comme il s'évertue à peindre sur le motif. Le tableau demeure un miroir tendu au monde, valant non pour lui-même mais pour ce qu'il représente. Remarqué par Puvis-de-Chavannes, il devient membre de la Société nationale des Beaux-Arts et bénéficie rapidement d'une reconnaissance officielle. Or, ce succès, bâti selon lui sur un mensonge, ne « paraît pas mérité » au jeune peintre et l'incite à emprunter d'autres voies.

Le souci de la sincérité préside désormais pour toujours au cheminement artistique de Matisse. Peu à peu, il se confronte à toutes sortes d'influences, se lie d'amitié avec Pissarro, découvre avec émerveillement Monet, Van Gogh, Gauguin, et, surtout, intègre parfaitement les leçons de Cézanne, qui invite à exprimer les volumes non plus par le modelé mais par la modulation de la couleur. Ami de Signac, il s'essaie enfin au divisionnisme, technique fondée sur la juxtaposition de la touche, qui restitue l'aspect vibrant de la couleur. Le tableau Luxe, Calme et Volupté, réalisé en 1904, est un chef-d'œuvre du genre. Mais ne s'agit-il pas, là encore, d'imiter l'apparence du monde extérieur plutôt que d'en suggérer l'essence ?

De la violence à la sérénité
Matisse s'écarte bientôt du morcellement systématique, s'apparentant à « un ménage trop bien fait, un ménage de tante de province », et ne retient plus que la couleur pure. Envisagée en termes de rapports, elle se substitue alors à la ligne comme au clair-obscur pour construire l'espace pictural. A l'été 1905, son séjour à Collioure avec Derain marque l'avènement de cette nouvelle manière. C'est la naissance du fauvisme, dont Matisse est reconnu chef de file lors du Salon d'automne. La Femme au chapeau comme La Raie verte livrent le peintre à l'épreuve du feu, mais cette expérience est pour Matisse l'occasion d'une nouvelle naissance. Le temps n'est-il pas venu de peindre enfin comme il le sent ?

Entre 1905 et 1906, il se consacre ainsi corps et âme au Bonheur de vivre, qui marque véritablement à ses yeux le début de son œuvre : décantée, réduite à l'essentiel, la matière – et à travers elle la chair – n'est pas anéantie mais élevée par l'entremise de l'esprit, au rang d'un principe immuable, où se fondent la danse et la musique, le silence et l'immobilité, le devenir et l'éternité. En cela réside toute l'ambition artistique de Matisse qui confiera un jour : « Vous savez, on n'a qu'une idée, on naît avec, toute une vie durant on développe son idée fixe, on la fait respirer. » En même temps, Matisse s'attache à redonner ses lettres de noblesse au « décoratif », relégué au second plan depuis la Renaissance, mais qu'il entend replacer au cœur du langage pictural.

La couleur seule
Matisse a trouvé, non seulement sa voie, mais aussi les chemins de la gloire. Adulé autant que Picasso, son grand rival et ami, il partage désormais sa vie entre Paris et Nice, voit ses œuvres achetées par les plus grands marchands d'art mais aussi par des collectionneurs étrangers. Déjà, en 1908, le Russe Chtchoukine lui avait commandé La Danse et La Musique, deux œuvres majeures. Dans les années trente, le milliardaire américain Barnes lui demande de réaliser des panneaux décoratifs sur le même thème, tandis que le MoMA de New-York lui consacre une exposition. C'est une véritable consécration, bientôt compromise par la maladie : Matisse subit en 1941 une lourde opération, mais sa longue convalescence ravive son feu créateur. Les gouaches découpées sont ainsi l'ultime conséquence du primat accordé à la couleur, tandis que le décor de la chapelle du Rosaire de Vence, érigé au rang de « peinture architecturale », est « l'aboutissement de toutes ses recherches antérieures ». En 1954, à l'approche de la mort, Matisse peut « chanter comme l'enfant selon les élans de son cœur en haut de la montagne gravie ».
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