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Harar
Porte de l'Afrique noire
L'Ethiopie musulmane
Lorsque l'on songe à l'Ethiopie, ce sont d'abord les images d' Hailé Sellassié – « Puissance de la Trinité » –, le dernier Négus, ou les églises rupestres de Lalibela qui viennent à l'esprit, celles de ce qui fut, face à l'Histoire, le grand royaume chrétien d'Afrique. Cependant, cela ne concerne que la partie nord du pays, le plateau abyssin. Les régions de l'extrême Sud, aux confins du Kenya, se partagent entre l'animisme traditionnel et le protestantisme, mais l'Est et le Sud-Est – les régions Harar, Somali et Afar – sont majoritairement musulmanes : venu d'Arabie et surtout de l'Hadramaout, au Yémen, l'islam s'y implanta à partir du VIIe siècle.

Harar, ville sainte
Vraisemblablement fondée avant le Xe siècle sur un plateau granitique en bordure de l'escarpement oriental de la vallée du Rift, à la marge entre désert et savane, Harar n'était, à l'origine, qu'un petit relais commercial sur le chemin des caravanes. La ville conserve encore trois mosquées qui datent de cette époque. Selon la tradition, ce fut en 1216 que quatre cent cinq scheiks d'Arabie, sous la conduite du scheik Ar-Rida, vinrent s'installer à Harar. Dès la fin du XIIIe siècle, Harar s'associa à cinq cités musulmanes de la région pour former une confédération dont Harar devint le principal centre économique et religieux. Dès cette époque, Harar fut considéré par les Ethiopiens comme la quatrième ville sainte de l'islam, après La Mecque, Médine et Jérusalem. Aujourd'hui, la vieille ville d'Harar compte encore 82 mosquées et 102 sanctuaires !

Capitale du sultanat d'Adal
Au début du XVe siècle, les régions musulmanes au tour d'Harar se constituèrent en un sultanat, théoriquement vassal de l'empereur d'Ethiopie, le sultanat d'Adal qui devint ensuite si puissant que l'un de ses dirigeants, Ahmed Al-Ghazi – surnommé Gragn, « le gaucher » – put partir, grâce aux canons fournis par les Ottomans, à la conquête de toute l'Abyssinie, malgré l'aide apportée par les Portugais au Négus. La mort de Gragn, tué d'un coup de mousquet, marqua la fin de ce royaume conquérant, et son successeur, Nur ibn Mujahid, dut faire face, à partir de 1567, à un nouveau péril : l'invasion par les Oromos venus du Sud du pays. Ce fut alors que le sultan fit ceindre Harar de puissantes murailles, en faisant une « ville fermée » : Harar Jugol. Le sultanat se réduisit comme peau de chagrin et, en 1577, le sultan se réfugia plus au nord, à Aussa. Toute la région était occupée par les Oromos et seule la ville de Harar résista, mais, naturellement, l'interruption du trafic caravanier la priva de sa source principale de richesse. Petit émirat isolé, Harar déclina rapidement, sa population passant de 50 000 à 12 000 habitants, mais put, au fur et à mesure de la conversion d'une partie des Oromos à l'islam, retrouver un peu de son prestige.

Burton, Rimbaud, De Monfreid
Ville sainte, Harar était strictement interdite aux non-musulmans, et seule sa connaissance parfaite de l'arabe et de l'islam put permettre à l'explorateur anglais Richard Burton d’être le premier Occidental à pénétrer à Harar, en 1854, et... à en ressortir vivant ! Il décrivit la ville dans son récit Premiers Pas dans l'Afrique orientale. La situation était bien différente quelques années plus tard. La région fut en effet conquise en 1875 par l'Egypte d'Ismaïl Pacha. La ville fut dès lors accessible aux Occidentaux. Parmi eux se trouvait un jeune négociant qui, après s'être essayé au trafic d'armes puis au commerce de la gomme, du musc, de l'ivoire, des cotonnades, s'installa à Harar pour représenter la factorerie de café Bardey d'Aden. Il n'était plus le poète maudit que Paris avait connu : Rimbaud. Reconquise par l'empereur éthiopien Ménélik, confiée en 1910 à Ras Tafari, le futur Hailé Sellassié, Harar connut une nouvelle phase de prospérité, malgré la construction de la voie ferrée Addis Abeba-Djibouti. Ce fut à cette époque que l'arrivée d'un important contingent d'immigrants indiens donna une touche supplémentaire aux maisons et à l'urbanisme d'Harar qui était déjà marqué par la synthèse entre les traditions arabes et africaines, pour en faire cet ensemble unique qui amena son classement par l'UNESCO. Harar mérite avant tout une longue promenade dans ses avenues dallées de pierre, sillonnées par les 404 Peugeot bleues qui forment toute la flotte de taxis de la ville, dans ses ruelles aux maisons grises et ocre aux élégantes façades. La ville n'a certainement guère changé depuis l'époque où elle était fréquentée par l'aventurier français Henri de Monfreid, entre deux « livraisons » d'armes, de haschich ou de morphine ! Et même si le somptueux palais construit par le gouverneur Ras Makonnen est aujourd'hui occupé par des familles modestes, il y a toujours un employé municipal chargé de nourrir chaque soir, devant la porte de Sanga, les hyènes venues de la savane alentour...
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