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Gondar
Le Versailles éthiopien
La dynastie Solomonide
Depuis 1270 et jusqu'à la chute du négus Hailé Sélassié en 1974, l'Ethiopie fut dirigée, avec quelques interruptions, par une dynastie royale qui se proclamait, à la suite de son fondateur Yekouno Amlak, descendante de Ménélik Ier, le légendaire roi fondateur, fils de Salomon et de la reine de Saba. Les premiers souverains n'avaient pas de capitale fixe, mais la cour royale se transportait, à l'instar des nomades, de lieu en lieu, épuisant bien souvent les ressources des paysans locaux. Cependant, au milieu du XVIe siècle, le roi Menas prit l'habitude de résider aux abords septentrionaux du lac Tana, région qui devint, de fait, le centre du royaume.

Susneyos, roi catholique
Le XVIIe siècle marqua l'apogée de la dynastie Solomonide. Susneyos, né en 1572, petit-fils du négus Dawit II, passa son enfance en otage du roi Oromo avant d'être pris dans la tourmente des querelles de succession. Après avoir été enfin porté sur le trône en 1608, il décida de rompre avec le patriarcat copte d'Alexandrie pour se rallier l'Eglise catholique afin de tenir la promesse faite par ses prédécesseurs aux Portugais qui les avaient aidés à lutter contre l'invasion musulmane d'Ahmed Gragne.
Sous l'influence des jésuites, il imposa aux Ethiopiens de se faire baptiser à nouveau et fit abandonner la liturgie en guèze au profit d'une liturgie en latin, provoquant ainsi des révoltes qui allaient déboucher sur une véritable guerre de religion. Malgré la victoire des troupes impériales à la bataille d'Ouaïna-Dega, Susneyos fut contraint d'abdiquer en faveur de son fils, Fasilidas, qui monta sur le trône en juin 1632 et dont le premier acte fut de rétablir les traditions chrétiennes éthiopiennes.

Fasilidas, monarque absolu
Rompant tout contact avec les Européens et signant des traités avec les puissances musulmanes qui gardaient la côte, Fasilidas rassembla en ses mains tous les pouvoirs, réduisit l'aristocratie à l'obéissance et inaugura un demi-siècle d'absolutisme. S'entourant d'une cour brillante, il décida de sédentariser le centre du pouvoir et élit le site de Gondar, au nord du lac Tana pour capitale. La légende veut que le site de sa capitale lui fût montré par Dieu qui y fit s'immobiliser le buffle que le roi était en train de chasser. A partir de 1640, il fit ceinturer une petite colline d'une muraille de neuf cents mètres de périmètre, percée de quatorze portes et, dans cette « enceinte royale », édifier un château. Même si l'on a pu surnommer Fasilidas, le « Louis XIV éthiopien », le château ne ressemble en rien à Versailles !
Imposante forteresse de type médiéval dans sa conception, mais marquée par les influences arabes, indiennes et même du baroque portugais, le château de Fasilidas, le Fasil Ghebi, était au centre d'un vaste complexe de bâtiments comprenant trois églises, des salles de réception, des écuries, une bibliothèque, une chancellerie. C'est aussi à Fasilidas que l'on attribue la construction de bains, un peu à l'écart de la ville, d'une structure originale, semi-fortifiée et reposant sur des arches au-dessus d'un canal alimenté par le torrent voisin.
Roi bâtisseur, il fit enfin construire sept églises et jeter de nombreux ponts sur les rivières environnantes.

Iyasu le Grand et la reine Mentuab
Les successeurs de Fasilidas poursuivirent son œuvre. Son petit-fils, Iyasu le Grand poussa la ville de Gondar à son apogée. Les aménagements qu'il apporta au château en firent un véritable palace « plus beau que le palais de Salomon » : miroirs de Venise, ivoire d'Afrique, parois recouvertes de feuilles d'or et incrustées de pierres précieuses... dont il ne reste malheureusement rien aujourd'hui.
En revanche, la modeste église de Debra Berhan Selassié (« la Lumière de la Trinité ») qu'il fit construire au nord de la ville et qui ressemble de l'extérieur à une simple chaumière, nous est parvenue intacte et recèle des peintures murales qui comptent parmi les plus belles de tout l'art éthiopien. La reine Mentuab, qui devint régente en 1730, fit ajouter son palais dans l'enceinte royale, mais fit aussi édifier, près des collines environnantes, l'église de Qusquam Maryam et un palais plus personnel où elle recevait son confesseur et les grands serviteurs du royaume, mais non les courtisans...
A son fils, Iyasu II, qui fut le dernier souverain brillant de cette période, Gondar doit encore une série de palais en dehors de l'enceinte royale et le développement de nouveaux quartiers de la ville. Ce n'est qu'en 1855, quand l'Ethiopie sombra à nouveau dans les querelles féodales, que l'empereur Théodoros transféra sa capitale à Magadala.
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Un article de la bibliothèque de Clio sur le royaume de Gondar
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