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Tis Issat et le Nil bleu
Les origines de la crue du Nil, source de vie en Egypte, furent pour les Anciens un constant sujet d'interrogation. Au IIIe siècle av. J.-C., Ptolémée II Philadelphe envoya vers le sud une expédition militaire dont les chefs estimèrent que la crue du Nil pouvait être la conséquence des pluies d'été tombant sur les montagnes éthiopiennes. Effectivement, les géographes modernes expliquent la crue du Nil par la conjugaison de celles du Nil blanc, sorti des eaux du lac Victoria, et du Nil bleu éthiopien. De fait, la source de ce dernier fleuve – appelé Abbay par les Ethiopiens – est l'exutoire du vaste lac Tana, situé à 1 800 mètres d'altitude et alimenté par une série de torrents descendant des montagnes environnantes, dont l'un, le Gilgel Abbay, est, un peu artificiellement, considéré comme la source du Nil bleu. Quelques dizaines de kilomètres après avoir quitté le lac Tana, au niveau de la ville de Bahar Dar, le fleuve, divisé en plusieurs bras, se précipite soudain par de spectaculaires chutes d'une quarantaine de mètres dans une profonde gorge. Environnées de brume, les chutes du Nil bleu sont nommées en amharique, la langue éthiopienne, Tis Issat : « l'eau qui fume ». Ce fut le père jésuite espagnol Pedro Páez, qui fut le premier Européen à contempler le lac Tana en 1613.

Bahar Dar
Missionnaire efficace, Pedro Paez gagna l'amitié de l'empereur Susenyos Ier qui lui accorda de vastes terres au nord du lac Tana, à Gorgora, où il fit construire une église en pierre et les premiers bâtiments d'une mission jésuite qui influencèrent grandement l'architecture éthiopienne du XVIIe siècle. Susenyos l'autorisa également à édifier à Bahar Dar, qui n'était alors qu'une bourgade commerçante faite de huttes de pisé, une église dédiée à saint Georges et plusieurs édifices de pierre à deux étages qui furent l'embryon de la cité. Bahar Dar bénéficia également, en 1626, de la construction d'un pont sur le Nil bleu, un peu en aval des chutes. Réalisé en belles pierres calcaires, sa construction fut supervisée par Afonso Mendes, le jésuite portugais qui était devenu, après le mort de Pedro Paez, patriarche catholique d'Ethiopie. Mais, même si Bahar Dar devint une ville, à l'échelle de l'Ethiopie de cette époque, on dispose de peu de renseignements sur son évolution au cours des siècles. Elle fut visitée par le géographe écossais James Bruce en 1770, qui revendiqua avec aplomb la « découverte » des sources du Nil. Quand, en 1903, le médecin britannique Arthur J. Hayes, vint à Bahar Dar, il décrivit la cité comme un gros village entouré de marécages... Prise par les troupes mussoliniennes en 1937, Bahar Dar fut reprise par les forces britanniques en 1941. En 1959, le Négus Haïlé Sélassié, s'y fit construire un palais d'été, le palais Bezawi. Il appréciait tant ce séjour qu'il envisagea même, un temps, de faire de Bahar Dar sa capitale et, en 1961, il fit construire un nouveau pont sur le Nil bleu qui favorisa l'essor de la ville qui compte aujourd'hui plus de 200 000 habitants. Industrialisée, dotée d'une école polytechnique, Bahar Dar reste cependant une ville africaine. Il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir ses longues allées bordées de palmiers et de jacarandas, et, surtout, de flâner dans son marché quotidien où s'échangent bestiaux et poteries, tandis que les femmes, vêtues de robes de coton écru, marchandent denrées locales et produits importés.

Le lac Tana
Depuis les embarcadères de Bahar Dar partent sans cesse des dizaines de petits bateaux qui sillonnent le lac Tana. Les pêcheurs y vont capturer d'imposants barbeaux et poissons-chats, tandis que sur ses rives sont coupés les papyri encore exploités aujourd'hui pour faire des nattes et des tankwa, petites barques semblables à celles utilisées en Egypte dans l'Antiquité. Mais l'intérêt majeur du lac Tana réside dans les monastères et les églises qui furent édifiés sur dix-neuf des trente-sept îles qui le parsèment et sur la péninsule de Zéghié. De l'église Debre Maryam, qui remonte au XIVe siècle, à celle de Narga Sélassié qui est du XVIIIe, ces églises et monastères n'ont guère changé depuis l'époque de leur fondation. Elles reflètent par leur conception les traditions locales. De forme ronde, elles sont souvent simplement bâties de bois et de pisé, mais l'enceinte de leurs déambulatoires est ornée de magnifiques peintures aux couleurs vives représentant des scènes de la Bible ou de la vie des saints. En leur centre, le Saint des Saints, accessible aux seuls prêtres, recèle un tabot, réplique de l'Arche d'Alliance que l'on dit là-bas avoir été rapportée en Ethiopie par Ménélik, le fils de la reine de Saba et de Salomon. Outre de riches bibliothèques et les trésors impériaux, ces églises abritent aussi les sépultures de nombre d'empereurs éthiopiens dont celles de David Ier – qui envoya en 1402, une ambassade au doge de Venise – et de Fasilidas, le « Louis XIV éthiopien ».
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