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Le Grand Canyon
Le livre de la Terre
La découverte

Le conquistador espagnol Francisco Vásquez de Coronado, qui avait entendu parler de sept fabuleuses cités d'or nommées Cibola, partit en expédition pour, finalement, ne trouver que de pauvres villages d'Indiens Zuni. Ceux-ci lui apprirent l'existence d'un grand fleuve situé plus au nord. Il envoya donc en reconnaissance García López de Cárdenas qui fut, en 1540, le premier Européen à voir le Grand Canyon. Peu sensible aux charmes de la nature, il ne vit dans ce grandiose paysage qu'un obstacle infranchissable : en effet, le Grand Canyon est long de quelque 445 kilomètres et n'offre pratiquement aucune voie de passage d'une rive à l'autre. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que se révèlent à la fois la curiosité scientifique et la sensibilité à la grandeur des paysages naturels. Vétéran de la guerre de Sécession au cours de laquelle il perdit le bras droit, passionné de botanique, de zoologie et de géologie, le major John Wesley Powell entreprit en 1869 la première exploration du fleuve Colorado. Avec neuf compagnons, il embarqua sur quatre barques pour descendre la Green River, rejoindre le Colorado et affronter ses rapides. Ils ne furent que quatre à atteindre, trois mois plus tard, le confluent de la Virgin River, aujourd'hui enfoui sous les eaux du lac Meade, non loin de Las Vegas. En effet, l'Anglais Frank Goodman, se sépara du groupe un mois après le départ et l'on n’entendit plus jamais parler de lui, et les trois autres compagnons qui quittèrent ensuite le groupe, épuisés par les portages et effrayés par la turbulence des rapides, furent massacrés par les Indiens Paiutes... Le regard commençait à changer sur les merveilles de la nature et, plus tard, le naturaliste Donald Culross Peattie put dire : « Le Grand Canyon fut profondément sculpté par la main du Seigneur ; c'est un golfe de silence qui s'étend dans le désert ; c'est l'histoire des Temps inscrite dans le roc ; c'est le livre de la terre... »

Décrypter l'histoire de la terre

En 1871, Powell organisa une seconde expédition, mais avec cette fois un but scientifique et cartographique. Il se posa la question de savoir comment le fleuve avait pu s'enfoncer aussi profondément dans le plateau du Colorado : en effet, les falaises du Grand Canyon atteignent une hauteur de 1 600 mètres au-dessus du lit du fleuve, inégalée nulle part ailleurs dans le monde ! Powell émit l'hypothèse que le fleuve coulait déjà à cet emplacement avant que les forces tectoniques ne soulevassent le plateau du Colorado, et que sa capacité d'érosion était supérieure à la vitesse du soulèvement, phénomène que les géographes appellent « antécédence ». Si cette théorie est toujours reconnue par les géologues modernes, la date de formation du Grand Canyon reste l'objet d'âpres débats entre géologues. Longtemps on affirma que le Colorado avait commencé à s'enfoncer dans le plateau au fur et à mesure de son exhaussement, il y a sept millions d'années, ce qui correspondrait à une érosion de son lit de 200 mètres par million d'années. Une telle érosion peut paraître lente, mais le Colorado charriait, avant la construction du barrage du Glen Canyon, une moyenne de 500 000 tonnes de sédiments par jour ! Cependant, des recherches récentes, utilisant les techniques de la thermochronologie, ont montré que, dans le secteur central du canyon, dit « Huricane », des cristaux d'apatite ont été mis au jour par l'érosion il y a 70 millions d'années, et dans le secteur Est, il y 17 millions d'années : le Colorado n'a donc peut-être fait qu'approfondir et relier entre elles des gorges plus anciennes. Il faut enfin noter que c'est grâce au climat semi-aride de la région que les falaises ont pu garder leur verticalité ; sous un climat plus humide, le Grand Canyon ne serait qu'une large vallée !

Un calendrier de pierre

Le voyageur qui contemple le Grand Canyon depuis l'un des nombreux belvédères aménagés en bordure des falaises vertigineuses, voit, sculptée par l'érosion, une superposition de strates colorées de toutes les nuances de rouge et d'ocre, grès, schistes et calcaires, qui paraissent pratiquement horizontales. Cette superposition raconte, avec cependant quelques lacunes, l'histoire du plateau et de la terre depuis un milliard sept cents millions d'années. Au fond du canyon, le Colorado coule sur un socle précambrien. Poétiquement nommés par les géologues, les granites de Zoroastre et les schistes de Vishnou, violemment plissés, sont les témoins d'une très ancienne chaîne de montagnes qui fut ensuite entièrement aplanie, réduite à l'état de pénéplaine. Au début de l'ère primaire, s'accumulèrent 4 000 mètres de sédiments, entremêlés d'épanchements volcaniques, soulevés ensuite par les forces tectoniques pour devenir de hautes montagnes. Celles-ci furent attaquées par l'érosion et on ne retrouve dans la série sédimentaire « que » les roches datant entre 1 200 et 800 millions d'années. Les séries supérieures, de grès et de calcaire, correspondent à de nouvelles phases de sédimentation dans des mers peu profondes, des lagunes, entre 550 et 250 millions d'années. Enfin, une nouvelle phase d’orogenèse, entre 80 et 35 millions d'années – celle qui édifia les montagnes Rocheuses – porta ces sédiments à plus de 2 000 mètres d'altitude, formant le plateau du Colorado tel que nous le connaissons aujourd'hui. Ces mouvements s'accompagnèrent de failles qui permirent de nombreux épanchements volcaniques. Chacune de ces couches retrace aussi l'évolution de la vie sur terre, des fossiles de trilobites du Cambrien à ceux des ancêtres de nos lézards et poissons, en passant par les fougères et lépidodendrons du Carbonifère.

Touristes, Indiens et uranium
Après la disparition, vers le XIIIe siècle, des Indiens Anasazis auxquels on doit les villages troglodytiques de Mesa Verde, la région du Grand Canyon est devenue la patrie ancestrale des nations havasupai et hualapai. Si, au XIXe siècle, le Colorado était surtout le rendez-vous des chasseurs de pumas – le lion de montagne –, à partir de 1901, lors de l'établissement de la voie de chemin de fer touristique et des premiers lodges, l'extraordinaire spectacle du Grand Canyon est devenu accessible à tous. Les Indiens vivent aujourd'hui principalement de la manne que représentent les milliers de touristes qui ont été les premiers à défendre l'intégrité du Parc national lorsque celui-ci a été menacé par l'industrie d'extraction minière, en particulier celle de l'uranium, présent dans les brèches hydrothermales du Grand Canyon. En 1969, ils obtinrent la fermeture de l'Orphan Mine, exploitée durant les années de la guerre froide, qui, non seulement défigurait le paysage, mais avait aussi entraîné des contaminations. Ils doivent aujourd'hui lutter contre les empiétements illégaux de la compagnie canadienne Denison, qui fournit essentiellement son uranium à la France...
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US 32 - 18 jours

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