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Ségovie
L'histoire espagnole en pierres blondes
A qui l'aborde par le sud, Ségovie apparaît comme un vaisseau de haut bord immobilisé sous les frondaisons, ancré entre deux mondes : la rugueuse sierra de Guadarrama et l'infini ocre de la Vieille-Castille. Fière figure de proue, l'Alcazar domine le vallon de l'Eresma qui enserre la ville et la contraint à s'allonger dans son corset de murailles. A la poupe, derrière la cathédrale et la vieille ville à la patine d'or, hérissée de clochers, de pinacles et de tours romanes, se dessinent les arches de granit d'un aqueduc impressionnant, miraculeusement préservé. Ségovie fait forte impression lorsqu’on la découvre, mais sa séduction semble croître au fur et à mesure qu'on se laisse prendre par son pittoresque heureux, apanage des vieilles cités toujours vivantes.

La grandeur de Rome sous le ciel castillan
Sous Trajan (98-117), pour acheminer vers la partie haute de la ville les eaux de la rivière Alcobeda, les Romains, ingénieurs hors pair, édifient un aqueduc géant qui domine de près de trente mètres les rues de la ville basse. Une légende raconte qu'une jeune fille, lasse d'aller tous les jours chercher l'eau dans la vallée, promit son âme au Diable s'il réussissait à élever un pont en une seule nuit. Le diable se dépêcha, mais, à l'aube, il restait encore à placer une pierre. La jeune fille se trouva déliée de sa promesse, elle ne perdit pas son âme et les Ségovians y gagnèrent un bel aqueduc. Les blocs de granit du Guadarrama, posés sans aucun lien de mortier, ont merveilleusement résisté au temps qui leur a donné une teinte violacée. Les arches forment un beau grillage sur le ciel intense de Castille, et rien n'est plus impressionnant que de contempler l'ouvrage du pied de l'arc central : on se dit alors qu'il réunit les trois qualités de style les plus difficiles à rassembler dans une œuvre d'art : la simplicité, l'élégance et la grandeur.

Du roman le plus pur au dernier gothique
Au Moyen Age, Ségovie se couvre d'églises romanes. Il en subsiste aujourd'hui une dizaine, somptueux ensemble aux caractéristiques rémanentes : un porche ponctué de colonnes à chapiteaux historiés protège un portail aux voussures géométriques, ouvrant sur une nef pleine d'équilibre et fermée par une abside en cul-de-four aux élégantes arcatures aveugles. Une tour imposante signale l'édifice, comme celle de San Esteban, « la reine des tours espagnoles », qui élève haut ses cinq étages auxquels s'adossent de fines colonnes élancées et que termine aux angles un chanfrein.
Au sommet du promontoire, la cathédrale, construite en plein XVIe siècle, est la dernière de style gothique en Espagne. Son imposant chevet, ponctué d'une multitude d'arcs-boutants et de pinacles travaillés, domine la plaza Mayor de son étagement d'absidioles. L'intérieur, lumineux et harmonieux, donne une impression d'unité bien que sa construction ait duré plusieurs décennies et que plusieurs architectes se soient relayés pour l'achever. Les voûtes du transept, où liernes et tiercerons composent un filet de pierre, dominent des stalles qui comptent parmi les plus belles du pays. Le cloître adjacent est celui de l'ancienne cathédrale gothique du XVe siècle, détruite lors de la révolte des Communeros contre Charles Quint en 1520. Quatre amples galeries flamboyantes, couvertes de voûtes en ogive, ouvrent sur un ravissant jardin par des fenêtres lancéolées aux remplages ajourés.

Une proue de pierre
Sur la roche sauvage, coupée en forme de proue, l'Alcazar domine la vallée et embellit encore ce paysage unique. Trop restauré après un incendie qui l'endommagea fortement au XIXe siècle, il est sans doute plus séduisant à découvrir de l'extérieur que passionnant à visiter. Pourtant, l'Espagne y a vécu quelques-unes de ses plus grandes heures. C'est ici qu'en 1474 Isabelle la Catholique fut proclamée reine de Castille. Ici aussi que Philippe II épousa Anne d'Autriche en 1570. La tour de l'Hommage, puissant donjon aux multiples échauguettes, domine un ensemble de cours et de salles qui mêlent décorations castillanes et arabes, souvenir de la longue présence des Maures dans la péninsule ibérique. Surtout, du haut du donjon, on comprend l'importance stratégique de la ville, devant le panorama à 360° qui s'ouvre sur les collines brûlées et le serpent vert de l'Eresma. A nos pieds, l'église de la Vera Cruz, bijou roman au plan polygonal inspiré du Saint-Sépulcre de Jérusalem, symbolise toute la richesse de la ville.

La dernière étape sera pour le Parador moderne. De sa terrasse, la vision de Ségovie, qui enchanta le poète Antonio Machado, est particulièrement belle au crépuscule d'une fin d'été, quand la ville flamboie fugitivement dans les derniers rayons du soleil.
Pour découvrir Ségovie avec Clio
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