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Saint-Jacques-de-Compostelle
En suivant les étoiles...
Le camino francès
Amateurs de grande randonnée, admirateurs de l’art roman, passionnés d’histoire médiévale, ils sont des milliers à côtoyer chaque année les pèlerins portés par la foi sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. D’auberges en monastères, d’églises en basiliques, par les chemins de France, de León, de Galice, munis ou non de leur carnet de pèlerin, ils mettent leurs pas dans ceux de Charlemagne et de Roland, qui chassèrent les infidèles du tombeau du saint, et des innombrables voyageurs qui suivirent, à partir du Xe siècle, la « voie lactée », convergeant des diverses régions de l’Europe franque ou germanique vers Roncevaux avant d’emprunter le camino francès vers Saint-Jacques. Après une marche souvent éprouvante, une dernière étape à O Pedruzo, le Monte del Gozo – le mont de la Joie – porte bien son nom : enfin, le voyageur aperçoit le but de sa quête, les flèches de la cathédrale qui abrite le tombeau du saint.

Jacques le Majeur
Jacques de Zébédée, fils de Marie Salomé et frère de Jean, fut, selon les évangiles, l’un des premiers disciples du Christ. Les écrits de l’évêque Isidore de Séville, à l’époque du royaume wisigothique, lui attribuent l’évangélisation de l’Espagne. Exécuté à son retour à Jérusalem sur ordre d’Hérode Agrippa, son corps aurait été transporté par ses disciples dans une barque miraculeuse qui aurait accosté à Iria Flavia – aujourd’hui Padrón –, sur les rivages de Galice. L’emplacement de son tombeau était oublié, l’émirat de Cordoue s’étendait jusqu’aux portes de la Galice, lorsqu’en l’an 814, l’ermite Pelage vit en songe une étoile qui le guida à un tombeau que l’évêque Théodomir reconnut pour celui de saint Jacques, et Alphonse II le Chaste, roi des Asturies, y fit édifier la première église de ce qui deviendrait la cité de Saint-Jacques.

Le Matamore
En 844, le roi Ramire Ier, qui venait d’être vaincu par l’émir de Cordoue, Abd er-Rahman II, reçut en songe la visite de saint Jacques qui l’assura de son aide. Le lendemain, il affronta à nouveau les infidèles sur la colline de Clavijo. Au plus fort de la bataille, apparut, descendu du ciel, un chevalier monté sur un destrier blanc qui, abattant de son sabre des milliers d’ennemis, lui assura la victoire : saint Jacques le « tueur de Maures » – le Matamore – fut dès lors le saint protecteur de la Reconquista. Le roi Ramire décida que, chaque année, une dîme serait versée à la cathédrale de Compostelle, le Voto de Santiago. En 997, une dernière incursion maure, menée par Abu Amir al-Mansour détruisit cependant la totalité de la ville et l’église, n’épargnant que le tombeau du saint.

Un joyau roman...
En 1078, devant le développement considérable que prenait le pèlerinage, le roi Alphonse VI de León et Castille entreprit la construction d’une nouvelle cathédrale. Rivalités et vicissitudes politiques firent traîner en longueur les travaux, mais, déjà, le style en était fixé : abandonnant les influences mozarabes, la cathédrale de Saint-Jacques devait être résolument ancrée dans l’Occident, avec son plan associant déambulatoire et chapelles rayonnantes. En 1168, maître Mathieu se vit confier la poursuite des travaux. Il acheva la nef, mais fit surtout preuve de ses talents dans la réalisation du chœur des chanoines et le magnifique porche de la Gloire, chef-d’œuvre de la sculpture médiévale dans la tradition de la sculpture romane bourguignonne. Loin des représentations conventionnelles figées, maître Mathieu a su insuffler la vie aux images des apôtres, des prophètes et des vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse.

... dans une parure baroque
Si les influences gothiques dominaient dans la reconstruction du cloître entreprise au XVe siècle, ce fut après le Moyen Age, pour lutter contre la désaffection des pèlerins, que le comte d’Alba Real, qui trouvait la cathédrale « vétuste », décida en 1658, d’enchâsser l’édifice roman dans un écrin baroque churrigueresque. Après avoir dégagé de vastes esplanades, on plaqua sur ses flancs des façades plus conformes au goût du jour : le portique de la Quintana, la tour de l’horloge puis, surtout, l’Espejo, la façade de l’Obradoiro, dressée en 1740 en avant du portail de maître Mathieu. Seule la porte des Français fut détruite lors de ces aménagements.

Un florilège médiéval et baroque
Si, dans la cathédrale, il faut encore admirer le maître-autel, avec sa statue de saint Jacques du XIIIe siècle, l’immense encensoir de laiton, le botafumeiro, qui est balancé sous le transept lors des grandes cérémonies, l’architecture de la ville de Saint-Jacques réserve aussi bien des enchantements, avec ses étroites rúas médiévales, ses hôpitaux, le monastère fondé par saint François d’Assise en 1214, ses églises médiévales aux façades baroques – Sainte-Marie-Salomé et Sainte-Marie-la-Real-de-Sar –, sans compter les magnifiques tapisseries flamandes du musée de la cathédrale...
Pour découvrir Saint-Jacques-de-Compostelle avec Clio
ES 34 - 8 jours

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