Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Madinet el Zahra
Un des plus beaux sites archéologiques d'Espagne
La ville-fleur
Située à quelques kilomètres de Cordoue, sur les pentes des collines qui bordent la rive droite du Guadalquivir, la cité califale de Madinet el Zahra constitue un des plus grands et des plus beaux sites archéologiques d'Espagne. Construite à partir de 936 par les Omeyyades d'Espagne, sous le règne d'Abd el Rahmann III, cette ville royale édifiée en vingt-cinq ans, ne sera achevée que sous al-Hakam II. Ce complexe, digne des mille et une nuits, porte le nom de Zahra, « la fleur », ou du « palais des fleurs », mais évoque surtout le prénom de l'épouse favorite du calife, en hommage à sa beauté. Alors que l'on a longtemps pensé que son existence était une légende, la ville, endormie depuis neuf siècles sous une gangue de terre, sera redécouverte au milieu du XIXe siècle. Les fouilles, commencées à partir de 1910, ont permis de restaurer environ un dixième du site couvrant une surface de 110 hectares, nous donnant un aperçu des fastes inouïs de cette somptueuse cité royale.

La pompe d'un culte personnel
Ce projet urbanistique titanesque fut le grand dessein d'Abd el Rahmann III et de son fils Al-Hakam II. Il s'inscrivait dans un programme politique, économique et idéologique mis en place par Abd el Rahmann III après sa proclamation comme calife, titre que ses ancêtres avaient jadis porté à Damas. Rappelons en effet que le califat omeyyade de Cordoue fut fondé par le seul survivant qui échappa, en 750, au massacre perpétré par les Abbassides qui régnèrent dès lors à Bagdad. Le nouveau maître de Cordoue entendait, par conséquent, faire valoir son pouvoir et sa stature politique et rivaliser avec deux ennemis de poids, les Abbassides, mais aussi les Fatimides qui venaient d'instaurer leur propre califat à Mahdiya en Tunisie.
Il lui fallait donc un nouveau palais où il pourrait multiplier les fêtes, les réceptions et les revues de troupes, afin de manifester avec éclat sa puissance aux yeux de l'aristocratie et des visiteurs étrangers.

Un chantier des mille et une nuits
On peut se faire une idée de l'ampleur de cette ville-palais en parcourant les textes que les chroniqueurs arabes lui ont consacrés. Ils évoquent ainsi probablement avec une certaine exagération une armée de dix mille ouvriers, des dépenses colossales – le tiers des revenus de l'Etat – et pas moins de six mille blocs de pierre de taille employés chaque jour pour la construction, importés principalement d'Afrique, notamment des ruines de Carthage, transportés par des milliers de mules et de dromadaires. Les sources documentaires mentionnent, pour la décoration, la participation d'artisans orientaux venus de Bagdad, de Damas et de Constantinople, des mosaïstes de Rome et de Carthage, des marbriers et une infinité d'artistes de toutes les spécialités. Le philosophe et mystique musulman Ibn Arabi raconte ainsi : « Les appartements du calife comprenaient 400 pièces et le toit était supporté par 4 313 colonnes... Pour nourrir simplement les poissons des milliers de bassins, 400 kilogrammes de pain étaient cuits chaque jour... Plus de 25 000 personnes y travaillaient et il y avait aussi 6 000 adolescents et 10 000 femmes. »

L'organisation de la ville
A l'intérieur des murailles de pierre, des quartiers palatiaux et urbains furent édifiés sur des terrasses en escalier, étagées sur trois niveaux clairement hiérarchisés et adaptés à la pente de la montagne. Le niveau inférieur accueillait la grande mosquée, le souk, les casernes de l'infanterie ou de la cavalerie soit, au total, 12 000 soldats de la garde personnelle du calife ! La partie intermédiaire de la cité était couverte de jardins et de vergers, garnie d'orangers, de fleurs, de palmiers et de cyprès. L'ensemble était animé grâce à des bassins et des jeux d'eau, par une immense volière remplie d'oiseaux rares et par une ménagerie garnie de fauves venus d'Afrique. Au sommet, on pouvait découvrir l'Alcazar, la résidence du calife, qui représentait le cinquième de la surface de la ville et dominait symboliquement l'ensemble. L'archéologie a notamment montré deux pavillons qui révèlent l'extraordinaire décor floral qui en couvrait les murs, les arcs et les chapiteaux tandis que sont présentés sur le sol les morceaux de stuc ou de marbre admirablement ciselés.

Une cité éphémère
Malgré ce déploiement de richesses, l'existence de cette ville-palais fut éphémère. Cette ville de rêve, qui comptait, à la fin du Xe siècle, près de 20 000 habitants, vécut à peine plus de soixante-dix ans. Dès le début du XIe siècle, des troupes berbères révoltées transformèrent Madinat el Zahra en un champ de ruines. La ville, saccagée et incendiée en 1010, se fit ensuite dépouiller au fil des siècles en servant de carrière pour tous les monuments alentours.
Le visiteur qui se promène aujourd'hui sur le site retrouve, à travers ses ruines romantiques, la beauté et la magie de cette ville extraordinaire qui fut célébrée par les auteurs arabes du Moyen Age, dans des poèmes et des chroniques qui tissèrent une véritable légende autour du paradis perdu de Madinet el Zahra.
Découvrir Madinet el Zahra avec Clio
ES 32 - 8 jours

C’est une Espagne méridionale et riante, à l'histoire complexe, que l’on découvre au sud de la Sierra Morena, quand on atteint la vallée du Guadalquivir, le Baetis qui donna son nom à la province romaine ... Découvrir ce voyage
ES 35 - 12 jours

Un voyage à la découverte de l’Andalousie et de son identité si particulière, ce Sud de la péninsule ibérique qui en constituait, durant l’Antiquité, la région la plus prospère, du fait de la richesse ... Découvrir ce voyage
A lire dans la bibliothèque de Clio
L’Andalousie, le rêve perdu
par Didier Trock

Quand, en 711, le général Tarik ibn Ziyad franchit le détroit qui porte aujourd'hui le nom du rocher qui surplombe celui-ci – Gibraltar, le djebel Al-Tarik –, il ... Lire l'article