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L'Alcazar de Tolède
Un haut-lieu de l'histoire espagnole
Forteresse massive aux lignes épurées, l'Alcazar domine Tolède depuis la colline de la Cervantina et s'impose d'emblée au regard comme un élément essentiel du site qui a inspiré le Greco. Maintes fois détruit, reconstruit et remanié au cours des siècles, il résume toute l'histoire de l'Espagne.

Une sentinelle sur la frontière du Tage
Bâti sur l'emplacement d'un ancien camp romain du IIIe siècle où s'installent au VIIe les rois wisigoths, il devient au VIIIe siècle une citadelle à laquelle les conquérants musulmans donnent le nom – al kasr, le château – qu'il gardera ultérieurement. Le roi de Castille Alphonse VI entreprend sa reconstruction après avoir repris la ville en 1085, à l'issue d'un siège qui a duré quatre ans. L'Alcazar conserve par la suite pendant de longues années, face au péril almoravide puis almohade, sa fonction défensive, au moment où chrétiens et musulmans se disputent le contrôle de la vallée du Tage. Les souverains castillans Alphonse VII, Alphonse VIII et, surtout, Alphonse X le Sage lui donnent son plan rectangulaire définitif et les quatre tours d'angle qui caractérisent sa silhouette.

La forteresse devient un palais
Devenue l'une des capitales de Charles-Quint, Tolède est au cœur du somptueux Siècle d'or qui – au XVIe et au début du XVIIe siècle – correspond à la phase d'apogée de la puissance espagnole. C'est alors que l'empereur décide, en 1537, de transformer la citadelle en palais et fait de l'architecte Alonso de Covarrubias le maître d'œuvre de la première phase de travaux. Ce dernier, un représentant du courant plateresque, va substituer peu à peu aux décors raffinés et foisonnants qui caractérisent cette approche, la sobriété dont témoigne la façade nord de l'Alcazar. Alonso Berruguete y sculpte pour sa part une partie de la décoration en marbre des fenêtres, et c'est Enrique Egas qui réalise le portail monumental décoré de colonnes ioniques. Une cour intérieure, dotée de deux étages d'arcades en plein cintre et achevée en 1554 par Hernan Gonzalez de Lara, est aménagée à l'arrière de la façade septentrionale et abrite en son centre le célèbre groupe sculpté par Pompeo Leoni figurant Charles Quint triomphant de la Fureur. De l'autre côté de l'entrée, le magnifique escalier à double rampe dessiné par Francisco de Villalpando inaugure en Espagne le thème de l'escalier monumental. Après la mort de Charles Quint, son successeur Philippe II confie à Juan de Herrera la reconstruction de l'aile sud qui, achevée en 1584, correspond au triomphe d'un idéal classique totalement épuré.

L'épreuve du feu
Dès 1561, Philippe II choisit d'installer sa cour à Madrid, et Tolède perd progressivement la faveur du souverain. Le déclin ainsi entamé de l'ancienne cité impériale s'accélère avec l'affaiblissement de la dynastie habsbourgeoise. La mort de Charles II, son dernier représentant, ouvre l'interminable Guerre de succession d'Espagne au cours de laquelle l'Alcazar est incendié par les troupes autrichiennes et portugaises. Demeuré à l'état de ruine pendant plus de soixante ans, il n'est reconstruit qu'en 1775, pour être transformé en manufacture textile, mais il subit de nouveau en 1810 l'épreuve du feu, infligée cette fois par les troupes napoléoniennes. Seuls demeurent debout les façades, les arcades de la cour et l'escalier monumental que – selon Théophile Gautier, de passage à Tolède en 1840 – « ... un roi pourrait habiter et qui n'aboutit à rien ». Le monument est restauré à partir de 1863, mais endommagé par un nouvel incendie en 1887. Restauré une troisième fois, il abrite désormais une académie militaire.

De la guerre civile à la reconstruction
A l'été 1936, l'Alcazar est le théâtre de l'un des premiers épisodes les plus violents de la guerre civile espagnole. Les miliciens républicains assiègent les gardes civils franquistes qui s'y étaient réfugiés. Après deux mois de combats – clos par une victoire franquiste –, l'Alcazar n'est plus qu'un champ de ruines. Dans les années cinquante, il est reconstruit à l'identique selon les plans originaux de Covarrubias et Herrera. Aujourd'hui, l'Alcazar abrite le musée de l'Armée et, à son dernier étage, la bibliothèque de Castille-La Manche, l'une des plus singulières du pays, riche de plus de 400 incunables, de près de 700 manuscrits et de milliers de livres imprimés souvent fort rares et très précieux.
Pour visiter Tolède avec Clio
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