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L'Alcazar de Cordoue
Illustre témoin de l’histoire andalouse
« Cordoue est simultanément toutes les villes qu’elle a été depuis sa fondation », écrit Antonio Muñoz Molina, ce dont témoigne tout particulièrement son Alcazar. Sa sobriété contraste avec le faste éblouissant de la Mosquée-Cathédrale voisine, mais n'incarne pas moins le souvenir de tous les maîtres successifs de la ville qui y installèrent leur résidence.

Le palais de l’Emir

En l’an 711, les musulmans s’emparent de Cordoue, investissent la forteresse construite par les Wisigoths et lui donnent le nom d' « al ksar », c’est-à-dire « château » en arabe. Stratégiquement située pour dominer le Guadalquivir et la Via Augusta, passage obligé des troupes et des marchandises, son importance est indéniable. Les siècles suivants lui offriront une valeur plus grande encore. La ruine des Omeyades de Damas, renversés par les Abbassides peu après la conquête du pays « des Vandales » (d'où « Al Andalous »), fait la fortune de Cordoue. Unique membre survivant de la dynastie vaincue, Abd al-Rahman Ier se réfugie en « Al Andalous » et y établit l’émirat de Cordoue, un Etat fastueux bâti sur le modèle du califat de Bagdad. La forteresse des Wisigoths n'est alors plus à la mesure de ses ambitions politiques. L'émir entreprend de vastes travaux d'agrandissement, renforce les murailles pour garantir sa situation encore précaire, et aménage sa demeure en un véritable palais arabe. Des bains y sont créés, ainsi que de luxuriant jardins garnis de palmiers et de cyprès, d'orangers et de fontaines, irrigués par un aqueduc et des moulins à eau installés sur les bords du Guadalquivir – ceux-là même qu'Isabelle de Castille fera supprimer en raison de leur bruit troublant son sommeil !
Dédaigné au Xe siècle par Abd al-Rahman III au profit de la somptueuse cité de Medina Azahara qu'il a fait construire aux portes de Cordoue, l'Alcazar reflète encore la prodigieuse vitalité intellectuelle et artistique du califat. Ses murs abritent en effet la plus grande bibliothèque d’Occident réunissant plus de quatre mille manuscrits grecs et arabes : témoignage supplémentaire de la vie culturelle correspondant aux cinq siècles de domination musulmane.

Une forteresse mudéjare

Lorsque Ferdinand III de Castille conquiert Cordoue en 1236, l'Alcazar est dévasté depuis longtemps par les guerres de succession du califat. Il en fait pourtant sa résidence permanente. Près d'un siècle plus tard, le roi Alphonse XI veut traduire dans la pierre du palais cette Reconquista encore inachevée, et reconstruit l'Alcazar tel que nous pouvons le voir aujourd'hui. L'enceinte rectangulaire aux longs murs de pierres taillées est flanquée aux angles de quatre tours. A l'intérieur, salles et couloirs sont surmontés de voûtes gothiques et de moulures en pierre de Cordoue, et des chapiteaux garnis de motifs végétaux ornent la salle principale de la tour de l'Hommage, d'où les rois prêtaient serment de défendre la forteresse. En rendant ainsi hommage à l'art gothique européen, les souverains castillans affirment clairement leur volonté de favoriser une expansion économique orientée cette fois vers le nord. Mais ce nouveau palais bâti sur les ruines maures ne renie pas pour autant son passé. Les jardins gardent toute leur splendeur et les bains sont rénovés dans le style arabe, en trois salles voûtées aux lucarnes en forme d'étoile. Quant au patio central où les emblèmes des provinces de Castille et León – le château et le lion – se mêlent aux motifs arabes, il représente sans doute le meilleur exemple du style mudéjar né après la Reconquista, caractérisé par cette synthèse des influences musulmanes et chrétiennes.

Le berceau de l’Espagne conquérante

1492 consacre l’Espagne conquérante à travers deux succès retentissants désormais inscrits dans l’histoire de l’humanité : la reconquête du royaume de Grenade, dernier vestige de la présence maure en Occident, et la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb, soutenu par les Rois Catholiques. Hasard ou destin, l'Histoire a voulu que l'éclat de ces deux triomphes rejaillisse sur l'Alcazar, berceau de leur élaboration. C'est en effet sous ses voûtes que s'établit la stratégie de conquête du royaume de Grenade. Devenu résidence principale des Rois Catholiques pendant plus de huit ans pour sa proximité avec les villes musulmanes qu'il s'était fixé comme objectif de reprendre, l’Alcazar revit de cette présence royale et des divers événements ponctuant la vie de cour. C'est au sein de la tour de l'Hommage que Christophe Colomb sollicite pour la première fois le soutien des Rois Catholiques pour ses projets d’expédition maritime. La forteresse sert aussi de théâtre aux réjouissances accompagnant la naissance de l'infante Marie, future reine de Portugal, et ses jardins forment les décors grandioses de la première corrida de Cordoue, organisée en l'honneur du fils défunt des souverains. La gloire de ces quelques années subsiste à travers le nom qui le définit désormais : l'Alcazar des Rois Catholiques.
La reconquête de Grenade achevée, l’Alcazar reste un instrument de la Reconquista en devenant le siège de l'Inquisition espagnole, créée à la demande des Rois Catholiques pour lutter contre les nombreuses fausses conversions. De cette époque, la tour de l'édifice a conservé le nom de tour de l'Inquisition. De prison ecclésiastique, l'Alcazar est naturellement transformé en prison laïque au XIXe siècle avant d'être cédé à la mairie de Cordoue en 1955. Désormais rénové et classé au patrimoine mondial par l'Unesco, l’Alcazar offre à ses visiteurs, en plus d’un magnifique point de vue sur l’ensemble de Cordoue, un admirable résumé de la fabuleuse histoire andalouse.
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