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La mosquée-cathédrale de Cordoue
Chef-d'œuvre de l'architecture arabo-andalouse
De Damas à Cordoue
En l'an 132 de l'Hégire, soit en 750 de notre ère, le dernier calife omeyyade, Marwan II, fut vaincu en Orient à la bataille du Grand Zab, par Abū Muslim, chef de file de la révolte menée par ceux qui, se réclamant de l'oncle du Prophète, fustigeaient les dévoiements des califes omeyyades. S'il est vrai que Yazid Ier avait été connu pour être grand buveur de vin corsé de musc et que le grand calife Hisham autorisa même sa fille à participer à une course de chevaux, ce furent surtout la charge des impôts et l'endettement des paysans arabes qui précipitèrent la chute des Omeyyades. Le nouveau calife abbasside Abu al-Abbās as-Saffāh, après avoir assassiné Marwan II, s'acharna sur sa famille qu'il fit massacrer jusqu'au dernier de ses membres... sauf le jeune et brillant Abd er-Rhaman qui, au terme d'un parcours plein de dangers, de la vallée de l'Euphrate à l'Egypte puis au Maroc, finit par rejoindre, en 755, l'Espagne fraîchement prise aux Vandales – d'ou le nom d' « al-Andalus » que lui donnèrent les musulmans – conquise sous le règne de son grand-oncle al-Walid par le général Tariq ibn Ziyad. Profitant des dissensions entre Arabes et Berbères, il réussit à vaincre le gouverneur appointé par les Abbassides, à prendre Cordoue et, en 756, à se faire reconnaître émir. Ainsi naissait la dynastie omeyyade de Cordoue...

Cordoue, capitale de l'al-Andalus...
Cordoue était déjà la plus importante ville de l'Espagne musulmane et une trentaine de mosquées y avaient été édifiées : il y en aura plus de trois cents à la fin du Xe siècle, mais il n'y existait pas de mosquée-cathédrale digne de la grandeur de la cité ! En 784, Abd er-Rhaman fit raser la cathédrale Saint-Vincent pour y faire édifier la mosquée principale de la ville. Comme une mosquée syrienne, elle se composait d'une cour fermée, la « cour des Orangers » et d'une salle de prière formée de onze nefs parallèles soutenues par une forêt d'une centaine de colonnes de porphyre, jaspe et marbre prélevées sur les ruines romaines ou wisigothes, coiffées, selon les habitudes architecturales byzantines, de deux arcatures en fer à cheval, ouvertes et superposées, formées de claveaux alternés de pierre blanche et de brique rouge.

... et rivale de Bagdad
Si les successeurs d'Abd er-Rhaman durent faire face à quelques troubles intérieurs, ils firent cependant de l'émirat le phare intellectuel et artistique du monde musulman. Au Xe siècle, sous le règne d'Abd er-Rhaman III, la splendeur de la ville éclipsait celles de Bagdad et de Damas et faisait même de l'ombre à Constantinople. Rompant toute allégeance au calife abbasside, Abd er-Rhaman III se proclama calife en 929. La mosquée elle-même crût au rythme de la ville. Respectant le même style de construction, les émirs successifs y ajoutèrent trois salles contiguës, des galeries destinées aux femmes, des fontaines et bassins pour les ablutions. En 961, après que le calife al-Hakim l'eut agrandie une dernière fois, la mosquée de Cordoue comptait 856 colonnes et sa superficie était pratiquement égale à celle atteinte par la basilique Saint-Pierre de Rome au XVIIe siècle ! Le mihrab que l'on peut voir actuellement, une niche octogonale surmontée d'un bloc de marbre blanc monolithique taillé en conque, fut somptueusement décoré de mosaïques de pierres dures et d'or par des artistes byzantins envoyés par l'empereur Nicéphore II.

De la mosquée ... à la renaissance de la cathédrale Saint-Vincent-Martyr
Déchiré par des luttes intestines, le califat de Cordoue finit par tomber, en 1236, aux mains du roi de Castille Ferdinand III, marquant un tournant majeur de la Reconquista chrétienne. Il fut alors arrêté de rendre ce lieu au culte chrétien et de transformer la mosquée-cathédrale... en cathédrale. Quelques rangées de colonnes furent alors ôtées pour faire place à la chapelle royale, une partie des travées aménagées en chapelles, mais, au début du XVIe siècle, le chapitre confia à l'architecte Hernan Ruiz la réalisation de l'incroyable idée de construire une cathédrale à l'intérieur de l'édifice existant, crevant le toit du centre de l'édifice ! Sa construction ne fut achevée qu'au XVIIe siècle et elle mêle harmonieusement les styles gothique, Renaissance et baroque. Sa décoration est à la fois raffinée et somptueuse, mais sa présence a rompu la perspective des voûtes et colonnes, et Charles Quint, raisonnant en amoureux des arts, a pu dire : « Vous avez détruit ce qui était unique au monde pour construire ce que l'on voit partout » mais la logique de la Reconquista et les vœux des Cordouans étaient ailleurs...
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