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Elégante, vivante, un rien africaine comme toute bonne Andalouse, Cadix la Blanche est mariée avec l'océan : pour commander une rade stratégique près du delta du Guadalquivir et de ses étincelants marais salants, elle s'est enfermée à l'extrémité d'un isthme étroit, dans un corset de murailles baignées par l'Atlantique. On y vient pour son riche patrimoine, mais aussi – surtout ? – pour une atmosphère unique, celle que l'on ne rencontre que dans les villes qui sont tout à la fois des ports et des portes ouvertes sur l'ailleurs...

Un comptoir de l'étain

La ville s'enorgueillit d'un héritage qui remonte loin : au XIIe siècle av. J.-C., les Phéniciens établissent les premières relations entre les côtes du Levant et le royaume de Tartessos, en Andalousie. Sa richesse repose sur l'exploitation des mines et du commerce de l'étain venu des lointaines îles Cassitérides, sans doute la Grande-Bretagne. L'étain, habilement mélangé au cuivre de Chypre, permet de créer un alliage promis à un fabuleux destin : le bronze. Ecoutons Ezéchiel (XXVII, 12) parlant de Tyr : « Tarsis était ton client, profitant de l'abondance de tes richesses. On te donnait de l'argent, du fer, de l'étain et du plomb contre tes marchandises. » Quand, au IXe siècle, les Phéniciens fondent Carthage, sur la côte africaine, la nouvelle cité prend le relais. On connaît la rivalité à mort des Puniques et des Romains. Victorieux, ceux-ci ne laissent pas échapper un site aussi prospère : Gadir devient Gadès et les habitants de la Cadix actuelle les... Gaditans ! Les florissants échanges entre Rome et la Bétique – qui doit son nom à celui du Baetis, l'actuel Guadalquivir – durent aussi longtemps que la puissance romaine. Quand celle-ci doit céder face aux Barbares, Gadès a mangé son pain blanc : sa prospérité ne sera qu'un souvenir pendant un très long Moyen Age.

Colomb et Napoléon

En octobre 1492, en découvrant le Nouveau Monde pour le compte des Rois catholiques d'Espagne, Christophe Colomb fait de la baie de Cadix la plaque tournante du trafic entre la péninsule ibérique et les Amériques. Le port fonctionne à plein. On y parle toutes les langues, on y charge et décharge tous les produits de la terre : épices, soieries, métaux précieux, bois rares, fines étoffes, en attendant le sucre, le café et le tabac. De riches commerçants exploitent les vignes de l'arrière-pays. Les tonneaux de Xérès (Cherry) s'amoncellent sur les quais, attendant d'être expédiés en Grande-Bretagne pour faire le bonheur de la gentry anglaise. Maîtres des mers, les Anglais ne peuvent négliger un site doté d'une telle valeur stratégique, face à l'Afrique, non loin de « leur » rocher de Gibraltar. Leurs intérêts ne tardent pas à se heurter aux ambitions napoléoniennes. En 1805, une escadre franco-espagnole quitte la baie de Cadix pour affronter la flotte anglaise, mais la rencontre avec Nelson, au large du cap Trafalgar, se termine en désastre pour l'amiral Villeneuve.
Pendant la guerre d'indépendance menée contre les Français, Cadix devient le siège de la junte insurrectionnelle qui refuse de s'incliner devant Joseph, le roi usurpateur. Les Cortès y proclament la constitution libérale de 1812, qui sera abolie par Ferdinand VII quelques années plus tard.

Une ville en mer

C'est en venant du large, depuis l'océan, qu'il faudrait aborder Cadix. La ville apparaît petit à petit, comme posée sur les eaux. La ligne claire des remparts sépare le bleu des vagues du vert des palmiers ponctuant les promenades aménagées entre les bastions. Quelques clochers, trop grêles, perdent leur lutte avec l'imposante coupole de la cathédrale, recouverte d'azulejos d'un jaune éclatant. Construite sur 150 ans, elle hésite entre un baroque sage et un néoclassique un peu lourd. Pourtant, la façade ne manque pas de grandeur, alternant de belle façon concaves et convexes sur lesquels joue insolemment la chaude lumière andalouse. Dans la crypte, le grand compositeur gaditan Manuel de Falla repose, non loin de ces jardins d'Espagne dont il a chanté les nuits.
Au sortir de ce lieu mystérieux, on est repris par l'éclat du soleil, la douce brise marine qui caresse les balcons de fer forgé alignés sur les façades des hautes maisons. Car Cadix, sur sa presqu'île, est ordonnée : les rues sont entrecoupées de loin en loin par d'adorables placettes toutes tranquilles, où chante une fontaine sous le lent balancement d'un palmier. Il reste à flâner jusqu'à plus soif sur les remparts, pour profiter du jour qui tombe en même temps que le soleil s'enfonce avec une infinie lenteur dans les eaux calmes du golfe. Ces mêmes eaux qui virent éclore cette fiancée de la mer...
Pour visiter Cadix avec Clio
ES 35 - 12 jours

Un voyage à la découverte de l’Andalousie et de son identité si particulière, ce Sud de la péninsule ibérique qui en constituait, durant l’Antiquité, la région la plus prospère, du fait de la richesse ... Découvrir ce voyage
 

 
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