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Baeza et Ubeda
Reines jumelles d'Andalousie
A première vue, il peut paraître surprenant d'associer en un même hommage artistique les villes de Baeza et d'Ubeda. Pourtant, à y regarder de plus près, elles apparaissent à bien des égards comme de parfaites jumelles : même taille raisonnable, même centre monumental remarquablement préservé, même richesse patrimoniale diversifiée. Surtout, l'une et l'autre ont bénéficié de l'incroyable dynamisme de ce que l'on appelle traditionnellement le « siècle d'or » espagnol, ce long XVIe siècle qui vit le pays rentabiliser dans tous les domaines l’apport inattendu des richesses venues d'Amérique. C'est ce qui explique que l'on trouve dans les deux cités d'insignes témoignages des styles isabélin et plateresque, véritable quintessence de l'habileté atteinte par les artistes espagnols.


Baeza, la Dame
Calme et tranquille, la plaza del Populo résume à elle seule l'essentiel de l'histoire de la ville. La présence romaine se révèle dans la belle fontaine des Lions, rapportée au XVIe siècle des ruines de la ville romaine proche de Castullo, et sur laquelle veille une statue féminine, sans doute Himilce, l'épouse d'Hannibal. La reconquête sur les Maures en 1227 est illustrée dans le petit balcon où Ferdinand III le Saint fit célébrer la première messe dans la ville libérée. Le règne prestigieux de Charles Quint est rappelé dans la noble façade Renaissance des anciens abattoirs, frappée du blason du roi-empereur, avec l'aigle à deux têtes.
Deux cents mètres suffisent pour atteindre une autre place, dédiée à sainte Marie. Elle aussi possède sa fontaine Renaissance, avec atlantes et cariatides. Elle est dominée par la cathédrale, érigée au XVIe siècle par le grand architecte local Andres de Vandelvira. Passée la grande façade, il faut surtout s'attarder à l'intérieur, particulièrement riche. La Capilla Dorada témoigne de l'ornementation voulue par les artistes locaux, subventionnés par des nobles ayant fait fortune en Amérique. Et puis, un objet typiquement espagnol attire l’attention : un grand ostensoir baroque, haut de plus de deux mètres et qui est promené en procession le jour de la Fête-Dieu, sans doute la fête religieuse la plus suivie en Andalousie.
Le bâtiment le plus intéressant de Baeza reste le palais Jabalquinto. Erigé à la fin du XVe siècle, sa façade, somptueuse, est un merveilleux exemple du style isabélin. Attribué aux célèbres architectes Juan Guas et Enrique Egas, qui officièrent également à Tolède, elle est typique de ce style gothique flamboyant en vogue sous les Rois catholiques Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille. Les sculpteurs y révèlent leur peur du vide : ce ne sont que festons de pierre, blasons armoriés, pinacles effilés, pointes de diamants qui annoncent déjà la Renaissance toute proche. Ce palais abrite actuellement l'université internationale d'Andalousie, qui rappelle qu'au XVIe siècle, Baeza se dota d'une université qui fonctionna jusqu'au XIXe siècle. Ainsi, la tradition intellectuelle de la ville perdure aujourd'hui.
Le grand poète Antonio Machado, qui fut professeur de français dans un lycée de la ville, avait surnommé Baeza « la Dame ». Une bien belle dame, assurément.

Ubeda, la Reine
« Reine » de l'art Renaissance en Espagne, toujours d'après Machado, Ubeda est tout aussi riche que sa voisine.
Ici aussi, il faut débuter l'exploration par la superbe place Vazquez de Molina, aux nobles proportions. Entourée des plus belles façades de la ville, elle fait davantage penser à un salon orné qu'à une place. On y trouve, étroitement liés, des éléments religieux et civils. L'église Santa Maria de Los Alcazares a été construite, comme son nom le révèle, sur les ruines d'un ancien fortin maure.
Elle offre tous les styles qui ont fleuri dans la ville : façade Renaissance, tours classiques, cloître gothique. Contigu, le palais Vazquez de Molina est connu des habitants sous le nom de palais des Chaînes (Cadenas) : comme ailleurs en Espagne, son parvis est limité par des colonnes de pierre entre lesquelles sont tendues des chaînes métalliques. Edifié au milieu du XVIe siècle, il vaut d'abord par sa façade. Parfaitement régulière, elle marie avec bonheur les styles andalous et classiques, avec baies, pilastres et atlantes tout droit sortis de la mythologie antique.
A deux pas de là, à côté du Parador, le chef-d’œuvre d'Ubeda est sans doute la chapelle del Salvador. Œuvre du grand architecte Diego de Siloé (1536), elle est un des exemples les plus représentatifs de l'art plateresque. En Espagne, au XVIe siècle, sculpteurs et architectes conçoivent les façades des édifices religieux comme de somptueux retables où ils atteignent dans la pierre la même finesse et la même profusion d'ornements que les travaux sur métal des orfèvres (plateros en espagnol, de plata – argent). Arcs en plein cintre, bossages, médaillons et blasons abondent dans un tourbillon d'arabesques. A l'intérieur, il ne faut surtout pas manquer la sacristie, merveille architecturale due à Vandelvira. Parvenue intacte jusqu'à nous, elle est comme un morceau de Renaissance à l'italienne transplanté en terre ibérique : médaillons aux têtes expressives, atlantes, sibylles, nous plongent dans un monde tout en symboles.

Au cœur des oliveraies qui font encore la prospérité de l'Andalousie (l'huile d'olive locale est réputée), Baeza et Ubeda affichent toute la splendeur de la Renaissance andalouse au XVIe siècle. Entrées ensemble dans le patrimoine de l'humanité de l'UNESCO, elles continuent d'envoûter longtemps le promeneur qui a pris la peine et le temps de découvrir leurs richesses dorées.
Pour découvrir Baeza et Ubeda avec Clio
ES 35 - 12 jours

Un voyage à la découverte de l’Andalousie et de son identité si particulière, ce Sud de la péninsule ibérique qui en constituait, durant l’Antiquité, la région la plus prospère, du fait de la richesse ... Découvrir ce voyage
 

 
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