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Une cité inca
A la fin du XVIIIe siècle, le jésuite historien Juan de Velasco mentionne dans son Historia del Reino de Quito, que Quito était la capitale de l'un des quatre tahuantinsuyo, divisions administratives de l'Empire inca. Située sur un haut plateau profondément entaillé par de profondes ravines – des quebradas – à 2 850 mètres d'altitude, Quito est dominée par un pic d'origine volcanique qui culmine à 3 016 mètres, El Panecillo. La tradition veut qu'à son sommet se trouvait un temple dédié à Inti, le dieu inca du soleil, mais comme les Espagnols, après que Sebastián Belalcázar se fut emparé sans combat de la cité en 1533, y construisirent un fortin, il n'en reste aucune trace archéologique. Depuis 1976, le Panecillo est couronné d'une statue de la Vierge de 45 mètres de haut, réalisée en aluminium par le sculpteur espagnol Agustín de la Herrán Matorras. Du haut de la colline, la vue embrasse tout le site de la ville et l'on distingue nettement le plan en damier, aux rues orthogonales, caractéristiques des villes coloniales espagnoles de la Muy Noble y Muy Leal Ciudad de San Francisco del Quito... Un peu plus loin, on distingue l'altière silhouette du Pichincha qui culmine à 4 794 mètres, volcan actif qui saupoudre parfois de cendres toute la ville. Ce fut sur ses flancs qu'en 1822, le général Sucre vainquit l'armée royaliste de Melchor Aymerich, ouvrant ainsi la voie à l'indépendance de l'Equateur.

Une cité coloniale préservée
Malgré l'instabilité de son personnel politique, l'Equateur connaît depuis trois décennies une croissance économique sensible grâce à l'extraction de l'or et, surtout, du pétrole. Cependant, si Quito a vu sa population augmenter, les constructions modernes se sont essentiellement concentrées dans les quartiers nord de la ville, préservant si bien l'aspect historique colonial du centre-ville que l'UNESCO a classé la ville pour son « centre historique le mieux préservé et le moins modifié d'Amérique latine ». Il suffit de flâner dans les rues de Quito pour se trouver transporté dans les siècles passés, avec leurs cinq mille maisons classées, de style espagnol ou mauresque, de briques cuites au soleil recouvertes de stuc, parfaitement restaurées.

Une floraison d'églises et de monastères
Les franciscains furent les premiers à s'établir à Quito et, dès 1535, commencèrent la construction du monastère San Francisco, sur l'emplacement du palais du gouverneur inca Atahualpa. Il ne fut achevé qu'au début du XVIIe siècle. Sa façade, relativement sobre, intègre, pour la première fois en Amérique latine, des éléments architecturaux Renaissance et maniériste. On retrouve à l'intérieur, plus tardif, toute l'exubérance du baroque colonial espagnol, usant sans restriction de la feuille d'or. La décoration est ici parfaitement originale, mêlant des éléments inspirés de l'art espagnol et mauresque, avec ses rinceaux mujedares, italien, avec ses colonnades Renaissance, flamand, par la facture de certaines de ses peintures, sans oublier la touche apportée par les artisans indigènes. Les franciscains furent suivis par les dominicains auxquels on doit l'église Santo Domingo, de style mujedar, puis par les jésuites. L'église jésuite de la Compañia, naturellement, s'inscrit dans l'esprit du plus pur baroque, poussé à l'extrême. On ne peut que s'arrêter, stupéfait, devant le foisonnement des colonnes torsadées, rinceaux, fleurs, croix, médaillons et sculptures de sa façade qui résume à lui seul toute l'originalité de ce que l'on a appelé l'école baroque de Quito. A l'intérieur, tout n'est que ruissellement d'or, plafonds polychromes, frises et moulures, agrémentés de tableaux qui en font un véritable conservatoire de l'art pictural équatorien. En revanche, l'imposant édifice néo-gothique de la basílica del Voto Nacional conduit aux réalisations du XIXe siècle.

Le milieu du monde
Le palais du gouvernement, la cathédrale et l'hôtel de ville, imposants, voire massifs, ne manquent cependant pas de charme autour de la vaste plaza de la Independencia, au cœur de la ville. Quito recèle encore bien d'autres richesses. Trésor de mémoire, comme la maison-musée du général Antonio José de Sucre, ou trésor archéologique comme le musée de la Banque centrale et ses trésors de l'art précolombien. Il faut encore, enfin, profiter du calme agreste des grands parcs tels que le Parque La Alameda et, pour le plaisir, aller, à quelque trente kilomètres de la ville, découvrir le Mitad del Mondo, monument édifié exactement là ou, en 1736, l'expédition française de Charles-Marie de la Condamine situa le passage de l'équateur, qui donna le futur nom du pays, au milieu du monde.
 

 
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